Lundi 3 décembre 2007
Je pourrai dire que j'y
étais. Que j'ai été partie prenante à ce moment historique qui a vu la naissance d'un Mouvement Démocrate unitaire, et aujourd'hui, presque - il y a encore du travail à faire quand même - en ordre
de bataille pour les prochaines échéances électorales.Tout a commencé par un congrès auquel je n'ai pu participer, car n'ayant jamais été affilié à cette organisation politique: celui de l'UDF, qui s'est déroulé vendredi 30 novembre 2007. L'étape la plus délicate à passer à coup sûr. Le vrai challenge pour François Bayrou: obtenir que l'UDF, outre la conservation d'une coquille juridique quasiment vide durant une période transitoire de 3 ans, accepte de déléguer tous ses pouvoirs et en particulier de suivre la ligne politique qui sera celle du MoDem. Le deal semblait très clair: l'unité contre des postes réservés dans la nouvelle organisation. J'espère que tout le monde l'aura bien compris, sauf à aller devant des déceptions.
Succès dans cette opération qui s'avérait ô combien délicate car soumise à de nombreuses pressions externes ne nous-leurrons pas! L'essentiel pour la construction du MoDem a été obtenu, grande victoire dont ne peuvent j'en suis sûr se satisfaire ni l'UMP, ni le PS, ni le NC.
Vient ensuite le congrès de fondation du MoDem en lui-même, dès le lendemain. Je n'ai pu y être présent que le samedi malheureusement (enfin, il s'agissait quand même de la journée la plus importante), et dans des conditions "physiques" pas vraiment optimales. Obligation de se lever très tôt pour un couche-tard, obligation de se plier durant toute la nuit aux miaulements continuels d'une petite chatte non encore stérilisée, et hélas traversant une période qu'on pourrait qualifier de "nymphomane". Bref, deux heures de sommeil en tout et pour tout avant de me rendre à ce congrès.
Bien qu'arrivé parmi les premiers, aux environs de 9h30, le premier obstacle à franchir est une interminable queue pour obtenir son badge d'accès. J'avais oublié à quel point je n'aimais pas attendre. Une bonne piqûre de rappel à coup sûr.
Enfin dans la salle, installé à un endroit pas trop éloigné de la tribune, la discussion sur les statuts et les quelques 80 amendements qui ont été soumis commence. L'organisation a bien fait les choses. Sur les tables, on trouve un petit livret listant toutes ces propositions d'amendements. L'oeil encore à peu près frais malgré le manque de sommeil, une lecture rapide des amendements proposés me laisse pantois: car selon mon opinion, une large partie de ces amendements n'apporte rien ou alors ne tient pas la route... Quel dommage que dans le même temps, on ne nous ait pas proposé une sorte de grille de "loto sportif", sur laquelle chacun aurait pu parier quels amendements seraient retenus et quels autres seraient rejetés. Sans décrocher le gros lot, je crois bien que j'aurais pu gagner un peu d'argent...
La présentation des amendements défile. François Bayrou se veut impérial. Trop impérial. C'était la première fois que je découvrais celui-ci en "live". L'homme est très intelligent, exceptionnellement brillant même. Il comprend tout tout de suite, fait preuve d'une autorité qui laisse présager de la personnalité d'un vrai chef d'Etat. Mais avec les travers associés hélas: omni-présence allant jusqu'au "one-man-show", n'hésitant pas à se montrer cassant envers certains adhérents qui veulent coûte que coûte défendre ce qu'ils ont proposé. Aucune place laissée au personnalités qui l'accompagnent à la tribune. Au moins, on sait qui est le chef et qui décide... Mais au-delà de ce constat, force est de constater qu'entre les arguments avancés par les défenseurs de certains amendements et les contre-arguments de François Bayrou, il n'y a généralement pas photo. Certains pourraient croire que l'assistance a été manipulée par le brio de notre leader, afin de faire voter dans le sens qui lui convient: ce serait faire peu de cas des adhérents MoDem et les prendre pour des moutons, voire des "cons"... Car pour moi, au final, les amendements qui auront été retenus étaient ceux qui devaient l'être, ou de façon plus subtile ceux qui pouvaient l'être. Certains avaient visiblement oublié le congrès UDF de la veille et les compromissions attenantes. A force de chercher un idéal démocratique, on peut parfois perdre de vue la réalité pragmatique des choses, ce qu'on appelle tout simplement la Real-Politik.
L'après-midi sera beaucoup plus difficile pour moi. L'oeil hagard, ayant furieusement envie de faire la sieste, je me vois revenu au temps où j'étais étudiant et où je dormais sereinement durant certains amphis. Mais là, impossible, le professeur parle trop fort et ne se tait jamais. Qui a dit que seuls les cyclistes étaient soupçonnés de tourner à l'EPO?
Au moins, durant ce congrès, j'aurai eu le loisir de mettre un visage sur quelques pseudos que j'avais pu cotoyer sur Internet et faire leur connaissance. Je n'ai en revanche croisé que très peu de personnes que je connaissais déjà. Normal, étant myope et ne portant pas de lunettes, ces dernières auraient dû passer à au plus un mètre ou deux de moi pour que je les reconnaisse.
Bref pour conclure, ce que m'a inspiré ces congrès, c'est en premier lieu un sentiment de satisfaction: le MoDem est désormais lancé en tant que vrai parti politique, ce qui n'était pas gagné d'avance. Mais aussi un certain nombre d'inquiétudes liées à la personnalité même de François Bayrou: sombrer dans la tentation de l'autocratie serait une grosse erreur de sa part. Aux 60.000 adhérents du MoDem à le lui rappeler, autant de fois que cela sera nécessaire.
par JF le démocrate
publié dans :
Mouvement Démocrate
ajouter un commentaire commentaires (6) recommander
ajouter un commentaire commentaires (6) recommander
Comme c'était
prévisible, les prochains Congrès de l'UDF (30 novembre prochain) et du Mouvement Démocrate (1er et 2 décembre prochains), ne se dérouleront pas dans une atmosphère que nos amis anglais
qualifieraient de "Stand Alone". L'émergence d'un parti libre, capable de s'extraire du bipartisme actuel - artificiellement entretenu et complètement déphasé devant les réalités du XXIème siècle,
telle est en tout cas ma perception des choses -, représente un réel danger pour certains.



Commentaires récents