Dimanche 21 octobre 2007
Puisqu'une certaine Hypos nous rabâche sans cesse sur son blog (et à raison je le reconnais), et
d'ailleurs aussi dans le réel pour ceux qui la connaissent, qu'il faut avoir des "méthodes" pour tout, même pour passer l'aspirateur si j'ai bien lu l'un de ses derniers billets, je vais à mon tour
me lancer dans cet exercice. Les quelques éléments présentés ci-après consistent à faire comprendre aux lecteurs comment faire de la vraie politique politicienne, au sens le plus
péjoratif du terme, c'est à dire comment "ne pas faire de la politique autrement". En aucun cas, je ne saurais ni ne pourrais être exhaustif, tant le domaine est étendu et ma connaissance en la
matière limitée, bien que j'essaie de progresser. Hélas, le naturel revient souvent bien vite au galop...
1. Le langage
Le langage doit être très simplifié, quand cela est possible ne pas recourir à plus de 800 mots de vocabulaire confère un avantage certain. Les phrases doivent être courtes, simples à comprendre par tous ces "imbéciles" que nous sommes pauvres Français. Un exemple édifiant: la campagne et le débat de l'entre-deux tours des présidentielles: Ségolène Royal, cette "Bécassine" qualifiée d'incompétente car incapable de s'abstenir de faire des phrases à rallonge. Idiote!
L'utilisation de slogans qui sur le fond n'ont aucun sens est également fortement conseillée: ainsi le fameux "travailler plus pour gagner plus" qui a fait vibrer tant d'électeurs... Ont-ils réfléchi à ce qu'il y avait derrière ce slogan? Peu importe, ça a marché et c'est bien cela qui compte.
Le tutoiement peut parfois donner de bons résultats: l'impression d'être proche du peuple, en empathie avec lui.
Le savoir mentir, en toute sérénité droit dans les yeux, est d'une importance primordiale. Le maître incontesté en la matière me semble avoir été François Mitterrand. Aujourd'hui, la tendance est plutôt au "faux parler vrai". J'adore vraiment Jean-François Copé quand il écrit un ouvrage intitulé "Promis, juré, j'arrête la langue de bois".
Le parler "jeune et populaire" peut aussi être une piste intéressante: rappelez-vous d'Hervé Gaymard lorsqu'il déclarait: "si j'avais du fric, je pourrais me payer un appart"...
2. Les dérapages contrôlés
Les dérapages contrôlés peuvent faire une certaine différence, attention toutefois il s'agit d'une arme à double tranchant. "Racailles", "Karcher", "En France on n'égorge pas le mouton dans la baignoire" ont été particulièrement convaincants. En revanche, les "colères saines" de Ségolène Royal nettement moins. Les propos de Nicolas Sarkozy sur la génétique me semblent également avoir eu un impact assez mitigé.
3. S'entourer de stars
Il est extrêmement important de s'entourer de stars, beaucoup plus que d'intellectuels (ceci serait même à proscrire). Et dans ce domaine, un homme a battu tous les records. Inutile de le citer, je crois que tout le monde l'aura reconnu. Tant pis si certains peuvent trouver ridicule de voir Laetitia Halliday interrogée à la radio sur des questions pointues de fiscalité, le principal c'est que ces stars soient vos amies. Il est impératif qu'elles couvrent toutes les générations: en rallier donc à votre cause un maximum. S'il le faut, du fait du vieillissement de la population, ne pas hésiter à en "dépoussiérer" quelques-unes: Mireille Mathieu, Jane Manson, Pascal Sevran...
Même François Bayrou nous a fait le coup avec Vincent Lindon... Enfin, lui au moins ne s'est pas fait photographier avec Tom Cruise, ni ne s'est affiché avec Madonna tel Jacques Chirac il y a quelques années.
En revanche, il faut absolument s'interdire la tentation de jouer à la star: ce n'est pas le même métier, il faut le comprendre. Certains se souviendront peut-être de Lionel Jospin poussant la chansonnette lors d'une émission de Patrick Sébastien... Depuis, le concept a définitivement été abandonné.
4. Incarner les Français
Sujet d'extrême importance, car il permet d'une part de démontrer qu'on est à leur contact, et d'autre part il permet de botter en touche face à des questions gênantes, que parfois certains journalistes maladroits ont l'audace de poser. Ainsi, user et abuser d'expressions commençant par "Les Français pensent que...", car bien évidemment en étant allé leur serrer la main au détour d'un marché, on connaît forcément tous leurs souhaits... Pour botter en touche, une réponse imparable: "Ce n'est pas ce qui intéresse les Français". Efficacité garantie.
5. Savoir "aller à la soupe"
Ce n'est pas Leroy-Morin qui me contredira, parfois il faut savoir retourner sa veste, voire même son pantalon comme le chante Jacques Dutronc. C'est la condition sine qua non de la réussite individuelle. Peu importe que Bernard Kouchner ait critiqué Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, un poste de Ministre des Affaires Etrangères, ça ne se refuse pas. Peu importe qu'Hervé Morin ait été le principal lieutenant de François Bayrou, un poste de Ministre de la Défense ça ne se refuse pas non plus. Les amitiés, même si elles datent de 30 ans ne doivent en aucun cas être respectées (n'est-ce pas monsieur Balladur?). Et les convictions là-dedans vous interrogerez-vous? La réponse est simple: l'être humain doit être capable de s'adapter (c'est cette capacité d'adaptation qui selon moi définit le mieux l'intelligence de nos jours), telle une girouette au gré du vent.
Le sujet se pose en particulier aujourd'hui avec l'échéance des élections municipales qui approche. Que la tentation du rapprochement avec le Nouveau Centre est grande pour tout élu ou toute personne potentiellement candidate aux municipales! Ne pas se voir opposé un candidat UMP, quel pied! Attention toutefois, d'ici à mars 2008 le vent pourrait bien avoir tourné, d'ailleurs il me semble qu'il a déjà commencé à tourner...
6. L'arme ultime: la peur
La peur est l'arme ultime pour accéder au pouvoir suprême. Le processus se déroule en deux temps. Il faut tout d'abord savoir la susciter. Pour cela, les thèmes de l'insécurité et de l'immigration constituent de véritables mines d'or. Ensuite, il suffit de se positionner en tant que remède à ces peurs. Ca paraît tout bête, tellement évident, sans doute immoral aussi, mais peu importe l'efficacité est maximale. D'autant plus quand les médias sont réceptifs. N'est-ce pas monsieur le Président?
Et les idées, les valeurs, l'intérêt national dans tout ça? On s'en fout... Si vous n'avez pas encore compris, l'essentiel réside dans la réussite individuelle. A moins d'accepter de "faire de la politique autrement".
1. Le langage
Le langage doit être très simplifié, quand cela est possible ne pas recourir à plus de 800 mots de vocabulaire confère un avantage certain. Les phrases doivent être courtes, simples à comprendre par tous ces "imbéciles" que nous sommes pauvres Français. Un exemple édifiant: la campagne et le débat de l'entre-deux tours des présidentielles: Ségolène Royal, cette "Bécassine" qualifiée d'incompétente car incapable de s'abstenir de faire des phrases à rallonge. Idiote!
L'utilisation de slogans qui sur le fond n'ont aucun sens est également fortement conseillée: ainsi le fameux "travailler plus pour gagner plus" qui a fait vibrer tant d'électeurs... Ont-ils réfléchi à ce qu'il y avait derrière ce slogan? Peu importe, ça a marché et c'est bien cela qui compte.
Le tutoiement peut parfois donner de bons résultats: l'impression d'être proche du peuple, en empathie avec lui.
Le savoir mentir, en toute sérénité droit dans les yeux, est d'une importance primordiale. Le maître incontesté en la matière me semble avoir été François Mitterrand. Aujourd'hui, la tendance est plutôt au "faux parler vrai". J'adore vraiment Jean-François Copé quand il écrit un ouvrage intitulé "Promis, juré, j'arrête la langue de bois".
Le parler "jeune et populaire" peut aussi être une piste intéressante: rappelez-vous d'Hervé Gaymard lorsqu'il déclarait: "si j'avais du fric, je pourrais me payer un appart"...
2. Les dérapages contrôlés
Les dérapages contrôlés peuvent faire une certaine différence, attention toutefois il s'agit d'une arme à double tranchant. "Racailles", "Karcher", "En France on n'égorge pas le mouton dans la baignoire" ont été particulièrement convaincants. En revanche, les "colères saines" de Ségolène Royal nettement moins. Les propos de Nicolas Sarkozy sur la génétique me semblent également avoir eu un impact assez mitigé.
3. S'entourer de stars
Il est extrêmement important de s'entourer de stars, beaucoup plus que d'intellectuels (ceci serait même à proscrire). Et dans ce domaine, un homme a battu tous les records. Inutile de le citer, je crois que tout le monde l'aura reconnu. Tant pis si certains peuvent trouver ridicule de voir Laetitia Halliday interrogée à la radio sur des questions pointues de fiscalité, le principal c'est que ces stars soient vos amies. Il est impératif qu'elles couvrent toutes les générations: en rallier donc à votre cause un maximum. S'il le faut, du fait du vieillissement de la population, ne pas hésiter à en "dépoussiérer" quelques-unes: Mireille Mathieu, Jane Manson, Pascal Sevran...
Même François Bayrou nous a fait le coup avec Vincent Lindon... Enfin, lui au moins ne s'est pas fait photographier avec Tom Cruise, ni ne s'est affiché avec Madonna tel Jacques Chirac il y a quelques années.
En revanche, il faut absolument s'interdire la tentation de jouer à la star: ce n'est pas le même métier, il faut le comprendre. Certains se souviendront peut-être de Lionel Jospin poussant la chansonnette lors d'une émission de Patrick Sébastien... Depuis, le concept a définitivement été abandonné.
4. Incarner les Français
Sujet d'extrême importance, car il permet d'une part de démontrer qu'on est à leur contact, et d'autre part il permet de botter en touche face à des questions gênantes, que parfois certains journalistes maladroits ont l'audace de poser. Ainsi, user et abuser d'expressions commençant par "Les Français pensent que...", car bien évidemment en étant allé leur serrer la main au détour d'un marché, on connaît forcément tous leurs souhaits... Pour botter en touche, une réponse imparable: "Ce n'est pas ce qui intéresse les Français". Efficacité garantie.
5. Savoir "aller à la soupe"
Ce n'est pas Leroy-Morin qui me contredira, parfois il faut savoir retourner sa veste, voire même son pantalon comme le chante Jacques Dutronc. C'est la condition sine qua non de la réussite individuelle. Peu importe que Bernard Kouchner ait critiqué Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, un poste de Ministre des Affaires Etrangères, ça ne se refuse pas. Peu importe qu'Hervé Morin ait été le principal lieutenant de François Bayrou, un poste de Ministre de la Défense ça ne se refuse pas non plus. Les amitiés, même si elles datent de 30 ans ne doivent en aucun cas être respectées (n'est-ce pas monsieur Balladur?). Et les convictions là-dedans vous interrogerez-vous? La réponse est simple: l'être humain doit être capable de s'adapter (c'est cette capacité d'adaptation qui selon moi définit le mieux l'intelligence de nos jours), telle une girouette au gré du vent.
Le sujet se pose en particulier aujourd'hui avec l'échéance des élections municipales qui approche. Que la tentation du rapprochement avec le Nouveau Centre est grande pour tout élu ou toute personne potentiellement candidate aux municipales! Ne pas se voir opposé un candidat UMP, quel pied! Attention toutefois, d'ici à mars 2008 le vent pourrait bien avoir tourné, d'ailleurs il me semble qu'il a déjà commencé à tourner...
6. L'arme ultime: la peur
La peur est l'arme ultime pour accéder au pouvoir suprême. Le processus se déroule en deux temps. Il faut tout d'abord savoir la susciter. Pour cela, les thèmes de l'insécurité et de l'immigration constituent de véritables mines d'or. Ensuite, il suffit de se positionner en tant que remède à ces peurs. Ca paraît tout bête, tellement évident, sans doute immoral aussi, mais peu importe l'efficacité est maximale. D'autant plus quand les médias sont réceptifs. N'est-ce pas monsieur le Président?
Et les idées, les valeurs, l'intérêt national dans tout ça? On s'en fout... Si vous n'avez pas encore compris, l'essentiel réside dans la réussite individuelle. A moins d'accepter de "faire de la politique autrement".










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