Enfin! Enfin, on parle au sein de l'UMP avec franchise de la stratégie d'ouverture pratiquée par N. Sarkozy. Et force est de constater que ce n'est pas tout à fait la
même ouverture que celle que prônait F. Bayrou...
Je me réfère pour cela à un article publié hier dans Le Nouvel Observateur, l'un des rares médias de presse écrite qui ne soit pas sous influence présidentielle. Ainsi, P. Lang, député
de la Moselle a affirmé suite à une réunion organisée par N. Sarkozy afin de préparer les élections municipales: "Il a su faire passer le message de l'ouverture de façon parfaite", "quand on leur
prend les meilleurs éléments (...) ça ne peut qu'affaiblir le Parti socialiste", "il nous a conseillé aux élections municipales d'avoir la même attitude, c'est-à-dire, dans nos équipes
municipales, de pratiquer l'ouverture la plus large et le renouvellement le plus large possible, parce que nous devons occuper tout l'espace politique, de la gauche jusqu'à la droite".
De même, P. Devedjian en personne (vous vous rappelez, celui qui tient des propos publics/privés pour le moins limites...) a déclaré que "L'UMP va jouer naturellement très largement l'ouverture",
avant d'affirmer que selon lui N. Sarkozy aurait lancé au sujet de B. Kouchner: "naturellement je l'ai pris parce qu'il était populaire! Pourquoi voulez-vous que je m'en prive? Je laisse au Parti
socialiste ceux qui ne le sont pas".
Après ces différentes déclarations, peut-on encore croire à une stratégie d'ouverture dont le fondement serait de rassembler des compétences au-delà des clivages politiques?!
En moins de deux mois, N. Sarkozy a réussi la prouesse de désosser le parti socialiste: exit B. Kouchner, exit D. Strauss-Kahn, exit J. Lang. Et peut-être bientôt, exit H. Védrine. Les tentations
carriéristes sont décidément bien trop fortes et doivent nous inciter à réfléchir sur les véritables motivations de nos politiques.
Heureusement, il reste un homme qui a su résister à la tentation court terme d'occuper un poste ministériel: il s'agit de F. Bayrou. Son avenir politique est certes plus incertain, mais aussi
porteur d'espoir face à un monsieur triple-moi (je ne suis pas l'auteur de cette expression, mais je la trouve particulièrement pertinente), qui a visiblement décidé de tout écraser sur son
passage, au risque de détruire la notion même de démocratie.
par Democratix
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La "deuxième hypothèque indépassable" indiquée par François Bayrou le 3 juillet dernier pour justifier l'abstention des députés du MoDem dans le vote de la confiance
au gouvernement concerne l'inquiétude légitime quand à la non maîtrise de la dette publique. Ce billet a pour objectif d'en faire un état des lieux et d'analyser les conséquences que pourront
avoir les nouvelles dépenses entreprises ou à entreprendre par le gouvernement.
Etat des lieux
En premier lieu, il convient de rappeler la définition de la dette publique: La dette publique est l'ensemble des engagements financiers futurs sous formes d'emprunts de la part de l'Etat, des
collectivités publiques et des organismes qui en dépendent directement (entreprises publiques, sécurité sociale…). Rappelons également que l'accroissement de la dette publique en France est
directement lié au déficit budgétaire, du fait que l'Etat, depuis la création de l'Euro, ne contrôle plus l'émission de sa monnaie et n'a donc plus la possibilité de combler cette dette par des
mécanismes inflationnistes. En général, le montant de la dette est exprimé en pourcentage par rapport au PIB (Produit Intérieur Brut): ainsi dans une phase de forte croissance, le montant de la
dette en valeur absolue peut augmenter alors que son ratio par rapport au PIB reste constant. Aussi est-il intéressant de constater que sur la période 1997-2001, la dette est restée stable - et a
même légèrement diminuée - pour atteindre un niveau d'environ 56% du PIB, malgré le surcroît de dépense publique engendré par la mise en place des 35 heures. Le problème de la dette devient donc
prépondérant et inquiétant lorsque la croissance faiblit, ce qui est le cas depuis 2002.
Sans vouloir effrayer les âmes sensibles, voici les chiffres actuels: à fin mars 2007 le montant total de la dette publique s'élevait à 1176 milliards d'euros, soit environ 65% du PIB. Soit pour
une population française dont on peut projeter le recensement en 2007 à environ 63,5 millions d'habitants, une "dette individuelle" égale à 18500 euros. Chaque enfant qui naît en 2007 se voit
donc attribué dès sa naissance, un passif équivalent. Les seuls intérêt de remboursement de la dette coûtent à la France chaque année environ 40 milliards d'euros, soit environ 15 % du budget de
l'Etat, ou encore plus de 70 % du montant collecté par l'Impôt sur le Revenu. Pour ces raisons, du fait de la responsabilité que nous portons vis-à-vis des générations futures et de notre
engagement européen, François Bayrou avait lors du 1er tour des élections présidentielles placé la maîtrise de la dette au centre de son programme.
L'impact du programme présidentiel de N. Sarkozy
Alors que "le paquet fiscal" est en cours d'adoption à l'Assemblée Nationale, pour un coût projeté de 13 milliards d'euros (alors que des experts avaient initialement tablé sur une fourchette
comprise entre 11 et 14 milliards d'euros), on peut raisonnablement penser que le coût total du programme présidentiel sera au minimum de 50 à 60 milliards d'euros. Inutile de dire que nos amis
européens ont semble t-il très bien compris que l'objectif qui avait été établi en commun de ramener en 2010 le déficit public à 0 et la dette à 60% du PIB ne sera pas rempli par la France. N.
Sarkozy s'est voulu rassurant devant nos partenaires il y a quelques temps, en fixant 2010 comme un objectif et 2012 comme une obligation de résultat...
Il est quand même stupéfiant de constater que par cette manie dépensière, non seulement la France renie l'engagement qu'elle avait pris il y a quelques mois devant l'Union Européenne par
l'intermédiaire de T. Breton, mais en plus elle devient le seul pays à ne plus respecter cet engagement (il faut constater toutefois que la situation italienne suscite des incertitudes). Comment
faire comprendre cela à d'autres partenaires européens, tels que les pays de l'Europe de l'est, qui pour certains ont réalisé ces dernières années des efforts drastiques pour répondre aux
contraintes de l'Euro? Une fois de plus, la France fait cavalier seul...
Par ailleurs, toute la stratégie de N. Sarkozy repose sur une relance de l'économie qui devrait permettre à l'horizon 2012, les cotisations sociales rentrant en masse, d'augmenter
considérablement les recettes de l'Etat. Que penser de cette stratégie? N'est-ce pas faire un pari sur la croissance dont hélas nous ne sommes pas les seuls déterminants puisque comme chacun le
sait, dans un contexte de mondialisation, la croissance française est fortement liée à la croissance mondiale, et plus particulièrement à celle de la zone euro?
Bien sûr des parades existent, même si elles seront insuffisantes, pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat sans augmenter les impôts directs. Que n'a t-on et que ne risque t-on
pas encore de parler de la TVA dite sociale? Mais est-il moralement juste de faire payer certains cadeaux fiscaux, ou encore une mauvaise gestion de la sécurité sociale, par les consommateurs
lorsque l'on sait que la TVA est l'impôt le plus injuste qui soit, pénalisant plus particulièrement les foyers les plus défavorisés, ceux qui consacrent leur budget à la consommation plutôt qu'à
l'investissement?
par Democratix
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