Vendredi 28 septembre 2007
La Birmanie est actuellement, à juste titre, au centre de l'actualité. Pour mieux comprendre ce qui se passe dans ce pays aujourd'hui, et surtout vers quoi les
évènements présents peuvent conduire, il me semble que quelques rappels historiques - en quelques dates et quelques faits - ne sont pas superflus. Au passage, merci à Wikipedia,
pour certaines des informations qui suivent. fr.wikipedia.org/wiki/Birmanie

En premier lieu, il faut savoir que ce que nous Français appelons Birmanie, est en fait dénommée depuis 1989 par l'ONU l'Union du Myanmar
(Myanmar signifiant "fort et rapide" dans le texte). C'est le patronyme qu'a choisi la Junte, une dictature militaire comme il en existe d'autres dans le monde, pour unifier les
quelques 120 ethnies qui constituent la population (47 millions d'habitants) de ce pays. La Birmanie est ainsi potentiellement sujette à de graves troubles ethniques, c'est un
point qu'il ne faut pas perdre de vue si l'on veut embrasser la complexité du problème que pose la situation birmane à l'heure actuelle.
En second lieu, il convient de constater que dans l'histoire trouble de ce pays, des élections démocratiques ont été organisées en 1990, élections qui normalement auraient dû amener au pouvoir
Aung San Suu Kyi, la fille du Général Aung San, considéré comme le père de l'indépendance birmane. Celle-ci aurait peut-être été à même d'apporter union et
démocratie au sein de ce pays. Mais les dictateurs ne lâcheront pas aussi facilement leurs conquêtes. Ainsi, ces élections furent annulées par la Junte. Aujourd'hui, Aung
San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix 1991, est assignée à résidence par la Junte, et peut-être emprisonnée depuis quelques jours... Cela nul ne le sait.
Enfin, si l'on veut réellement comprendre le problème birman et ses évolutions possibles dans un futur proche, il faut bien garder à l'esprit que la Birmanie - pays riche de par ses ressources
naturelles - entretient des relations commerciales privilégiées avec la Russie et la Chine, tous deux membre du Conseil de Sécurité de
l'ONU.
Un mince espoir pour la Birmanie: la révolte des moines
La révolte des moines (il y a environ 300.000 moines en Birmanie pour 400.000 soldats) constitue un espoir pour l'avenir démocratique de la Birmanie. Non pas parce qu'ils sont
physiquement aptes à s'opposer aux soldats de la Junte, mais parce que dans la religion bouddhiste tuer un moine, et à fortiori prendre d'assaut un monastère, constitue un crime
qui risque d'influencer fortement la réincarnation de son auteur: un assassin de ce type se verrait réincarné en serpent, chose inconcevable... Ceci explique que jusqu'à présent aucune arme à feu
n'a été utilisée contre les moines, contrairement aux autres civils "rebelles". S'il ne fait nul doute que la Junte n'hésitera pas à faire usage d'une violence extrême face aux
manifestations des "civils", pourtant bien légitimes car malgré la richesse et la forte croissance du pays ceux-ci crèvent de faim, les moines ont en revanche une position
particulière qui leur octroît une certaine "liberté d'action", ... bien qu'ils se fassent quand même arrêter...
La position de la France
La position de la France vis-à-vis de la révolte en cours a été clairement exprimée par le Président de la République: "La France qui préside le Conseil de Sécurité (de
l'ONU: NDLR), demande une réunion d'urgence pour que des sanctions soient adoptées sans tarder". "La France demande que l'Union européenne prenne également des sanctions".
Sur ce point, on ne peut que saluer les propos et les intentions de Nicolas Sarkozy. Mais quelle portée peuvent-ils avoir? Comme rappelé plus haut, la présence de la Russie et de la
Chine au Conseil de Sécurité de l'ONU ne pourra qu'entraîner un double-veto si des sanctions trop lourdes à l'égard de la Birmanie sont envisagées.
Plus que jamais, il me semble que la Birmanie est livrée à elle-même. Ce n'est que de l'intérieur du pays que la démocratie pourra naître, si tant est qu'une démocratie puisse un jour s'instaurer
dans un pays présentant une telle diversité ethnique. Puissent les moines, du fait de leur statut particulier influencer le futur. C'est hélas je crois, tout ce que l'on peut espérer à court
terme pour l'avenir démocratique de ce pays.
par Democratix
publié dans :
International
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