Lundi 3 septembre 2007

La lecture ce jour d'un article du journal Le Monde me pousse à rédiger ce court texte relatif à ce qu'on pourrait appeler la "nouvelle donne judiciaire en France".

Rappelons d'abord en préambule qu'un des piliers de notre République est incontestablement l'indépendance de la Justice. On pourrait ajouter à cette notion fondamentale celle de l'indépendance des médias, mais nous savons tous qu'à de très rares exceptions près, celle-ci a complètement disparu de notre paysage. Si seulement ce dernier problème se limitait à d'éventuelles retouches photographiques faites par certains magazines people sur les "bourrelets" de notre Président, afin de lui donner un aspect plus photogénique, une image peut-être plus à l'Américaine... Heureusement, d'une certaine manière Internet est là pour compenser ce manque, mais son taux d'audience est encore trop restreint.

Faute d'avoir pu conserver des médias indépendants, autant essayer de conserver une Justice indépendante. Sinon comment pourra t-on nommer le régime en vigueur dans notre pays? Hors, force est de constater que depuis quelques temps, de nombreuses sources d'inquiétudes surgissent ça et là, qui à terme pourraient laisser envisager le pire. Ce ne sont pas les cinq démissions consécutives du cabinet de la Garde des Sceaux qui doivent nous interpeller, même si elles semblent témoigner d'un certain manque de "doigté" dans le management humain, mais d'autres faits plus graves.

Ainsi il en va de la dépénalisation du droit des affaires. Ainsi il en va également de la convocation du vice-procureur de Metz par la Chancellerie pour des propos qu'il aurait tenus lors d'une audience: "Les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir". Peut-être que l'endroit choisi ne constituait pas la place idéale pour une telle déclaration, mais qui oserait affirmer aujourd'hui le contraire: "les magistrats sont les instruments du pouvoir", sauf à accepter que la Justice n'ait plus d'indépendance et que notre pays ne régresse vers ce qu'on qualifie historiquement "d'Ancien Régime"?

Heureusement les syndicats réagissent, des polémiques sont en train de naître, qui dépassent par ailleurs largement le simple cadre syndical. Il est regrettable d'en passer par là, mais aujourd'hui dans certains domaines seule une contestation forte peut servir de contre-pouvoir afin de conserver certains éléments fondamentaux qui différencient notre régime politique d'un régime monarchique. L'indépendance de la Justice, normalement garantie par le pouvoir exécutif, en fait partie.

par Democratix publié dans : Paysage politique
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Mercredi 15 août 2007

Tout Président de la République prend traditionnellement des vacances, ce qui est bien naturel. Parfois, elles sont très traditionnelles (enfermement dans le Fort de Brégançon avec éventuellement pour seul piment quelques excès de naturisme aussitôt captés par des paparazzis mal intentionnés), parfois elles le sont moins et beaucoup plus coûteuses pour l'Etat français. Rappelons-nous à ce titre que parmi les prédécesseurs de N. Sarkozy, ni J. Chirac, ni F. Mitterrand n'ont toujours fait preuve d'une vigileance absolue quant au devoir d'exemplarité que doit donner l'Etat en terme de modestie financière.

N. Sarkozy a décidé de ne pas suivre la même voie: ses vacances, dont le coût estimé est d'environ 60.000 euros pour deux semaines (soit environ 4 ans de SMIC brut), ne coûteront pas un centime d'euro à l'Etat, et donc à nous contribuables. Elles sont en effet offertes, c'est à dire financées par une tierce personne dont l'identité est jalousement gardée secrète. Et pourtant, ces vacances suscitent de nombreuses polémiques, notamment de la part de l'opposition et de l'un de ses porte-parole A. Montebourg, qui souhaiterait que ce soit l'Etat qui règle l'addition. Cet homme est-il devenu fou?

Personnellement, je n'ai pas spécialement envie de contribuer à payer ce genre de vacances, que seules quelques grosses fortunes peuvent être amenées à s'offrir. Mais le bât blesse quand même quelque part: il y a une chose que j'aimerais, je pense de façon légitime, connaître. Il s'agit de l'identité de ce généreux donateur. Non pas par jalousie, non pas pour lui quémander un éventuel sponsoring. Simplement pour être à même de vérifier qu'à l'avenir, ce généreux donateur ne se verra pas gratifier de "cadeaux" par l'Etat français, d'un montant bien supérieur à sa mise initiale. Il s'agit là uniquement d'une question de transparence, et je pensais que cette notion de transparence était justement l'un des thèmes de prédilection de notre nouveau président.

Ces vacances sont décidément bien étranges et ce à plus d'un titre: outre ce que je viens de mentionner, il est intéressant de remarquer qu'elles sont visiblement populaires dans l'opinion publique: les Français seraient-ils devenus fous? Non, certains d'entre eux sont tout simplement tombés "amoureux" de leur président. De par son charisme et sa personnalité ambigüe, N. Sarkozy présente une caractéristique particulière: celle de susciter la passion. "Soit on l'adore, soit on le hait", ai-je déjà pu lire. Je pense qu'effectivement tout se résume à ces quelques mots. Comme chacun le sait, l'amour et encore plus la passion rendent aveugles. Comme chacun le sait également, l'amour ou la haine qui découlent de la passion ne sont jamais durablement établis: on peut passer de l'un à l'autre ou de l'autre à l'un très rapidement. Il n'y a qu'à demander à B. Kouchner ce qu'il en pense... Rendez-vous dans quelques mois?

par Democratix publié dans : Paysage politique
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Vendredi 27 juillet 2007
Je trouve qu'en cette période estivale, les informations qui nous sont fournies quotidiennement même parfois par les "bons" médias - eh oui, si l'on n'opère pas une certaine sélection il y a hélas matière à se tromper -, relèvent de plus en plus de la notion de "miracle".

Heureusement, à l'heure où beaucoup sont en train de plancher pour élaborer la future charte des valeurs du Mouvement Démocrate, la valeur "miracle" n'a jamais été évoquée... Les adhérents et sympathisants de ce mouvement manqueraient-il d'utopisme? Seraient-il quelques fois trop pragmatiques?

Pour commencer, rappelons quelle est la définition exacte d'un miracle: selon Wikipédia, il s'agit "d'un fait extraordinaire, voire surnaturel, attribué à une puissance divine et accompli soit directement, soit par l'intermédiaire d'un serviteur de cette divinité".

Je constate que nombre de miracles se sont réalisés ou sont en bonne voie de réalisation à l'heure actuelle. La liste est tellement longue que je n'en citerai que quelques-uns:

- Cécilia Sarkozy, de par son charme et ses capacités de négociation hors du commun, allant libérer les infirmières bulgares des mains de Khadafi,

- le cycliste danois Rasmussen, grimpant des cols alpins et pyrénéens comme s'il était aux commandes d'une moto de grand prix,

- le quotidien Le Monde, presque redevenu indépendant du pouvoir politique en place, suite à la fronde menée contre la réélection d'Alain Minc à la présidence de son conseil de surveillance,

- le paquet fiscal, porteur d'une extraordinaire dynamique de croissance, adopté par l'Assemblée Nationale, malgré quelques tentatives de réticences ingrates et mesquines de la part des députés du Nouveau Centre.

Pour peu, je deviendrais presque un fervent catholique pratiquant. Si seulement...

- si seulement il n'y avait pas eu de contreparties au miracle réalisé par Cécilia Sarkozy et Claude Guéant (on parle d'une importante rançon, de coopération entre la France et la Libye dans le domaine du nucléaire, coopération très critiquée par nos partenaires allemands),

- si seulement le Danois Rasmussen ne venait pas de se faire expulser du Tour de France pour dopage présumé,

- si seulement A. Minc ne s'accrochait pas avec une telle obstination à son poste - alors qu'en tant que conseiller de N. Sarkozy, il a déjà tant à faire -, faisant prendre une tournure judiciaire à cette "affaire",

- si seulement le Sénat, peut-être plus indépendant que l'Assemblée Nationale, n'exprimait pas tant de doute quant à la politique économique lancée par le gouvernement Fillon, ... pardon pour l'erreur de frappe, par le gouvernement Sarkozy plutôt.

Mince, à peine commencé, le temps des miracles est déjà révolu. Et dire que j'ai failli y croire...
 
par Democratix publié dans : Paysage politique
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Vendredi 20 juillet 2007

Enfin! Enfin, on parle au sein de l'UMP avec franchise de la stratégie d'ouverture pratiquée par N. Sarkozy. Et force est de constater que ce n'est pas tout à fait la même ouverture que celle que prônait F. Bayrou...

Je me réfère pour cela à un article publié hier dans Le Nouvel Observateur, l'un des rares médias de presse écrite qui ne soit pas sous influence présidentielle. Ainsi, P. Lang, député de la Moselle a affirmé suite à une réunion organisée par N. Sarkozy afin de préparer les élections municipales: "Il a su faire passer le message de l'ouverture de façon parfaite", "quand on leur prend les meilleurs éléments (...) ça ne peut qu'affaiblir le Parti socialiste", "il nous a conseillé aux élections municipales d'avoir la même attitude, c'est-à-dire, dans nos équipes municipales, de pratiquer l'ouverture la plus large et le renouvellement le plus large possible, parce que nous devons occuper tout l'espace politique, de la gauche jusqu'à la droite".

De même, P. Devedjian en personne (vous vous rappelez, celui qui tient des propos publics/privés pour le moins limites...) a déclaré que "L'UMP va jouer naturellement très largement l'ouverture", avant d'affirmer que selon lui N. Sarkozy aurait lancé au sujet de B. Kouchner: "naturellement je l'ai pris parce qu'il était populaire! Pourquoi voulez-vous que je m'en prive? Je laisse au Parti socialiste ceux qui ne le sont pas".

Après ces différentes déclarations, peut-on encore croire à une stratégie d'ouverture dont le fondement serait de rassembler des compétences au-delà des clivages politiques?!

En moins de deux mois, N. Sarkozy a réussi la prouesse de désosser le parti socialiste: exit B. Kouchner, exit D. Strauss-Kahn, exit J. Lang. Et peut-être bientôt, exit H. Védrine. Les tentations carriéristes sont décidément bien trop fortes et doivent nous inciter à réfléchir sur les véritables motivations de nos politiques.

Heureusement, il reste un homme qui a su résister à la tentation court terme d'occuper un poste ministériel: il s'agit de F. Bayrou. Son avenir politique est certes plus incertain, mais aussi porteur d'espoir face à un monsieur triple-moi (je ne suis pas l'auteur de cette expression, mais je la trouve particulièrement pertinente), qui a visiblement décidé de tout écraser sur son passage, au risque de détruire la notion même de démocratie.

par Democratix publié dans : Paysage politique
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Vendredi 13 juillet 2007

La "deuxième hypothèque indépassable" indiquée par François Bayrou le 3 juillet dernier pour justifier l'abstention des députés du MoDem dans le vote de la confiance au gouvernement concerne l'inquiétude légitime quand à la non maîtrise de la dette publique. Ce billet a pour objectif d'en faire un état des lieux et d'analyser les conséquences que pourront avoir les nouvelles dépenses entreprises ou à entreprendre par le gouvernement.

Etat des lieux

En premier lieu, il convient de rappeler la définition de la dette publique: La dette publique est l'ensemble des engagements financiers futurs sous formes d'emprunts de la part de l'Etat, des collectivités publiques et des organismes qui en dépendent directement (entreprises publiques, sécurité sociale…). Rappelons également que l'accroissement de la dette publique en France est directement lié au déficit budgétaire, du fait que l'Etat, depuis la création de l'Euro, ne contrôle plus l'émission de sa monnaie et n'a donc plus la possibilité de combler cette dette par des mécanismes inflationnistes. En général, le montant de la dette est exprimé en pourcentage par rapport au PIB (Produit Intérieur Brut): ainsi dans une phase de forte croissance, le montant de la dette en valeur absolue peut augmenter alors que son ratio par rapport au PIB reste constant. Aussi est-il intéressant de constater que sur la période 1997-2001, la dette est restée stable - et a même légèrement diminuée - pour atteindre un niveau d'environ 56% du PIB, malgré le surcroît de dépense publique engendré par la mise en place des 35 heures. Le problème de la dette devient donc prépondérant et inquiétant lorsque la croissance faiblit, ce qui est le cas depuis 2002.

Sans vouloir effrayer les âmes sensibles, voici les chiffres actuels: à fin mars 2007 le montant total de la dette publique s'élevait à 1176 milliards d'euros, soit environ 65% du PIB. Soit pour une population française dont on peut projeter le recensement en 2007 à environ 63,5 millions d'habitants, une "dette individuelle" égale à 18500 euros. Chaque enfant qui naît en 2007 se voit donc attribué dès sa naissance, un passif équivalent. Les seuls intérêt de remboursement de la dette coûtent à la France chaque année environ 40 milliards d'euros, soit environ 15 % du budget de l'Etat, ou encore plus de 70 % du montant collecté par l'Impôt sur le Revenu. Pour ces raisons, du fait de la responsabilité que nous portons vis-à-vis des générations futures et de notre engagement européen, François Bayrou avait lors du 1er tour des élections présidentielles placé la maîtrise de la dette au centre de son programme.

L'impact du programme présidentiel de N. Sarkozy

Alors que "le paquet fiscal" est en cours d'adoption à l'Assemblée Nationale, pour un coût projeté de 13 milliards d'euros (alors que des experts avaient initialement tablé sur une fourchette comprise entre 11 et 14 milliards d'euros), on peut raisonnablement penser que le coût total du programme présidentiel sera au minimum de 50 à 60 milliards d'euros. Inutile de dire que nos amis européens ont semble t-il très bien compris que l'objectif qui avait été établi en commun de ramener en 2010 le déficit public à 0 et la dette à 60% du PIB ne sera pas rempli par la France. N. Sarkozy s'est voulu rassurant devant nos partenaires il y a quelques temps, en fixant 2010 comme un objectif et 2012 comme une obligation de résultat...

Il est quand même stupéfiant de constater que par cette manie dépensière, non seulement la France renie l'engagement qu'elle avait pris il y a quelques mois devant l'Union Européenne par l'intermédiaire de T. Breton, mais en plus elle devient le seul pays à ne plus respecter cet engagement (il faut constater toutefois que la situation italienne suscite des incertitudes). Comment faire comprendre cela à d'autres partenaires européens, tels que les pays de l'Europe de l'est, qui pour certains ont réalisé ces dernières années des efforts drastiques pour répondre aux contraintes de l'Euro? Une fois de plus, la France fait cavalier seul...

Par ailleurs, toute la stratégie de N. Sarkozy repose sur une relance de l'économie qui devrait permettre à l'horizon 2012, les cotisations sociales rentrant en masse, d'augmenter considérablement les recettes de l'Etat. Que penser de cette stratégie? N'est-ce pas faire un pari sur la croissance dont hélas nous ne sommes pas les seuls déterminants puisque comme chacun le sait, dans un contexte de mondialisation, la croissance française est fortement liée à la croissance mondiale, et plus particulièrement à celle de la zone euro?

Bien sûr des parades existent, même si elles seront insuffisantes, pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat sans augmenter les impôts directs. Que n'a t-on et que ne risque t-on pas encore de parler de la TVA dite sociale? Mais est-il moralement juste de faire payer certains cadeaux fiscaux, ou encore une mauvaise gestion de la sécurité sociale, par les consommateurs lorsque l'on sait que la TVA est l'impôt le plus injuste qui soit, pénalisant plus particulièrement les foyers les plus défavorisés, ceux qui consacrent leur budget à la consommation plutôt qu'à l'investissement?

par Democratix publié dans : Paysage politique
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L'esprit démocrate

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Profil

  • : JF le démocrate
  • : Normandie
  • : Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.

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