Samedi 5 avril 2008
Le moins que l'on puisse dire est que le rapport annuel de la MIVILUDES (la Mission Interministérielle de VIgilance et LUtte contre les DErives Sectaires) est tombé à point, suite aux déclarations de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon. Rappelons-nous en effet de ses propos: "les sectes sont un non-problème".

Le rapport de la MIVILUDES n'a visiblement pas la même opinion. Heureusement, oserais-je dire... Car une simple intuition permet de penser qu'en ces temps difficiles pour nos compatriotes, la quête de spiritualité voire d'ésotérisme est forcément tentante. C'est une évidence, forcément propice soit au développement des religions (ce qui n'est pas un mal en soi, même si je me revendique en tant qu'agnostique), soit à celui d'organisations sectaires dont le but in fine n'est pas forcément l'aboutissement d'une quête spirituelle... Il est également à noter que les voyants ou voyantes en toute sorte, les marabouts ou mages, trouvent aujourd'hui un terrain de chasse de prédilection devant la misère d'autrui.

Je ne peux qu'encourager les personnes qui le souhaitent à lire
le rapport 2007 de la MIVILUDES. Personnellement, je ne l'ai lu qu'en diagonale, épaisseur oblige (plus de 250 pages). Mais j'ai quand même noté des choses fort intéressantes par ailleurs.

En premier lieu, le fait qu'il était très difficile de lutter contre les mouvements sectaires. Et ce pour une raison très simple: du fait du principe de laïcité dont nous sommes je crois majoritairement fiers en France, il n'existe pas de définition juridique de la notion de "secte". Aussi, est-ce par des moyens détournés qu'il convient d'identifier celles-ci.

En second lieu, le rapport met en évidence certains dangers liés au coaching, une habitude de plus en plus répandue dans nos entreprises, et qui serait dans certains cas infiltrée par certaines sectes.

En troisième lieu, sur un plan plus "technique", la mise en oeuvre volontaire de "faux souvenirs induits", par le biais de l'hypnose ou de la suggestion notamment, visant à asservir le "sujet"...

Enfin, je dois avouer qu'après une lecture certes très rapide de ce rapport, je n'y ai vu aucune préconisation digne de ce nom apte à lutter contre ces sectes qui sont pourtant régulièrement citées: la Scientologie, les Témoins de Jehovah et les Raëliens.

Fruit des difficultés de notre temps, les sectes semblent aussi difficiles à combattre que la misère humaine. Que certains pays les reconnaissent en tant "qu'Eglise" ne facilite évidemment pas notre tâche. Qu'un ancien ministre de l'économie et des finances, devenu depuis chef d'état, ait reçu à Bercy celui qui est aujourd'hui considéré comme l'ambassadeur mondial de la Scientologie n'aide pas non plus... Tout comme il en va des propos récents d'Emmanuelle Mignon. A quand le siècle des lumières?
par JF le démocrate publié dans : Société
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Jeudi 3 avril 2008
La condamnation à 3 ans et demi de prison du dissident chinois Hu Jia, fervent défenseur des droits de l'Homme et ardent soutien du Tibet, démontre que le gouvernement chinois entend ne pas plier face à la pression internationale. Tout ceci n'est pas bon du tout, et pourrait laisser entrevoir une grave déstabilisation de l'équilibre géopolitique du monde. L'enjeu pour la communauté internationale est en effet de concilier la défense des droits de l'homme avec la volonté de ne pas entrer dans une "guerre froide" avec la Chine, un concept que l'on pensait complètement oublié depuis la dissolution de l'ancien bloc de l'est.

Bien sûr, on peut penser que le pauvre Hu Jia, dont le seul crime est d'avoir exprimé ses opinion sur Internet, ne constitue qu'un élément de marchandage pour le gouvernement chinois sur la scène internationale. On peut naturellement imaginer un scénario du genre: "on libère Hu Jia, mais en contrepartie vous relâchez la pression sur les revendications tibétaines et un éventuel boycott des J.O".

Comme j'ai essayé de le démontrer dans un précédent billet, le boycott des J.O n'est de toute façon pas une décision à prendre à la légère. Pour des raisons de Real-Politik: liées aux relations économiques que les pays occidentaux entretiennent avec la Chine, liées au fait que la Chine pourrait représenter à terme une grave menace pour l'équilibre du monde. Dans ce jeu de rôle où chacun a sa partition à jouer, il faut je crois - une fois n'est pas coutume - saluer l'avancée courageuse réalisée par Nicolas Sarkozy, celui-ci n'excluant plus un éventuel boycott des J.O, sans toutefois bien entendu le décrêter.

Au vu de la rigidité affichée par le gouvernement chinois, nous sommes peut-être à l'aube d'une crise internationale majeure. Y aurait-il moyen d'y échapper? Le pire dans tout cela, c'est que je crois que la réponse est clairement "OUI", mais que dans la pratique la stratégie d'évitement que je vais tenter d'exposer dans la suite de ce billet se heurte à un autre concept indissociable du monde dans lequel nous vivons: celui du "business", de la "pipolisation" du sport, de l'argent roi.

En effet, quel pourrait être meilleur boycott qu'un boycott "citoyen"? Quelles sont les personnes les plus à même de faire pression sur le gouvernement chinois en refusant de participer aux prochains J.O, si ce n'est les athlètes eux-même? Personnellement, je n'ai encore entendu aucun athlète assumer une décision qui se voudrait courageuse et digne d'être saluée. Tout au plus, en France, parle t-on d'un
"badge" qui devrait être "très parlant", un badge peut-être tout simplement pour se donner bonne conscience. Car il ne s'agit pas non plus de perdre ni la célébrité, ni les contrats de sponsoring si chèrement gagnés...

Le boycott de la part des médias télévisés pourrait aussi constituer une autre alternative. Mais là encore, devant le "fric" en jeu, il ne faut pas espérer de miracle. D'autant plus que les audiences s'annoncent record, car on peut aisément imaginer que lors de ces Jeux un peu "spéciaux", le télespectateur sera à l'affût du dérapage, de l'acte de courage, de résistance oserais-je dire, de la part de tel ou tel athlète.

Bref, ces Jeux seront de toute façon ratés si le gouvernement chinois n'évolue pas considérablement sur ses positions actuelles. Ratés pour tout le monde. Pour la Chine d'abord, pour les athlètes qui y participeront ensuite. C'est normal, comme le dit le dicton populaire, "on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre".
par JF le démocrate publié dans : International
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Dimanche 30 mars 2008
Y a t-il un phénomène de contagion? Alors que depuis quelques semaines la question du pouvoir d'achat est devenue centrale dans l'opinion publique française (et ce ne sont sûrement pas les "défilés" de Carla Bruni-Sarkozy qui en détourneront l'attention), les salariés d'une usine de l'entreprise DACIA, filiale du groupe Renault-Nissan sont en grève en Roumanie.

Fini le temps de la dictature d'un
Ceausescu: la revendication est claire, une augmentation générale de salaire de 50%, ce qui ferait passer le salaire moyen brut de 285 à 435 €. Rien d'exceptionnel dans ce montant, comparable au RMI français.

Je ne connais pas la Roumanie. Peut-être, probablement même, que la vie y est moins chère qu'en France. Alors, caprice des employés roumains? La direction de Renault / DACIA a déjà répondu à cette question. Sans le vouloir explicitement probablement. En effet, face à la demande de ses employés, en faisant une contre-proposition visant à une augmentation de 20% des salaires, Renault / DACIA a laissé l'impression que ses collaborateurs en Roumanie étaient clairement sous-payés, pour ne pas dire exploités. Vous en connaissez en effet beaucoup, vous, des entreprises qui à brûle-pourpoint sont prêtes à octroyer une augmentation générale de 20%? Moi personnellement, je n'en connais pas.

Nous sommes à nouveau confrontés au cynisme à peine voilé dont peut faire preuve le capitalisme lorsqu'il est plongé dans une guerre économique mondiale. Tant que ça tient, ça tient... Et le jour où la corde est trop tendue, on lâche du mou. Triste époque, triste monde, où toute évolution sociale passe obligatoirement par un rapport de force. Nos ancêtres lointains se battaient pour le "feu", nos contemporains se battent pour l'argent. Certains pour en accumuler toujours plus (peut-être même d'ailleurs qu'ils y pensent tous les jours en se rasant!), d'autres simplement pour survivre.

Sur le plan économique, l'élargissement de l'Europe aux ex-pays de l'est repose sur le pari d'un développement "global", c'est à dire tant au niveau des richesses produites que de la redistribution qui est faite dans ces pays aujourd'hui considérés comme "à bas coût", cibles privilégiées des opérations de délocalisation. En ce sens, l'épisode DACIA ne constitue peut-être que le prélude à d'autres revendications, soit en Roumanie, soit dans d'autres pays d'Europe tels que la Pologne. Ainsi en va t-il de l'avenir de l'Europe. Si nivellement il doit y avoir, autant qu'il se fasse par le haut, si toutefois on peut parler de "haut" lorsque l'on observe les niveaux salariaux en question. En l'état, il ne s'agit nullement d'un luxe, mais d'une simple question de décence. Néanmoins, il ne faudrait pas nous voiler la face et crier au triomphalisme: dans la course à la main d'oeuvre "bas coût", il restera toujours à gérer l'épineux problème des pays de l'Asie du Sud-Est.

par JF le démocrate publié dans : International
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Jeudi 20 mars 2008

J.O-P-kin-2008.jpgFaut-il boycotter les Jeux Olympiques?! C'est aujourd'hui la grande question que se posent ceux qui veulent défendre les droits de l'Homme, face à la répression sanglante du gouvernement chinois devant la révolte du peuple tibétain. S'il était aussi simple d'y répondre, je pense qu'une position occidentale conscensuelle aurait été trouvée depuis longtemps... Mais la question est ardue, et faute de pouvoir fournir autre chose en conclusion qu'une opinion subjective, je préfère rappeler à tout un chacun la complexité du problème auquel nous devons faire face.

Pardon par avance si la forme employée rappelle par trop l'aspect du plan d'une dissertation d'un élève de 3ème (en espérant que j'obtiendrai au moins le brevet des collèges!), mais il me semble qu'il est nécessaire de bien cerner, étape par étape,  les différents éléments qui constituent le "problème" tibétain aujourd'hui.

 

1. La réalité de la situation

 

Force est de constater que cette réalité nous est inconnue aujourd'hui à nous occidentaux. La faute au voile "pudique" qu'a voulu jeter la Chine sur ce qu'elle considère probablement comme des "problèmes intérieurs". Un pays qui jette ainsi un voile sur lui-même ou sur une région qu'elle administre n'est aucunement un pays démocratique. Cela est un fait. Sinon, pourquoi aurait-il honte de montrer la réalité? Cette seule constatation suffit, de mon point de vue en tout cas, à condamner définitivement le gouvernement chinois. Il ne faut toutefois pas oublier que dans le prisme déformant des informations que nous, pays occidentaux, avions à notre disposition il y a quelques temps de cela, les "bons" Tibétains menaient des manifestations pacifiques face aux "méchants" Chinois qui les réprimaient avec violence. Depuis, des images filmées par des touristes nous ont démontré qu'en fait de simple manifestations, ce sont de véritables émeutes qui ont eu lieu au Tibet. Pour preuve, ces images, filmées par un touriste canadien, images très dures montrant un Chinois se "faire lyncher" à Lhassa.

 

 

Il y a donc énormément de violence, de part et d'autre, et c'est un facteur que nous devons prendre en compte si l'on ne veut pas appréhender ce qui se passe là-bas dans une simple perspective manichéenne.

 

2. Les arguments en faveur du boycott

 

- En premier lieu et avant toute autre chose, il y a bien entendu l'argument "humain": les Tibétains constituent un peuple opprimé - et ça ne date pas d'hier -, et dans un pays comme la France, qui se veut revendiquer au plus haut les droits de l'Homme, point n'est question de laisser la dictature s'imposer. C'est ce que j'appellerais la "raison du coeur". Forcément subjective, mais ô combien importante et même fondamentale et fondatrice dans tout pays qui se dit démocratique, voire simplement civilisé. La "raison du coeur" est, me semble t-il, un élément primordial dont on doit absolument tenir compte. Car elle est une des composante de la psychologie collective d'un pays. Parce que même un pays tout entier ne peut pas forcément refouler sans difficulté le laisser-faire, quand il est question de massacres de personnes qui se battent (avec violence quand même...) pour leur liberté et même apparemment pour leur seule liberté culturelle.

 

- Ensuite, le blackout complet qui règne aujourd'hui au Tibet. La faute au gouvernement chinois. A force de refuser de montrer ce qui s'y passe, la Chine entretient - à juste raison - tous les fantasmes, en espérant que ceux-ci ne soient pas réalité: une répression sanglante avec des dizaines voire des centaines de morts à la clé.

 

- Enfin, tout simplement, la réputation que s'est forgée la Chine en matière de respect des droits de l'Homme: celle-ci seule est à même, faute d'images, de nous faire penser que la répression contre les Tibétains est effectivement sanglante.

 

Dès lors que l'on habite un pays comme la France, qui paraît-il est un modèle en matière des droits de l'Homme, ou du moins se veut comme tel (peut-être moins depuis le discours du Colonel Khadafi à l'UNESCO mais peu importe), comment supporter, voire cautionner une telle situation? Comment la mettre en parallèle avec la simple annulation d'un rassemblement festif qui doit permettre aux sportifs du monde entier de se mesurer, dans la joie et la bonne humeur, cet été?

 

3. Les Arguments contre le boycott

 

- Les Jeux Olympiques constituent justement un moment festif, un peu hors du temps et de l'Histoire, lors duquel on ne s'affronte que pour le plaisir du sport, et il ne faut en aucun cas priver les sportifs d'un tel évènement. Tel est entre autre un argument du Président G.W Bush pour justifier du non boycott des J.O. Tel est aussi un argument que j'ai déjà entendu en France.

Vous voulez savoir personnellement ce que je pense de cet argument? Il me paraît nul et malvenu, car que pèse une fête sportive face à des massacres?! Que valent humainement parlant des J.O pour lesquels les athlètes sélectionnés, afin de pouvoir y participer, doivent au préalable signer un engagement indiquant qu'ils ne s'exprimeront aucunement sur le thème des droits de l'Homme lorsqu'ils seront sur place? Très franchement, cette soit-disant fête s'annonce gâchée et emprunte de non-dits. Elle sera certes révélatrice, comme chacun peut s'y attendre, des progrès en matière de préparation "pharmaceutique" réalisé par tel ou tel pays, sans doute aussi du "business" qui a envahi le sport de haut niveau, mais est-ce cela l'esprit originel du sport?

 

- Le monde occidental, aussi bien l'Europe que les Etats-Unis entretiennent des relations économiques "privilégiées" avec la Chine. Argument ô combien plus important, qui ne doit pas nous faire oublier que lorsque l'on parle de relations économiques avec la Chine, il ne faut pas perdre de vue le phénomène de la mondialisation. Mondialisation, hélas néfaste voire fatale à combien de nos entreprises? Mais mondialisation oblige néanmoins. Car la Chine représente un milliard et demi de personnes, et parce que si ce pays ne poursuit pas son développement, il risque un jour de se retourner contre l'occident. C'est un fait. Mieux vaut un emploi perdu qu'une vie perdue. Nous sommes là entrés de plein pied dans ce qu'on appelle la "Real-Politik", celle qui ne tient compte d'aucune sensibilité particulière, mais seulement des réalités géopolitiques du monde dans lequel nous vivons. Et la Chine fait peur, autant le reconnaître et l'admettre.

 

- Enfin, ni le boycott des jeux de Moscou en 1980 par les Etats-Unis, ni celui de 1984 par l'ex-URSS n'a donné de résultat satisfaisant. Si l'on veut faire progresser les droits de l'Homme en Chine, alors il faut conserver une certaine harmonie avec le gouvernement chinois. Pas d'action "coup de poing", mais une action dans la durée, pour convaincre petit à petit. Tel est le credo qui fait par exemple le succès d'une Angela Merckel, qui réussit le pari d'avoir un commerce extérieur excédentaire avec la Chine tout en essayant de faire progresser ce grand pays en matière de droits de l'Homme dans le même temps. Ah, cette Angela, si seulement on pouvait nous la prêter en remplacement de notre Nicolas national... Mais, peu importe, je m'égare là.

 

4. Conclusion

 

On se rend vite compte quand on analyse un peu la question, que l'idéal auquel nous aspirons tous je crois, idéal issu de notre propre psychée ou dans le pire des cas de la psychée collective (pour ceux qui ne sont sensibles à rien), se heurte à une chose que l'on appelle la "Real-Politik". Comment dès lors répondre sereinement et objectivement à la question initialement posée? C'est mission quasi-impossible, mais j'ai toutefois la conviction qu'en France nous sommes sur la bonne voie. Je pense en effet qu'il est de la responsabilité de l'opinion publique en général, de l'opposition voire de certains députés de la majorité de "faire monter la pression" quant à la menace d'un boycott. En ce sens, les manifestations qui se sont déroulées récemment à Paris, le positionnement déterminé d'une Ségolène Royal me semblent aller dans le bon sens.

Tout comme me semble aller dans le bon sens la responsabilité actuelle du gouvernement français, qui dans ce jeu de rôles se doit d'être le garde-fou de la Real-Politik, et qui exclut pour le moment tout boycott, sans pour autant en écarter définitivement la menace si les événements venaient à s'agraver.

Ce qui me semble sûr, c'est que gouvernement comme opposition (en y incluant le MoDem) se doivent d'être solidaires en ce moment, comme cela a été le cas lors du déclenchement de la guerre en Irak. A ceci près, que chacun a un rôle distinct à jouer dans le cas présent. A challenge plus important, il nécessite forcément de répondre par un jeu plus fin, plus tactique. Et bien entendu, il convient de laisser par avance toute exploitation politicienne a posteriori de la part des uns et des autres au placard. Laisser monter la pression de l'opinion en conservant toutefois des garde-fous: je crois que c'est le meilleur rôle que la France ait aujourd'hui à jouer devant l'ampleur de ces nouvelles difficultés internationales.

par JF le démocrate publié dans : International
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Lundi 17 mars 2008
Comme beaucoup je crois, j'étais assis hier devant ma TV, zappant de chaîne en chaîne pour prendre connaissance des résultats du 2ème tour des élections municipales. Egalement pour écouter les commentaires, normalement éclairés et éclairants, de personnalités politiques de premier plan. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'en suis ressorti extrêmement déçu, voire désabusé.

Non pas tant par les résultats, qui dans leur ensemble était prévisibles, que par - que le lecteur me pardonne l'expression - la façon qu'ont pu conserver certains politiques de prendre les électeurs pour des "CONS".

Je pense que la palme de la mauvaise foi revient incontestablement à Rachida Dati et Xavier Bertrand, tous deux ex-aequo à mon avis dans l'art de dégoûter nos concitoyens de la Politique, dans ce que pourtant celle-ci devrait avoir de plus noble, j'en reviens toujours à sa définition étymologique - la vie de la cité -.

Comment réussir à nous faire croire que "les Français ont voulu (expression récurrente dans ces cas-là, et qui annonce la mauvaise foi qui va suivre...) par ce vote nous faire comprendre qu'il fallait accélérer les réformes"?

Mesdames et messieurs les politiques, arrêtez de nous prendre pour des ABRUTIS sans cervelle! C'est un peu comme si moi, JF le Démocrate, je décretais que par le scrutin des municipales, les électeurs ont voulu me faire comprendre qu'ils comptaient chacun m'envoyer un euro symbolique, afin que je puisse me constituer un petit pactole... Je ne serais pas contre d'ailleurs. Mais cela est une autre histoire.

On s'étonne du taux d'abstention élevé, du divorce prononcé des citoyens avec la politique, qu'on arrête dès lors de nous prendre pour des imbéciles! Et ceci est valable, tous partis confondus, naturellement en fonction des résultats des élections tant on est habitué hélas à ce type de comportement.

Il me paraît incontestable, comme cela est évident pour tout journaliste, pour tout électeur qui a un QI supérieur à 60 (vous voyez, je descends très bas), qu'outre un résultat local, l'ambiance générale de ces élections a vu un désavoeu de la politique menée par Nicolas Sarkozy, et aussi très probablement de sa façon de faire de la politique. Et c'est ce qui a plombé le score de l'UMP, ce qui a fait réapparaître une nouvelle fois cet effet de balancier, comme nous le connaissons depuis X années.

Ces généralités sur la médiocrité de l'interprétation d'une chose aussi noble que la politique étant dites, et ayant personnellement désormais Rachida Dati et Xavier Bertrand dans mon collimateur, pour des prestations dignes de leurs marionnettes aux Guignols de l'Info, autant parler MoDem, puisque c'est le parti auquel j'ai quand même adhéré en mai dernier.

Force est de constater que les résultats ne sont globalement pas grandioses. Force est de constater aussi que François Bayrou a perdu son combat à Pau. Pour pas grand chose certes, 340 voix, et dans un milieu très hostile. Mais peu importe, il a perdu et même s'il avait gagné avec 340 voix d'avance, je crois que nous devrions quand même nous poser des questions.

Première question à se poser d'ailleurs: qu'est allé faire François Bayrou dans cette élection, alors qu'il est déjà député et chef de parti? HALTE AU CUMUL DES MANDATS. Notre leader n'a t-il pas suffisamment de travail à constituer un nouveau mouvement politique, pour vouloir en plus administrer une municipalité?!

Car la construction effective du MoDem prend du temps, beaucoup trop de temps même. Aujourd'hui, nous disposons de statuts, ainsi que de deux chartes constituées de quelques belles intentions bien vagues... Mais nous ne disposons de rien de plus. Même le Règlement Intérieur, qui doit quand même proposer - sans l'imposer - un modèle de fonctionnement des fédérations, n'a pas vu le prémice du commencement de son élaboration...

La stratégie d'alliance du MoDem a vu également ses limites lors de ces élections, qualifiée d'opportuniste par la plupart des observateurs - un coup à droite, un coup à gauche -, ce qui dénote de l'absence de ligne politique et d'un projet qui n'a pas été réactualisé depuis les élections présidentielles.

Certes, la politique est une affaire de temps, le temps à la manière d'un Sarkozy par exemple, n'est pas forcément l'idéal qui convient à notre pays. Car à force de "zapping" continuel, on ne réalise finalement pas grand chose. Mais le temps d'un Bayrou ne doit pas pour autant être synonyme du temps d'un escargot. Il y a un parti à construire, un projet de société à élaborer. Il ne suffira pas continuellement de critiquer la "monarchie présidentielle" pour aller de l'avant. Bref, il y a énormément de travail à accomplir pour que la vague orange du printemps dernier ne se brise pas sur les côtes, comme elle est en train de le faire en ce moment.

Pour cela, il faut avoir envie de construire, de trouver des idées nouvelles. Bref, il faut TRAVAILLER. Point ne suffit de dire qu'il faut trouver des "automoteurs". C'est François Bayrou en personne qui doit être le moteur de tout cela. C'est son rôle, s'il veut qu'un jour que ce qu'il croit être son destin puisse se réaliser: devenir Président de la République.

par JF le démocrate publié dans : Mouvement Démocrate
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Profil

  • : JF le démocrate
  • : Homme
  • : Normandie
  • : Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.

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