Les prochaines élections municipales s’annoncent très peu palpitantes. En premier lieu, parce que le taux de participation risque d’être très faible. Le Président de
la République s’est sans doute beaucoup trop avancé en annonçant que la campagne présidentielle de 2007 avait réconcilié les Français avec la politique. Avec la politique peut-être, dans son sens
le plus noble du terme, étymologique - la vie de la cité -. Mais avec « les politiques », probablement pas… Plus sûrement, la participation record enregistrée en avril et mai dernier
était probablement due à deux facteurs : le syndrôme « Le Pen » de 2002 et la personnalité même de Nicolas Sarkozy qui suscite toutes les passions: soit on
l’adore, soit on le déteste (au passage, il paraît qu'il s'est marié ce matin). Forcément dans ces cas-là, on va voter. Mais les législatives qui ont suivi ont déjà démontré que nos concitoyens
ne s’étaient pas durablement réconciliés avec la fréquentation des urnes. Il risque d’en être de même en mars prochain.
En second lieu, pour le MoDem, ces municipales risquent d’être très compliquées. Hormis à Pau, le MoDem n’est en mesure de remporter la mairie d’aucune grande ville de France. Seuls des
strapontins sont accessibles, en faisant alliance - théoriquement au second tour, c’est en tout cas la ligne politique initialement fixée par François Bayrou - avec les uns ou
les autres. Avec les uns ou les autres, cela veut dire avec l’UMP ou le PS, qui je le rappelle ne sont ni l’un ni l’autre les acronymes de quelque maladie honteuse… Certains auraient en ce moment
parfois tendance à l’oublier, c'est pourquoi il me semble qu'il est toujours bon de le rappeler.
Dans la pratique, les alliances se nouent visiblement dès à présent. Au grand jour parfois : c’est le cas de Bordeaux, de Dijon, de Rouen, ç’aurait pu être le cas de Lyon si des
« Millonnistes » n’étaient venus troubler le jeu au sein de la liste de Dominique Perben, forçant ainsi François Bayrou à exiger une candidature MoDem
indépendante au premier tour. Car heureusement, il n’est pas question de s’encannailler avec des personnes proches du Front National. Le RPR de Jacques Chirac ne s’y est jamais
résolu, pourquoi le MoDem le ferait-il ? Ceci a, comme chacun l’aura peut-être constaté, provoqué ce jour la démission de
Michel Mercier de la présidence de la fédération MoDem du Rhône. Mais bien souvent, ces alliances de premier tour se font se façon plus subtilement « cachée », parfois
tellement bien « cachée » - secrets de polichinelle - que l’on peut se demander si l’emploi du terme « subtil » est d’ailleurs vraiment adéquat…
Des considérations tactiques au sein même du MoDem viennent en outre compliquer un peu plus encore le « jeu ». C’est la quadrature du cercle qu’on demande là à François
Bayrou ! En effet, il ne faut pas se leurrer, même si l’UDF depuis son congrès extraordinaire du 30 novembre dernier n’est plus qu’une coquille vide, dans la pratique ses us et
coutumes, pour certaines dignes du XXème siècle mais aucunement du XXIème, n’ont pas disparu. Bien au contraire. Un peu partout en France, il semble que des gens liés par trop à leur historique
de centre-droit, parfois peu fiables pour certains, aient pris le pouvoir dans les fédérations départementales. François Bayrou se trouve donc placé aujourd’hui devant
une double obligation : obtenir des élus, car il en aura besoin, et aussi pour parler vulgairement « envoyer au casse-pipe » d’autres
personnalités afin qu’elles pèsent à l’avenir moins sur le MoDem, dont la conception n’a pu hélas se faire sans concession. C’est en tout cas mon analyse personnelle.
La fameuse phase transitoire, qui a fait couler tellement d'encre et provoqué le mécontentement de nombre de nouveaux adhérents, va durer 3 ans. Les prochaines échéances municipales peuvent être
l'occasion de mettre en place un premier filtre. Mais le grand problème de François Bayrou n'est-il pas celui-là aujourd'hui: comment concilier deux exigences
contradictoires?
par JF le démocrate
publié dans :
Mouvement Démocrate
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