Mardi 20 mai 2008
Non pas par fainéantise, mais parce que je crois l'article de grande qualité, je me contenterai aujourd'hui d'encourager mes lecteurs à aller lire l'article signé Luc Mandret et intitulé "La société de l'éphémère", article en date du 19 mai 2008.

Car je crois qu'avec ses mots et son style, l'auteur a su parfaitement cerner un des travers majeurs de notre société du début du XXIème siècle, toujours prompte à se réfugier dans l'instantané, ... parfois au détriment du futur.

Bonne lecture à tous.
par JF le démocrate publié dans : Société
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Lundi 19 mai 2008
Suite et fin de cette analyse très personnelle qui vise à identifier certaines causes du déficit d'exportation enregistré par les entreprises françaises. Dans la première partie, je mettais l'accent sur le problème de la langue, et en particulier de la maîtrise de l'Anglais, qui bien qu'en progrès me semble encore très insuffisante dans notre pays. Car n'oublions pas que la nécessité de l'Anglais n'est pas dans une entreprise l'apanage des seuls commerciaux: lorsque l'on veut vendre un produit à l'exportation, toute notice ou autre document technique devra lui aussi être rédigé dans la langue de Shakespeare. Outre les échanges commerciaux, à moins d'avoir recours à grands frais à un traducteur, tous les échanges techniques devront donc également se faire en Anglais. C'est je crois un point sur lequel il convient d'insister tout particulièrement.

2. Les vraies / fausses entraves à l'exportation

Parmi les arguments qu'on nous rabache pour justifier des difficultés rencontrés par les entreprises françaises à l'export, il en est deux, couramment cités sur lesquels je voudrais revenir dans le détail, quitte à partiellement tordre le cou à certaines affirmations qu'on voudrait parfois nous faire croire comme la cause de tous nos problèmes.

La parité euro / dollar
Accusée de tous les maux, la parité euro / dollar est aujourd'hui présentée comme étant l'un des principaux freins vis-à-vis des capacités d'exportation française. Et dans une certaine mesure, c'est vrai. C'est vrai pour certains secteurs d'activité, dont en particulier celui de l'aéronautique. Les ventes d'avions Airbus souffrent d'un dollar trop dévalué par rapport à l'euro? C'est un fait indéniable. Les compagnie aériennes achètent en dollars des produits dont les coûts de fabrication sont eux comptabilisés en euros, pour ce qui concerne Airbus par exemple (dans l'attente de ce qui paraît, hélas, presque irrémédiable dans les années à venir: une délocalisation partielle des sites de production d'Airbus dans la "zone" dollar). Mais posons-nous quand même une simple question: ce qui vaut règle pour l'aéronautique est-il universel? A cette question, la réponse est clairement NON. Car quand l'on parle d'exportations, on parle également de la zone euro, ou plus simplement de secteurs d'activités autre que celui de l'aéronautique, des secteurs d'activités au sein desquels les ventes - même au "grand export" - se font souvent en euros. Je connais bien par exemple le secteur de la défense, assez proche de par sa nature "high tech" de celui de l'aéronautique civile. Et je peux vous assurer que les ventes à l'export dans ce secteur peuvent très bien se faire en euros... A moins de vouloir vendre aux Etats-Unis bien sûr.
Preuve en est encore la performance exceptionnelle enregistrée par l'Allemagne en matière d'exportations. Pourtant, nos voisins allemands disposent-ils d'un euro différent du nôtre?

La compétitivité des industries françaises
Encore une idée au moins partiellement préconçue à laquelle il convient de "tordre de le cou". Bien évidemment, et heureusement d'ailleurs, on ne pourra jamais décemment comparer les taux horaires des entreprises françaises (c'est à dire le coût de revient à l'heure du travail en France pour une tâche donnée), avec ce que peuvent aujourd'hui offrir certains pays émergents, dont les salaires sont misérables, et dans lesquels aucune protection sociale n'est assurée. Mais il ne faudrait par pour autant croire que la France est un pays qui souffre du mal de la compétitivité. La preuve en est donnée par
le lien suivant, qui s'il démontre que la France est assurément leader en Europe pour ce qui concerne les charges patronales, son coût du travail, et ce malgré l'instauration malheureuse de la loi sur les 35 heures (désolé, mais c'est chez moi comme une idée fixe...), reste plus que comparable à celui de nos voisins européens.
Pour terminer sur ce thème, n'oublions-pas que la notion de compétitivité n'est aucunement une notion purement financière: il s'agit en effet, et est perçu comme tel dans le monde industriel, du résultat d'un compromis entre qualité et prix. Avez-vous déjà acheté un jeu d'échecs au Maroc? Tel est mon cas. Vous pourrez y trouver des échiquiers apparemment superbes, pour trois francs six sous. Mais un mois après être revenu en France, il est possible que votre échiquier commence à se déformer, à se crevasser, ... et alors vous vous rendrez compte au final que vous n'en avez eu que pour votre argent! Simplement, parce que le bois utilisé pour la confection de ce que vous acheté n'était pas encore sec. Et qu'il a séché chez vous tout simplement... "Le moins cher n'est pas toujours le meilleur marché", ai-je souvent entendu dire. C'est dans cette optique de "meilleur marché" qu'il convient d'entendre le terme "plus compétitif".

3. La vente à l'export: une prise de risques certaine

Ne nous leurrons-pas, toute vente à l'exportation est infiniment plus délicate à gérer qu'une vente purement "nationale". Car outre le problème de la langue, il en est d'autres qu'il faut savoir gérer:

- les différences culturelles: celles-ci peuvent se manifester outre des différences de tempérament entre personnes (mais n'est-ce pas déjà le cas en France entre Nord et Sud, notamment lorsqu'on visionne "Bienvenue chez les Ch'tis"?), par des différences de culture à un niveau "business". Ce n'est malheureusement pas qu'un lieu commun: au niveau "business" (à savoir crûment "faire du fric", ou de façon plus politiquement correcte "savoir faire des affaires, et gagner de l'argent"), la mentalité française est sans doute en retard par rapport à certains de nos voisins européens.  (c'est mon point de vue personnel en tout cas). Ainsi en va t-il des pays anglo-saxons, dont la culture contractuelle et du "business" n'est plus à démontrer, qui font des affaires là où nous Français, attachés à la rigueur technique et à notre anglais parfois "pitoyable", ne savons aucunement gérer la situation.

-
les particularités de l'export: ne faisons-pas fausse route, vendre à l'export constitue un challenge bien plus périlleux et bien plus risqué que vendre au national. Outre le problème de langue, il faudra en effet être prêt à faire face aux différences culturelles citées ci-avant. Aussi, dans un premier temps, il vous faudra faire face à une culture "contractuelle", celle-là même que l'on a sans doute trop oubliée dans notre pays ces dernières années... Il faut savoir en effet que parfois un seul gros contrat à l'export qui n'est pas bien "bordé", peut vous valoir les pires déboires. Et ce n'est pas une entreprise comme GIAT, qui a naguère vendu le charc Leclerc aux Emirats-Arabes-Unis qui me contredidera. Un contrat qui peut constituer en un engagement pour de nombreuses années, s'il est généralement porteur de bonnes nouvelles financièrement parlant - et peut-être aussi lorsqu'on s'abstient d'en évaluer tous les risques -, peut vite devenir un cauchemar. Cauchemar qui ne serait pas intervenu avec des clients français (à savoir l'Etat dans le cas présent): car on les connaît, car on a l'habitude de parler avec eux, ... parce qu'on sait aussi qu'ils ont besoin de nous, et donc parce que nécessairement on pense qu'ils n'appliqueront jamais un contrat au pied de la lettre.

Ces quelques éléments, basés sur un ressenti personnel au vu d'évènements perçus ou vécus (non écrits explicitement dans le texte, pudeur et déontologie obligent), me semblent toutefois mener à une conclusion élémentaire, mais que je pense il est haut et fort de rappeler: pour faire de l'export, il faut nécessairement être en premier lieu à même de comprendre la culture du pays et des entreprises avec lesquels nous dicutons, pas seulement pour son propre enrichissement personnel - même si cela compte aussi -, mais tout simplement afin que "tout se passe bien" lors de la réalisation du contrat signé. A ce titre, de nombreux déplacements sont naturellement à prévoir. Pour de gros contrats d'exportation, une présence régulière chez le client est même plus que souhaitable.

4. La nécessité d'atteindre une taille critique

Au vu de ce que j'ai pu indiquer dans le paragraphe précédent, afin de pouvoir répondre aux exigences propres liées aux marchés à l'export, je déconseillerai personnellement a priori à toute entreprise qui n'a pas une taille suffisamment importante de se lancer dans des aventures à l'export. Hors fourniture de biens d'équipement qu'on appelle "sur étagère" car ne nécessitant aucune modification de conception par rapport à leur définition initiale, il faudra en effet être capable de gérer une phase de développement d'un produit (conception et certification), en étroite liaison avec le client à l'exportation. Ceci sous-entend qu'il faudra disposer des ressources adéquates, en particulier au niveau humain, pour être à même de faire face aux différents problèmes qui pourront être rencontrés: qu'ils soient techniques, d'origine culturelle, ou de nature commerciale ou contractuelle.

A ce titre, je pense personnellement qu'un nombre de 100 à 200 employés constitue un bon indicateur pour ce qui concerne la taille critique à atteindre par une entreprise de production de biens, avant de se lancer sur les marchés à l'exportation.

5. Quels produits pour quels pays export?

Si l'Allemagne est mondialement reconnue pour certains de ses biens d'équipement (machines-outils, automobiles, électroménager haut de gamme, ...), lui permettant ainsi de conquérir de nombreux marchés à l'exportation (Volkswagen est le constructeur automobile le mieux implanté en Chine par exemple, très loin devant Renault ou PSA), qu'en est-il de la France?

Quels sont les produits français "sur étagère", que l'on pourrait proposer à l'export avec un avantage concurrentiel substantiel, qu'il soit lié au prix ou à la qualité sous-jacente à la marque? En quelques mots, quelles sont les "spécialités" industrielles françaises?

Personnellement, je reste un peu dubitatif devant cette simple question, qui constitue peut-être le noeud du problème initialement posé. Il y a certes l'Aéronautique, les fameux avions Airbus, chaqu'une de leur vente ces dernières années ayant fait l'objet de communications très médiatisées, comme pour nous persuader par la méthode "Couet" que la France est un grand pays qui exporte... Au même titre, je rangerai le TGV. Ce sont là en effet de belles réussites industrielles, même si elles n'ont pas été réalisées dans un cadre uniquement franco-français. Il y a aussi le nucléaire civil, et les succès enregistrés par AREVA...

Mais à part ces symboles, il y a quoi? La haute couture et la gastronomie?! Faute de la mise en oeuvre ces 20 dernières années d'une véritable politique industrielle en France, qui aurait dû privilégier les secteurs d'activité les plus porteurs, ceux sur lesquels nous étions leaders (je pense au hasard à l'industrie de la chaussure haut de gamme, lentement mais sûrement en train d'agonir), les bonnes intentions (cf la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange), parfois les soutien étatiques, ne se sont manifestés que de façon opportuniste (avec pour motivation profonde au moins autant le "faire voir" que la "volonté d'âgir"), rejoignant ainsi un tempo que ne renieraient certainement pas les marchés financiers...

Mais où se situe la stratégie industrielle là-dedans? Personnellement, je n'en vois guère plus que l'ombre d'un soupçon... Alors après, il est bien évidemment facile de dire qu'il faut favoriser la création d'entreprises, car c'est un fait, nous Français ne produisons quasiment plus rien. Mais dans l'état actuel des choses, quoi fabriquer et pour qui?! Voilà une réponse concrète que personnellement j'attendrai de la part de notre gouvernement. Certains pourront juger que ce n'est pas à l'Etat à intervenir dans ce domaine. Je prends acte de cette contradiction. Mais dans ce cas, je ne puis que me poser la question: où sont-ils ces grands chefs d'entreprises qui jadis ont su constituer des empires industriels, créateurs d'emplois et de richesses pour le pays? Personnellement, j'ai beau scruter l'horizon, malgré des revenus qui semblent exploser pour certaines personnes (via des coups financiers ou pire des délits d'initiés), je n'en vois plus l'ombre d'une trace dans notre pays... Oui, je pense que la France est lentement mais sûrement en train de se désindustrialiser. Quel gâchis!


par JF le démocrate publié dans : Divers
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Mardi 13 mai 2008
En 2007, la Balance commerciale de la France aura atteint un déficit record de près de 40 milliards d'euros. Ceci signifie concrêtement que nous importons 40 milliards d'euros de biens (les services ne sont pas pris en compte dans la comptabilité nationale) de plus que nous exportons.

Dans le même temps, en 2006, sur une période de 12 mois, l'Allemagne a elle réalisé un excédent commercial de plus de 160 milliards d'euros. Le différentiel est énorme, et si l'on s'abstient de regarder en détail les différences qu'il peut y avoir au niveau strict des importations entre France et Allemagne (mon raisonnement est peut-être faux dans le détail, mais "à la louche", les importations allemandes subissent elles aussi le contre-coup du cours "abradacabrantesque" du baril de pétrole, et de la flambée des matières premières de façon plus générale), cela signifie en première approche que les entreprises allemandes exportent chaque année pour environ 200 milliards de produits de plus que les nôtres.

Quitte à rêver, à se pourvoir en de belles intentions (quel gouvernement en France n'a pas encore dit qu'il fallait favoriser l'exportation?), il ne tient qu'à nous d'imaginer si à notre PIB nous ajoutions ces 200 milliards d'euros d'exportations qui nous manquent, et quel résultat en terme de croissance cela pourrait engendrer. Non, vous ne rêvez pas, sur la base du PIB français enregistré en 2006 (environ 1800 milliards d'euros), ce sont à plus de 10 points de croissance auxquels nous pourrions de façon théorique, c'est à dire purement comptable, accéder dans les années à venir si nous savions aussi bien soigner notre commerce extérieur que nos voisins allemands. Sans compter les retombées sous-jacentes en matière de politique étrangère par exemple: pourquoi Angela Merckel peut-elle se targuer d'une liberté de parole vis-à-vis du respect des droits de l'Homme en Chine, alors que Nicolas Sarkozy n'a quasiment aucune liberté de manoeuvre? Parce que l'Allemagne est un gros fournisseur de machine-outils pour la Chine, des machines-outils (Ah, la maîtrise allemande en ce domaine peut faire rêver c'est vrai...) indispensables au développement économique du pays le plus peuplé et aussi le plus en voie d'émergence au monde. La réponse est aussi simple que cela.

Mais si la route reste et restera toujours pavée de bonnes intentions, quelque soit sa "pente" (je me souviendrai toujours de cette "
Raffarinade" de base: "La route est droite, mais la pente est dure"), point n'est question de se contenter de déclarations de bonnes intentions, ou de certains effets d'annonces. Ainsi, il y a quelques temps j'ai pu lire dans le quotidien Le Monde (article hélas archivé depuis) que notre ministre de la Défense, Hervé Morin, voulait simplifier le processus, pour les entreprises de Défense, visant à obtenir des autorisations d'exportation de la part du gouvernement français (la délivrance de telles autorisations passant par la consultation de plusieurs ministères, ce qui en rend les délais de délibération très longs). Est-ce cela la solution miracle dans ce secteur particulier d'activité? Aucunement, hélas. C'est une bonne idée de vouloir procéder à ces simplifications administratives, mais en tout état de cause, à moins que je n'ai vraiment raté quelque chose lors de ma première partie de vie professionnelle, elle ne devrait aucunement se montrer significative vis-à-vis des capacités de vendre à l'export des produits de Défense français. Sur ce point, je suis prêt à y mettre ma main gauche à couper, ... bien que je sois gaucher.

Car je crois personnellement qu'il faut aller bien au-delà de vagues intentions qui ne se révèlent en finale que l'ambition d'obscurs effets d'annonce: il faut vraiment chercher à savoir pourquoi nos entreprises ne sont pas plus compétitives à l'export, ou pire rechignent à exporter. Pour cela, je pense qu'il faut isoler certains facteurs-clés, qu'on pourrait qualifier de "structurels", hélas inhérents à notre économie, à notre culture aussi.


1. Le problème de la langue

Ce n'est un mystère pour personne, quelque soit le pays du monde avec lequel vous traitez commercialement, les discussions ou autre négociations, les contrats signés le seront toujours en ANGLAIS. Il ne faut aucunement se voiler la face: l'Anglais est et demeurera la langue incontournable dans le commerce international. Faut-il pour autant laisser tomber le Français? Non, bien sûr, mais il me semble que l'une des priorités de l'Education Nationale aujourd'hui devrait être l'enseignement de l'Anglais, à défaut de toute autre langue étrangère. Je n'ai personnellement rien contre l'enseignement de langues régionales aujourd'hui quasiment oubliées, ou alors du latin et du grec, mais je pense qu'il faut savoir demeurer pragmatique dans un monde qui par nature (mondialisation oblige) se comporte lui-même de façon pragmatique. La maîtrise de l'Anglais est peut-être la meilleure arme que des parents peuvent aujourd'hui donner à leurs enfants pour les aider à s'insérer dans une économie mondialisée. Loin, très loin est j'espère derrière moi le temps où au collège, on orientait en classe de 6ème les meilleurs élèves vers des classes où l'Allemand était enseigné en 1ère langue vivante, rejoint 2 années plus tards par des "ersatzs", l'Anglais, le Latin et le Grec ancien. J'ai personnellement été la victime de ce DESASTRE EDUCATIF- je ne vois pas d'autre mot pour qualifier cet état d'esprit -, aussi, je crois, puis-je en parler en connaissance de cause.

Alors que seul l'Anglais (outre le Français bien entendu) m'est nécessaire aujourd'hui, je me souviens en effet que lorsque j'étais élève de 3ème, je n'en avais pas moins 38 ou 39 heures de cours par semaine, dont 3 étaient consacrées à l'Allemand, et 4 ou 5 au latin ou au grec! Quel gâchis... Il faut savoir s'adapter au Monde tel qu'il vient et surtout tel qu'il viendra, et à ce titre je dois bien reconnaître que l'Education Nationale, de mon temps du moins - et cela remonte aux années 80 -, n'a pas su faire face à ce challenge (hors cas particuliers liés à des élèves voulant faire des études purement littéraires, ce qui n'était aucunement mon cas, car j'étais simplement un bon, voire très bon élève en à peu près tout - sans modestie aucune garder - mais avec quand même une prédilection vers les maths...). A ce titre, je lui imputerai volontier le délit de "NON ANTICIPATION". Ironie du sort, et de ma part aspect conclusif à cette affaire, je dois dire que par le passé j'ai eu à plusieurs reprises à travailler avec des entreprises allemandes. Et que tous les échanges, aussi bien oraux qu'écrits, se sont faits ... en Anglais! J'ai même un jour eu un entretien d'embauche avec un Allemand qui aurait pu être mon directeur dans le cadre d'une organisation franco-allemande: entretien d'une heure et demie, ... entretien en Anglais bien sûr...

Je ne sais quelle est la position du Ministère de l'Education Nationale aujourd'hui: je me souviens seulement de la volonté somme toute assez récente de la part d'un Jack Lang de vouloir
réhabiliter les langues régionales. Et pourquoi pas le "Ch'ti" tant qu'on y est?! Avec le succès (galvaudé voire usurpé selon moi) de "Bienvenue chez les Ch'tis", pourquoi en effet, ne proposerions-nous pas à nos collégiens d'étudier essentiellement le Ch'ti lors de leurs années de collège? Une idée "démaguo", voire absurde, comme une autre... En attendant de voir le premier contrat commercial rédigé en "Ch'ti", je ne puis hélas que constater les dégâts que je crois la majorité de nos concitoyens auront pu constater: il est un fait, nous Français, sommes généralement "nuls" en Anglais. Nuls en comparaison de ce que peut-être la pratique de l'Anglais chez nos voisins. Je pense avant tout aux Néerlandais, aux Allemands, aux Espagnols (même si l'accent gêne énormément...), et aux italiens dans une moindre mesure. Et ce n'est ni notre Président de la République (rétamé à Sciences Po du fait d'une note éliminatoire en Anglais), ni notre Premier Ministre (pourtant marié à une anglophone), qui pourront me faire une quelconque remarque sur ce point.




Après le Président, voici le Premier Ministre...



Suite au prochain numéro...


par JF le démocrate publié dans : Divers
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Mercredi 7 mai 2008
Juste un petit billet pour vous faire part de mes statistiques sur ce blog. Non pas en terme de temps passé sur chaque page, ni recensant les adresses IP's qui ont pu accéder à mon blog. Car cela personnellement, je m'en contrefous! Je ne suis pas à la chasse au lecteur comme certains peuvent être à la chasse au lion, mais en revanche, tels que - hélas - certains logiciels peuvent fournir ces données (il faut le savoir! En ce sens, si vous voulez conserver un peu de confidentialité sur le web, je ne peux que vous encourager à avoir recours à des serveurs "proxy" aptes à déjouer ces logiciels de "traquage": vos "pisteurs" vous croiront dans le pire des cas anglais ou américains! -). Par contre, et ça me paraît bien naturel, je suis curieux de savoir lequel de mes articles peut retenir le plus l'attention de mes lecteurs (données fournies naturellement par Over-Blog, sans recours à un quelconque logiciel externe et donc sans enregistrement des adresses IP je tiens à le préciser). Et ces trente derniers jours, c'est incontestablement l'article "Faut-il boycotter les jeux de Pékin" qui aura reçu le plus de visites et de façon très ample par rapport aux autres, à savoir 523 lectures exactement (en moyenne presque 10 fois plus que les autres articles!).

Dans la mesure où la rédaction de cet article m'aura pris pas mal de temps (il faut bien le reconnaître...), j'ai plaisir à constater qu'il aura été assez largement (tout est relatif bien sûr) lu. En ce sens, le travail "paye" quelque part. Et je tiens à remercier mes lecteurs pour leur discernement... Preuve qu'ils ne s'intéressent pas à quelques "fioritures" de fond de scène, mais qu'ils attendent sur ce blog de vrais articles, pouvant susciter leur curiosité intellectuelle.

Devoir à moi ensuite d'écrire les dits articles, ce qui n'est pas toujours aisé...
par JF le démocrate publié dans : Témoignages personnels
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Mardi 6 mai 2008
Il est prêt de 23 heures en ce mardi 6 mai 2008. Aussi, je crois que j'ai à peu près respecté les 24 heures de silence (une minute n'eut pas suffi face à un tel désastre...) que je préconisais dans mon précédent billet, ceci afin de fêter dignement la première année de règne de Nicolas Ier.

Il est dorénavant temps de nous préoccuper de problèmes qui dépassent de loin le cadre de notre minuscule cadre national. Car il ne faut jamais oublier que nous ne sommes nous Français que 63 ou 64 millions (en attente des prochains chiffres officiels) parmi les quelques 6 milliards d'habitants de notre planète. Autant dire que nous ne représentons guère qu'un pour-cent de la population sur Terre... De quoi nous ramener, malgré notre fierté nationale légendaire, à notre juste niveau.

Certes, la crise alimentaire mondiale qui sévit actuellement, ne nous touche guère que sous la forme d'une augmentation du prix des denrées alimentaires que nous consommons. Augmentation du prix des céréales, des produits laitiers et des fruits et légumes en particulier. Augmentation - certes plus légère - de tout ce qui touche à l'alimentation en particulier, car l'une des bonnes vieilles règles du marché est ainsi faite: lorsque quelque denrée augmente et se fait rare, du fait de la demande qui se reporte sur d'autres produits, forcément le prix de ces derniers augmente également...

Outre cette loi implacable du marché qui ne s'applique pas seulement aux marchés monétaires, des actions, ou à celui de l'or, ... mais plus généralement aux matières premières (pétrole, gaz, céréales), même quand celles-ci sont dites de "première nécessité" (je veux bien entendu parler du maïs et du blé), il existe une spéculation qui alimente ces différents marchés, inutile de dire contre toute notion de morale bien sûr. Ainsi, je viens récemment d'apprendre qu'il existait la possibilité de vendre du blé "à découvert" (c'est-à-dire sans en posséder, mais en spéculant sur sa baisse et ne possédant qu'un simple bout de papier en tout et pour tout, le rachetant au bon moment pour engranger des plus-values, ... sans avoir jamais réellement possédé de blé). Cela peut paraître étonnant, scandaleux même: c'est néanmoins ainsi, que dans un but affiché d'efficience est élaborée la loi des marchés du capitalisme moderne.

Autant prendre la situation avec un cynisme que je ne repprocherai en aucun cas, tant il est révélateur de la soumission à une loi des "marchés" qui est bien supérieure, et considérer comme telles les paroles tenues par le Président de la société de grande distribution Super U, qui dimanche dernier lors de l'émission
Ripostes (France 5) déclarait: "il y a des gens qui font du blé sur le blé". Le jeu de mots n'est sans doute pas opportun, surtout quand il vient de la part d'une personne qui n'a très probablement aucun problème de pouvoir d'achat, elle est même maladroite oserais-je dire en matière de communication, mais force est de constater qu'elle n'exprime que la réalité.

Plus tendancieux sont en revanche les propos tenus lors de la même émission par le même PDG ainsi que par notre ministre actuel de l'Economie: Christine Lagarde. La loi de Modernisation économique, visant à laisser les distributeurs négocier librement avec leurs frournisseurs serait favorable pour tout le monde. Favorable pour le consommateur, car permettant de baisser les prix, favorable pour le distributeur car lui permettant de mettre fin à ces fameuses marges-arrières, où ce dernier était obligé de "planquer ses bénéfices", favorable aux producteurs aussi. Certes, on a pu constater récemment que Xavier Darcos, pourtant ministre de l'Education Nationale était incapable de faire "une règle de trois" - une notion tellement élémentaire que l'on apprend pourtant en classe de 4ème ou de 3ème - (vu au zapping de Canal Plus), il ne faudrait pas pour autant nous prendre pour des imbéciles Madame le Ministre! Si les prix baissent effectivement, sauf augmentation de cadence de production visant à les compenser, il y aura forcément des perdants. C'est tout simplement mathématique... Et faute de représentants des producteurs ou de ce qu'on qualifie les "transformateurs" sur le plateau de l'émission, je suis prêt à parier que ce seront eux les dindons de la farce.

Mais peu importe, ces disgressions purement franco-françaises nous éloignent du sujet initial: les émeutes de la faim ont-elles une cause structurelle ou plus simplement conjoncturelle? Les experts semblent divisés sur ce sujet. Pour une fois, je suis prêt à suivre la cause d'un Claude Alègre, qui prédit que ces émeutes ne constituent que le début de ce qui pourrait être annonciateur de famines ou de guerres dans un futur pas si lointain que ça: guerre de l'eau en premier lieu, car entre irrigation des surfaces cultivées et réponse à la simple "soif" de certaines populations d'Afrique, il faudra choisir...

A cela il faut rajouter le problème posé - je crois judicieusement naguère - par Jacques Attali: "comment en 2050 faire face à 9 milliards d'habitants dont la moitié vivra sous le seuil de pauvreté"?

Personnellement, mon opinion est toute faite et depuis bien longtemps déjà. Le monde n'a pas su, tant au niveau de sa demande énergétique que celui de sa demande alimentaire - ce qui est encore bien plus grave - faire face à la démographie galoppante de notre planète. Nous, pauvres Européens, finalement "bien servis" avons encore l'audace pour certains de croire que tout s'arrangera dans le futur, dans le meilleur des mondes... Visiblement, nous aimons les romans à l'eau de rose, façon Barbara Cartland. Car je crois personnellement, au vu de simples chiffres - 6 milliards d'habitants aujourd'hui sur Terre, 9 milliards prévus en 2050 -, que ceux qui pensent que la crise alimentaire actuelle n'est qu'un "événement conjoncturel" sont de doux rêveurs, ou tout simplement de mauvaise foi. Je crois au contraire que nous aurons dans les années à venir à faire face à l'une des crises les plus importantes à laquelle aura jamais eu à faire face notre planète. Et même, je pèse mes mots. Car quand des milliards d'habitants affamés débouleront chez vous, vous qui êtes encore "emplis de richesse", que ferez-vous?!

Je pense qu'il est vraiment temps, au niveau mondial, de prendre la mesure de ce que pourrait être le futur de l'humanité. Nous serons coupables si nous ne faisons rien pour y remédier, si nous considérons une fois de plus que les crises qui sévissent à Haïti ou autres pays affamés, ne sont que le fruit d'une conjoncture "mal-lunée". Ouvrons grand les yeux, prenons conscience de la réalité des chiffres - projections réalistes dans le futur -, et enfin décidons-d'agir! Pour une fois au moins, nous aurons fait preuve d'anticipation, capacité qui manque cruellement à notre monde.
par JF le démocrate publié dans : International
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Profil

  • : JF le démocrate
  • : Homme
  • : Normandie
  • : Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.

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