Il est parfois des périodes où tout va mal. Où l'on commet erreur sur erreur, gaffe sur gaffe. Tant qu'on ne nuit qu'à soi-même ce n'est pas bien grave, il suffit
d'assumer. Le problème, c'est quand des tiers sont en jeu. Je ne parle pas des tiers qu'on peut croiser parfois furtivement dans le monde des entreprises ou dans celui de la politique. Même si
c'est toujours dommage de "blesser" (au sens figuré bien sûr) quelqu'un ou de se sentir blessé, c'est le jeu de la vie, hélas impitoyable dans notre monde actuel. Je veux parler d'autres personnes:
celles qu'on connaît vraiment, qu'on apprécie pour ce qu'elles sont, pour ce qu'elles ont pu vu donner où ce que vous avez pu leur apporter. C'est ce qu'on appelle des amis, des gens à qui on
n'hésite pas à se confier sur des sujets très personnels voire du domaine de l'intime, et à recevoir de même leurs confidences en retour.
Et parfois, au détour d'une route, du fait d'une incompréhension, d'une action impulsive, il y a un dérapage. C'est rare, mais ça arrive. Alors on essaye de réparer, de coller des rustines un peu
partout, mais rien n'y fait. Parfois des choses sont vraiment cassées et elles laissent des traces indélébiles. On a beau essayer de passer le chiffon, de recoudre, la cicatrice reste béante. On a
créé de l'entropie, atteint un seuil d'irréversibilité.
Alors on se retrouve soit même dans sa propre solitude, dans sa culpabilité même et on se sent mal, très mal. C'est mon cas aujourd'hui. Et très franchement, ça fait "chier".
J'essaierai d'être plus joyeux dans un prochain billet.
Tout est parti d'une belle utopie. Face à l'hégémonie Sarkozienne, un homme qui aurait pu devenir Premier Ministre s'il l'avait voulu, a décidé de prendre son
indépendance durant l'entre-deux-tours des présidentielles, osant même jusqu'à déclarer: "je ne voterai pas pour Sarkozy". Le coup semblait préparé depuis longue date, et pourtant ce fut quand même
une surprise, à tel point que la plupart de ses fidèles qui jusqu'alors l'avaient suivi l'ont quitté, attirés par les sirènes du pouvoir. Sirènes bien éphémères sans doute, mais ô combien
tentantes, car telle est hélas la réalité de la nature humaine.
S'en est suivi des belles paroles, des promesses de ne plus jamais faire de la politique comme avant, de mettre le citoyen au coeur de celle-ci. Tout simplement en harmonie avec la définition
étymologique du terme "politique" ("la vie de la cité" en grec). Enfin le sens péjoratif du mot allait disparaître pour laisser place à sa vraie signification, si belle en elle-même! Le Zénith du
24 mai dernier fut en ce sens un grand moment, celui de l'énoncé de 7 principes fondamentaux aptes à réconcilier nos concitoyens avec ce qui leur appartient, c'est à dire cette fameuse "vie de la
cité", autrement dit leur vie et leur destin.
Après quelques périodes de flottement, cet homme a réussi à remotiver ses troupes lors d'un tour de France au cours duquel il a rencontré adhérents et sympathisants, leur assénant à chaque fois le
même discours enjôleur, leur assurant que la "maison MoDem" serait construite en commun, que rien ne serait jamais plus comme avant, que désormais le citoyen serait actif. "Une organisation restait
à inventer" selon ses propres dires pour satisfaire à ce renouveau digne du XXIème siècle. Point question en revanche de l'imposer ni même de la suggérer, il fallait que ce soit les adhérents qui
l'élaborent eux-mêmes, en commun. 45.000 adhérents fermes en à peine un mois, 35.000 pré-adhésions supplémentaires... Un résultat inescompté et tellement porteur d'espoir.
La construction de la maison était prévue à la mi-septembre lors d'Assises qui permettraient d'en poser les fondations. Alors de nombreux "imbéciles", peut-être trop naïfs, se sont mis à travailler
en vue de cette échéance, certains sur internet, d'autres dans des groupes de travail locaux, et pour beaucoup dans ces deux cadres à la fois. Oubliant parfois leur vie professionnelle, oubliant
parfois de chercher du travail pour ceux qui n'en n'avaient pas, ils furent prêts à s'investir à fond au nom de cet idéal nouveau. J'en connais 9 en particulier, qui ont passé des dizaines et des
dizaines d'heures à réaliser un document méthodologique commandité par le grand chef suprême, document que ce dernier a simplement accueilli d'un sourire sans même un mot de remerciement...
L'utopie est ensuite passée. La construction des fondations de la maison MoDem s'est transformée en véritable "foire à la merguez". Les chartes éthique et des valeurs, élaborées par les adhérents,
pour certaines remarquables, ont été remplacées par celles imposées par le chef, hélas globalement plus médiocres. Ce n'est sûrement pas dû au fait que le chef lui-même est médiocre, mais peut-être
tout simplement parce qu'il a oublié qu'on est plus intelligent à plusieurs...
Aujourd'hui, à moins de 3 semaines du congrès fondateur du MoDem, des projets de statuts qu'on pourrait qualifier de monarchiques ont une fois de plus été imposés par le chef. Un comble dans un
parti qui se veut démocrate. Il est vrai qu'impossible n'est pas français... Quelques personnes, dans l'urgence, essayent encore désespérement de sauver les meubles, ou du moins de sauvegarder ce
qu'il reste de l'utopie initiale. Et pourtant cette utopie n'en était pas une, puisqu'elle était réalisable. Et cela j'en resterai à tout jamais persuadé. Problème d'organisation, de mauvais
entourage, de fonctionnement autocrate, de manoeuvres politiciennes savamment orchestrées? Il y a sûrement un mélange de tout ça dans l'explication d'un tel fiasco.
Parfois, j'ai envie de renvoyer ce petit bout de plastique orange qu'on appelle carte d'adhérent là d'où il m'est parvenu. Le parti du XXIème siècle n'est pas prêt de se construire, et cela je le
regrette profondément. Car personnellement, je m'y serai profondément investi, et n'en aurai strictement, mais vraiment strictement rien retiré. On ne m'y prendra plus. C'est ce qu'on se dit
toujours en attendant la prochaine fois... Donner sans compter, sans attendre aucune contrepartie... Tels feu l'Abbé Pierre ou Mère Théresa... Mais parfois, je dois bien le reconnaître, malgré une
carapace qui s'est forgée au fil du temps et des coups reçus, cela peut donner envie de pleurer. "Bonjour tristesse" comme l'écrivait si justement Françoise Sagan.
Ci-après le texte d'une lettre que j'ai personnellement envoyée à François Bayrou.
Monsieur Bayrou,
Certaines rumeurs circulent quant à votre déception face aux défections multiples dans vos rangs au profit du Nouveau Centre. Je ne sais si ces rumeurs sont fondées ou si elles constituent
simplement des "bruits de couloir" destinés à vous nuire.
Ces rumeurs concernent notamment un prochain congrès UDF qui s'annonce difficile pour vous, avec éventuellement de nombreux problèmes juridiques à la clé, et peut-être un déficit de financement
pour le Mouvement Démocrate dans le scénario le plus défavorable.
Je n'ai personnellement jamais adhéré à aucun parti politique. En ce sens, mon adhésion au Mouvement Démocrate constitue une première pour moi. Pourquoi? Parce qu'il me semble que vous avez un
talent de visionnaire, et que votre projet politique équilibré ainsi que votre prise d'indépendance par rapport à l'UMP (pour parler franchement, initialement, je m'étais dit "ce type est un
opportuniste, il va se rallier à Sarkozy pour obtenir un poste de Premier Ministre"), m'ont impressionné, comme jamais aucun personnage politique n'avait pu m'impressionner par son courage. Et
pourtant je suis un ancien électeur de droite... Enfin, quelqu'un incarnait la volonté de "faire de la politique autrement".
Des pétitions ont été lancées ces derniers temps, visant à plus de transparence dans les décisions prises quant aux investitures pour les prochaines élections municipales. Je fais personnellement
partie des signataires de certaines de ces pétitions. Ne prenez pas ces pétitions ou ces diverses critiques à votre endroit comme une sanction de la part de vos adhérents (je connais un certain
nombre des signataires de ces pétitions et je peux vous assurer qu'ils sont et resteront toujours "pro-MoDem"), mais comme un soutien personnel, ou plutôt comme une opposition à toute tentative
d'infiltration des vieilles méthodes UDF aujourd'hui incarnées par le Nouveau Centre.
Comme vous l'avez sûrement constaté par vous-même, la période de grâce de N. Sarkozy est terminée. Personnellement, je ne suis même pas sûr qu'il puisse aller au bout de son mandat... Nous sommes
dans un pays démocratique, et sa volonté de "tuer" toute opposition politique ne passera pas. Telle est en tout cas ma conviction.
Peut-être perdrez-vous une bataille à court terme, peut-être qu'UDF et Mouvement Démocrate ne sont pas destinés à co-exister... Peu importe les problèmes de financement, les adhérents sont prêts à
mettre leur main à leur porte-monnaie pour aider financièrement votre action. Vous avez la chance d'avoir accès aux médias, ceux-ci revendiquant par ailleurs de plus en plus leur indépendance
vis-à-vis du pouvoir politique en place. Vous avez la chance d'être soutenu par près de 50.000 adhérents, certes parfois très critiques car exigeants, ce nombre étant voué à croître. Même s'ils
sont critiques, je pense qu'ils vous resteront fidèles. De combien d'adhérents peut aujourd'hui se targuer le Nouveau Centre?
Votre force réside dans le mouvement que vous avez su susciter et non pas dans le nombre d'élus qui vous resteront fidèles, s'orientant telles des girouettes au gré du vent. Ils vous reviendront à
coup sûr lorsque le vent aura tourné, il en va ainsi de la nature humaine, hélas...
Bref, ne nous laissez-pas tomber nous adhérents de la base. Ne tombez pas dans des compromissions stériles qui n'auraient d'intérêt pour vous qu'à court terme, et en revanche feraient fuir vos
adhérents comme sans doute vos électeurs. L'émergence d'un véritable Mouvement Démocrate en France constituerait une mini-révolution, apte à bouleverser le paysage politique français. Et c'est je
crois, ce que beaucoup de gens attendent de vous.
En vous réitérant mon soutien, je vous prie d'agréer l'expression de mes salutations démocrates les plus respectueuses.
Ces derniers jours à éclaté dans les médias une bien triste affaire de présumé délit d'initiés au sein de la société EADS. Je suis d'ailleurs surpris que cette
affaire n'ait pas reçu une couverture médiatique plus tôt, qu'il ait fallu attendre une note à charge émanant de l'AMF pour qu'elle éclate enfin au grand jour. Le quotidien Libération entre autres,
avait dès avant les élections présidentielles publié des informations à charge contre certains des protagonistes de cette affaire. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'ait guère été relayé par
les autres médias, ceux-ci préférant alors se focaliser sur le parachute doré et la retraite chapeau accordés à Noel Forgeard lors de son départ de la société.
Pourtant, l'AMF avait entamé son enquête bien plus tôt me semble t-il. Pour une fois que la présomption d'innocence est si bien protégée par les médias dans ce pays, nous ne
pouvons que nous en féliciter...
Le but de ce billet n'est pas de rappeler la liste des 21 personnes mises en cause dans cette nouvelle affaire, mais de m'interroger sur une question humaine, car cette histoire n'est naturellement
pas sans précédent: qu'est-ce qui peut amener certaines personnes à toujours en vouloir plus? Au risque qui plus est de se voir un jour prendre la main dans le pot de confiture...
Elles ont déjà le pouvoir, l'argent, la gloire. Alors, pourquoi ce besoin de toujours plus? Si quelqu'un peut m'apporter une explication, personnellement je reconnais bien volontiers mon incapacité
à fournir la moindre réponse à ma propre interrogation.
Hier soir, j'ai assisté à une réunion départementale organisée par le Mouvement Démocrate, dont l'objet était de contribuer aux statuts, à la charte éthique et à
la charte des valeurs du mouvement. Ayant toujours, peut-être du fait de mon âge qui devient chaque jour de plus en plus avancé (quoique plus jeune, le problème était similaire), certains
problèmes d'orientation, c'est avec 25 minutes de retard que je suis arrivé à cette réunion qui devait débuter à 20h30. A ma décharge, pour y assister j'aurai quand même fait 2x70 km en
voiture... Cela rend forcément exigeant.
A ma grande satisfaction, arrivé le dernier, je constate qu'il y a un peu plus de 20 personnes présentes. Les adhérents au Mouvement Démocrate sont donc nombreux, et leur intérêt pour des choses
tangibles telles que les statuts, les chartes, semble marqué me dis-je. Une grande source de satisfaction. La notion de démocratie participative, si malmenée ces derniers temps par S. Royal,
complètement oblitérée par N. Sarkozy, va enfin prendre un sens!
Et là, force est de constater que je tombe de haut... Car parmi les 20 et quelques personnes présentes, au moins un bon tiers ne semble là que pour parler d'eux-même - élan narcissique mal placé? -
ou pour parler de tout hors ce qui concerne le sujet précis de la réunion. Et là, on a vraiment droit à tout... Des interrogations, des débats qui n'ont rien à voir avec la commission "statuts"
organisatrice de la réunion, jusqu'aux propos les plus empreints de bêtise... Ainsi, l'organisatrice nous avait prévenus qu'à 22h00, le restaurant qui nous accueillait voulait fermer ses portes.
Ainsi une dizaine de minutes plus tard, une grande g... ne peut s'empêcher de demander en coupant la parole à tout le monde (pratique usuelle apparemment) d'une voix forte: "mais pourquoi est-ce
qu'il faut qu'on arrête la réunion à 22h00?" Plus bête que ça, tu meurs... Au final, j'aurai fait 140 km aller et retour pour voir une animatrice, qui pourtant a fait le meilleur score lors des
législatives dans le département, se faire malmener par des adhérents irrespectueux. La participation aux amendements sur les chartes éthiques et des valeurs est finalement remise
à des échanges par e-mail. Tant mieux quelque part. Oserais-je même suggérer à l'organisatrice de cette réunion de n'inviter lors de la prochaine réunion sur le sujet que les personnes qui auront
manifesté un réel intérêt pour la question? Ceci afin de construire et non pas de divaguer...
On voit bien là la limite de la démocratie participative. Comme j'ai déjà pu le constater au cours de ma vie professionnelle, certaines personnes sont inaptes à participer à des
réunions. Ce ne sont généralement pas celles qui sont les plus jeunes et qui restent souvent (trop) timides, mais plutôt certaines de celles qui ayant atteint la cinquantaine (et semble
t-il ne sont pas habituées à participer à des réunions publiques, ou du moins à des réunions publiques constructives), se croient tout permis... elles paraissent être là uniquement
pour s'exprimer en continu, dire ce qu'elles ont à dire, sur tout et n'importe quoi peu importe, comme elles ont peut-être pris l'habitude de le faire lors des réveillons de fin d'année... Et à ce
jeu, c'est à celui qui parle le plus fort naturellement. Le respect devrait être inscrit dans la charte éthique du Mouvement Démocrate. A défaut, une réelle
formation pour certains, visant à leur apprendre comment se comporter lors d'une réunion ne serait pas de trop. Tel est en tout cas mon sentiment.
La démocratie participative, oui. La confiture aux cochons, non. Pour les irréductibles, il reste le café du commerce...
Ajout du 6 octobre 2007: Afin de lever toute ambiguïté, et que des personnes ne se sentent pas à tort visées par mon billet, je voudrais souligner que
les comportements que je dénonce ici sont le fait de quelques-uns, ceux qui apparemment ne "savent pas se tenir en réunion". Une réunion se doit être un lieu d'échange. Mais pour
qu'il puisse y avoir échange, il faut que chacun apprenne à respecter l'autre, et ne s'exprime pas à voix haute en continu. Sinon, nous ne sommes plus dans le cadre d'une réunion, mais d'une
cacophonie qui ne débouche sur rien... De la même façon, les participants doivent éviter d'aborder, ou alors doivent le faire très brièvement, des sujets qui n'ont pas de rapport
avec l'ordre du jour de la réunion. Ainsi il en va du problème relatif à une ex-candidate aux législatives dans le département, des règles d'investiture aux municipales de Caen... Chacun de ces
sujets aurait dû faire selon moi l'objet d'une parenthèse d'au plus 30 secondes... Mais visiblement, certaines personnes semblaient obnubilées par ces questions (sans rapport aucun avec l'objet de
la réunion), qui auraient pu être traitées dans un autre cadre.
Enfin, ce message s'adresse plus particulièrement aux personnes qui parlent à voix haute dans leur coin en même temps que l'animatrice: désolé d'être tranchant sur ce point, mais
il me semble qu'il s'agit là d'un manque d'éducation absolu.
:
Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.
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