J'ai testé pour vous le dernier
livre de Julien Dray, intitulé "Règlement
de comptes". J'avais en effet envie de dépasser les commentaires que nous donnent les journalistes sur l'état actuel du Parti Socialiste, pour recueillir un témoignage - sans doute
subjectif -, mais venant de l'intérieur du PS. Et puis le titre semblait assez racolleur il faut dire, me rappelant le western "Règlement de compte à OK Coral"...
Je dois dire que sur la forme, j'ai été de prime abord très agréablement surpris par ce livre: Julien Dray écrit bien, son style est agréable et ma foi je trouve d'un très bon
niveau littéraire, tout en demeurant simple à lire et à comprendre. Les sujets abordés le sont de façon claire, nette et précise, ne laissant place à aucune ambiguïté. Point d'espace pour la
mauvaise foi, pour le "noyage de poisson" comme nous en ont habitué nombre de politiciens. Un témoignage à la fois brut mais aussi élaboré de l'état du Parti Socialiste et des raisons de son échec
lors de la dernière élection présidentielle.
Sur le fond, le livre se révèle à la hauteur de son titre: "Règlement de comptes". Effectivement, on s'aperçoit dès la première page que Julien Dray entend régler ses
comptes avec bon nombre (voire la quasi-majorité) des membres du Parti Socialiste. Ainsi il en va de ces pachydermes, "les éléphants"
(y compris Lionel Jospin), ceux-là même, inutile de les citer, qui ont fait "exprès" de faire chuter Ségolène Royal lors des dernières présidentielles. Ainsi, il en va aussi de François Hollande, le premier secrétaire qui n'ose "ni avancer, ni reculer". A ce jeu de quilles, personne ou quasiment
personne n'est épargné.
Toutefois, la lecture des 100 premières pages m'a je dois dire laissé assez pantois: si personne n'est en effet épargné, il ressort néanmoins des écrits de Julien Drayune madone, dont on pourrait croire qu'il ne veut a priori se positionner que comme simple adorateur, je veux bien sûr parler de "Sainte
Marie-Ségolène"...
Mais la deuxième partie du livre, puis rétroactivement certains passages des 100 premières pages, donnent davantage à réfléchir quant aux réelles intentions de l'auteur. C'est ainsi que l'on y
découvre que ce dernier reproche certaines fautes à ce qu'on croyait dans un élan de naïveté être la "Madone" intouchable: ne pas avoir su gérer médiatiquement les émeutes de la Gare du Nord durant
la campagne présidentielle, ou de façon plus large ne pas avoir su faire promouvoir le thème de l'insécurité. Bref d'avoir commis des fautes tactiques, face au maître absolu en la matière, à savoir
Nicolas Sarkozy. Et là Julien Dray de renvoyer Ségolène quasiment au niveau de son ex-compagnon: se montrant incapable d'avancer ni de reculer... Bloquée dans une position
statique, alors que lui-même aurait fait autrement. Et là le lecteur de se rappeler que dans la première partie du livre, l'auteur repproche à DSK de ne pas s'être
suffisamment investi dans la campagne car il aurait pu "crédibiliser" la candidate (pour qui ces mots sont-ils finalement les plus durs?!)
Je ne sais pas pourquoi, mais la lecture de la deuxième partie du livre me rappelle le "jeu" de la Bourse, où il serait tellement facile de gagner de l'argent si
l'on connaissait par avance l'évolution des cours...
Enfin, cerise sur le gâteau, Julien Dray nous livre tous les secrets pour "vaincre" Nicolas Sarkozy lors d'un débat en tête-à-tête: ne pas se laisser prendre au
piège du "zapping", recentrer ce dernier continuellement sur son bilan. De bonnes idées, certes, mais auxquelles je crois bon nombre avaient déjà pensé auparavant...
On le comprend aisément à la lecture de cet ouvrage, Julien Draya des ambitions.
Et pas seulement lorsqu'il se rase, puisqu'apparemment cela ne doit pas lui arriver tous les jours. Ambition de prendre les rênes du Parti Socialiste, ambition peut-être d'une candidature en
2012?
Mais je dois bien avouer que la lecture de cet ouvrage, par ailleurs tout à fait intéressant et que je recommande, ne m'a pas satisfait. Je ne pense pas personnellement que Julien
Dray ait l'envergure d'un "présidentiable". Je crois en fait qu'il n'en a ni l'étoffe, ni la carrure. A le voir transpirer récemment lors d'une émission TV en face du journaliste
Eric Zeymour, je n'arrive pas à l'imaginer en train de "mater" Nicolas Sarkozy lors d'un duel, hors métamorphose de l'un ou choc sur la tête de l'autre.
Personnellement, je pense que l'avenir du Parti Socialiste passe plutôt par des hommes tels que Pierre Moscovici, ..., qui
me semble nettement plus consistant. Que Julien Dray ait un rôle à jouer c'est certain, mais pas forcément le premier... C'est un point de vue strictement personnel, mais que je
partage. -)
Il est 21h30. Les résultats, certes encore partiels du 1er tour des élections municipales sont tombés. Dans l'instant, je me limiterai à un constat général et à
quelques remarques concernant 4 grandes villes.
Constat général:
Bien que le chiffre national réalisé par l'UDF le MoDem ne soit pas encore connu, il me paraît que le score enregistré est particulièrement MEDIOCRE, comparable probablement à celui enregistré lors des dernières élections législatives. Qu'en tirer comme conclusions? Que la fin de l'année 2007 a
vu, dans la douleur, même aux forceps oserais-je dire, la naissance d'un parti radicalement nouveau, le MoDem. Cela est déjà une victoire, car il ne faut pas oublier que de nombreuses entraves
externes ont dû se dresser face à la construction de ce mouvement nouveau, en opposition en
particulier au potentiel présidentiel de FRANCOIS BAYROU en 2012.
Mais aussi, que la mutation de l'UDF vers le MoDem est lente, trop lente... La ligne politique du parti, son
encadrement aussi, ne sont pas encore suffisamment clarifiés pour atteindre les scores électoraux que mériterait un parti qui se dit digne du XXIème siècle. J'ai personnellement la conviction qu'il
faudrait accélérer quelque peu l'allure, car l'échéance de 2012 n'est pas si lointaine.
Le cas de Rouen:
A coup sûr, Rouen demeurera une ville emblématique des présentes municipales. Rouen, berceau du centrisme, qui bascule côté PS dès le premier tour! A marquer dans les annales de cette
ville hautement riche en Histoire. Beaucoup ont critiqué la décision de FRANCOIS BAYROU de se ranger derrière le maire sortant PIERRE
ALBERTINI. Beaucoup avaient prévu une victoire du PS à Rouen. LAURE LEFORESTIER, qui aurait pu recevoir l'investiture
du MoDem, et aurait été à même de composer avec VALERIE FOURNEYRON, la grande gagnante de ces municipales, ne l'a
finalement pas reçue. Quel gâchis pour cette ville!!! Que dire dès lors de la décision qui a été prise par FRANCOIS BAYROU?
- soit, que ce dernier est incompétent, et dès lors n'a pas vocation à occuper la place qu'il occupe dans la vie politique française. Mais ce n'est pas ce que je crois, car l'homme me paraît
hautement intelligent...
- soit, que le poids de CATHERINE MORIN-DESAILLY, sénatrice, membre du Bureau Exécutif du MoDem, présidente de la fédération
MoDem de Seine-Maritime a été trop lourd pour permettre un juste équilibre de la balance. Je pencherais naturellement vers cette deuxième option. Devant un tel camouflet, je ne me
priverai pas par ailleurs de conseiller à cette dame, que je ne connais pas et peut-être ô combien estimable par ailleurs, de démissionner de la présidence de la fédération du MoDem76.
Le cas de Bordeaux:
ALAIN JUPPE a été réélu dès le premier tour. Et cela, je m'en réjouis. A quand son adhésion au MoDem?
Le cas de Lille:
Que le cas de Lille me paraît paradoxal! MARTINE AUBRY, maire sortante, arrive largement en tête avant le
second tour, un second tour qui paraît presque gagné d'avance. Aurait-on oublié que MARTINE AUBRY, aidée il est vrai par LIONEL JOSPIN, est la "fossoyeuse" du Parti Socialiste, de par
l'instauration autoritaire des 35 heures sur lesquelles quasiment tout le monde veut revenir aujourd'hui?! Comment ayant commis une telle erreur lorsqu'elle était ministre, cette dernière
réussit-elle encore à gagner (enfin, ce n'est pas encore fait mais presque) des élections municipales? Il y a décidément des choses qui dépassent toute logique en politique...
Le cas d'Hérouville-Saint-Clair (2ème ville du Calvados):
Contre toute attente, RODOLPHE THOMAS, maire-sortant, a été réélu dès le premier tour. Sans doute a t-il été un bon
maire. Car si au niveau de l'étiquette politique, RODOLPHE THOMAS a remporté cette élection sous le label MoDem, il ne faut pas oublier que ce dernier s'était présenté aux dernières législatives
sous l'étiquette "Majorité Présidentielle", après avoir appartenu à l'UDF. Opportuniste et réactif, toujours prêt à changer de camp en fonction de la réalité du moment? L'avenir le dira.
Personnellement, je déplore que sur son blog on ne trouve même pas le logo du MoDem... Ceci est d'autant plus inquiétant que depuis quelques temps RODOLPHE THOMAS semble tenir les ficelles
du MoDem du Calvados. En espérant que mes inquiétudes soient infondées...
Aujourd'hui, dans quelques heures commencera le vote du premier tour pour les élections municipales. Sans afficher aucun parti pris aucun, comme cela est la règle
déontologique, je ne peux qu'espérer que les électeurs se rendront nombreux aux urnes, quelle que soit leur intention de vote. Car la grosse interrogation qui demeure quant à ces élections est
"quid du taux de participation?"
Espérons qu'il soit au moins à mi-chemin entre le taux (décevant) enregistré lors des législatives et celui (record) atteint lors des présidentielles.
Et je croise les doigts pour une personne en particulier qui se présente dans un petit village (je n'en dirai pas plus).
Dans la foulée de la fête - nécessité oblige - qui doit forcément entourer la publication de mon 100ème billet, je ne puis résister de vous donner le lien suivant:
un lien profondément enraciné UMP, dans tout ce qu'il y a de plus caricatural et aussi de plus navrant selon moi, mais ceci n'est qu'une opinion personnelle.
Quid après les municipales? Cette
question aurait pu laisser pantois il y a quelques mois, voire quelques années, si la situation dans notre pays n'était pas ce qu'elle est actuellement. Bien sûr des lecteurs passagers tels le
fâmeux "Chris", qui sévit comme "slider" à la fois en Haute et Basse-Normandie, pourraient considérer que du fait de mes propos je "ferais mieux de retourner chez papa et maman
dans l'ouest parisien". Cela devrait assurémént faire rire mes amis... Entre parenthèses depuis que je tiens des blogs, c'est-à-dire depuis un an et demi, je n'ai été "insulté" qu'une seule
fois et ce par "Chris". C'est tellement plus facile lorsque l'on ne tient pas personnellement un blog, lorsque l'on n'a pas le courage d'écrire par soi-même, lorsque l'on
ne prend aucun risque, même pas sur Internet... N'est-ce pas Chris?
Cette parenthèse un brin futile et ridicule étant refermée, trêve aux enfantillages. Que se passera t-il au soir des premier et surtout second tours des élections municipales? De multiples scénari
sont en effet possible, allant du plus classique, à savoir une présidence qui fait le "gros dos", en attendant que ça aille mieux, à ce que peut nous prédire l'hebdomadaire Marianne: ni plus, ni
moins qu'un putsch! Et ce de la part de François Fillon.
Examinons rationnellement les choses telles qu'elles transparaissent aujourd'hui: il est de fait que Nicolas Sarkozy tient "d'une poigne de fer" l'UMP, quitte à terroriser certains députés ou certains ministres qui n'osent plus s'exprimer que sous couvert d'anonymat. Il est de fait que la politique d'ouverture
voulue par notre Chef de l'Etat ne ravit pas les élus de la majorité, ce qui humainement est compréhensible: il y a forcément moins de postes à glâner. Il est encore de fait que la côte de
popularité de Nicolas Sarkozy n'a jamais été aussi basse, à 33% d'opinions favorables selon le dernier sondage en vogue, contre 55% à son Premier Ministre. Hors période de
cohabitation, je crois qu'il s'agit tout simplement de du jamais vu sous la Vème République...
D'un côté, nous avons donc un Président AUTOCRATE, qui entend toujours avec quelques conseillers dont les sorties médiatiques n'ont guère été garanties de succès ces derniers temps, tout gérer et
tout décider seul, quitte à commettre d'énormes bourdes (la sortie sur la mémoire de la Shoah en était apparemment une...).
De l'autre, des parlementaires excédés, qui n'ont pas voix au chapitre, qui ne peuvent en l'état exercer leur rôle, et qui sourtout du fait de la baisse de popularité de Nicolas
Sarkozy, risquent de perdre leur fauteuil municipal.
Alors, que va t-il se passer dans un futur proche, sans pour autant me prendre pour Madame Soleil? Je pense que bien évidemment tout dépendra de l'ampleur de la défaite de l'UMP aux
Municipales.
Si cette défaite est "modeste", alors Nicolas Sarkozy aura l'opportunité de changer son mode de gouvernance, de laisser enfin au Premier Ministre les prérogatives qui
doivent être les siennes. Mal lui en prendrait je pense d'en changer, pour par exemple un très (trop) ambitieux Xavier Bertrand, qui de mon point de vue n'a pas la carrure d'un
François Fillon... Ce ne serait je crois que retarder très temporairement sa chute.
Si en revanche, cette défaite est lourde voire très lourde, alors tout peut se produire. La page de garde de l'hebdommadaire Marianne pourrait ne pas être que de la
science-fiction. Le mécontentement croissant des parlementaires UMP vis-à-vis du Président de la République pourrait se concentrer en mouvement de fronde contre ce dernier. Il suffirait alors d'un
mouvement social dans la Rue, pour que tout explose...
Je pense que nous serons dans les semaines à venir dans une période très incertaine, je ne saurais même dire quelle issue (pacification du présent quinquennat ou explosion de la présidence) serait
la plus favorable à la France, car c'est quand même le destin de notre pays qui doit nous préoccuper avant tout.
Une chose est sûre: Nicolas Sarkozy, par sa maestria, nous a amenés dans des périodes troubles que depuis longtemps nous n'avions pas connues...
:
Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.
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