Mardi 11 septembre 2 11 /09 /Sep 18:56
Je ne m'intéresse guère au rugby. Pas plus qu'au foot d'ailleurs, hormis lorsque la France arrive en finale de la coupe du monde. Pour tout dire, mon sport préféré est le cyclisme, qui bien plus qu'un sport fait la promotion d'un mode de transport digne des défis écologiques du XXIème siècle. Avec le vélo, plus de dioxyde de carbone, un moyen de locomotion à la portée de tous, et suffisamment rapide si l'on suit un programme physique et pharmaceutique bien adapté, comme il l'est démontré chaque année lors du Tour de France.

Peu importe le vélo, je voudrais parler aujourd'hui de rugby et de politique. Je n'ai pas suivi le premier match de l'équipe de France lors de l'actuelle coupe du monde organisée sur notre sol. J'ai simplement lu la déception dans les journaux: la France, l'une des équipes favorites, battue par l'Argentine. Peu importe: comme ne l'a jamais dit Pierre de Coubertin (encore une idée reçue), en sport, "l'important c'est de participer". Mais ce qui a le plus attiré mon attention, voire m'a littéralement sidéré, c'est de constater qu'avant le début du match, lecture avait été faite à l'équipe de France de la Lettre de Guy Môquet.

Cette lettre est émouvante, les derniers mots d'adieu d'un jeune résistant de 17 ans, mort pour avoir eu le courage de s'opposer à la barbarie nazie. Elle est emblématique aussi, car elle restera toujours gravée dans les mémoires comme étant représentative de la toute première décision prise par notre Président de la République: en rendre obligatoire sa lecture dans tous les lycées de France. Et c'est l'une des raisons qui me gênent lorsque cette lettre est lue juste avant le début d'un match de rugby. Bien sûr, on sait tous que Bernard Laporte, l'entraîneur actuel de l'équipe de France de rugby, va rejoindre le gouvernement sitôt la coupe du monde terminée. On sait tous aussi que N. Sarkozy est omni-présent dans les médias, au point qu'une association appelle pour le 30 novembre prochain à une journée de "pause médiatique". Son omni-présence doit-elle se manifester jusque dans l'enceinte des stades?

Certains pourraient me rétorquer que je suis de mauvaise foi, qu'il est juste de rabâcher sans cesse la lettre de Guy Môquet. Encore une fois, je tiens à préciser que j'apprécie cette lettre et que j'admire le courage de ce garçon, tout comme j'ai particulièrement apprécié la lecture par le passé d'un témoignage qui à mon sens est plus émouvant encore: Le journal d'Anne Frank. Mais je ne voudrais pas par ailleurs que sous couvert de la non volonté d'une quelconque repentance, on en vienne à oublier la réalité de notre Histoire. S'il y a eu des Guy Môquet, des Jean Moulin, il y a aussi eu le Régime de Vichy, une police française prompte à collaborer avec la Gestapo et qui aura contribué à la déportation de milliers de Juifs durant la seconde guerre mondiale.

La France ne doit pas se sentir en continuelle repentance et se complaire dans une attitude d'auto-flagellation. En revanche, il me paraît indispensable de lire notre Histoire de façon objective. Car pour bâtir l'avenir, il est nécessaire de savoir tirer les leçons du passé. Je crains qu'un "bourrage de crâne" qui ne consisterait qu'à mettre en exergue les éléments glorieux de notre passé, ou de rappeler la première décision symbolique prise par notre actuel Président de la République, n'aille pas dans le sens de la progression de l'esprit critique de nos concitoyens.
 
Par Democratix - Publié dans : Société
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Mardi 4 septembre 2 04 /09 /Sep 18:54

Fréquentant régulièrement le site e-soutiens.bayrou.fr, je constate que depuis quelques temps, à maintenant moins de 10 jours du lancement du "Forum des Démocrates" de Seignosse, les discussions ont évolué sur le site. Là où auparavant régnait un certain chaos, certes pas forcément synthétique, mais générateur d'idées, se sont substituées des notions beaucoup plus terre-à-terre véhiculées par certains:

- la stigmatisation des personnes qui dans leurs contributions utilisent plus de 800 mots de vocabulaire, sous le prétexte qu'elles doivent se mettre à la portée de tout le monde, ou encore sous le prétexte qu'elles nourrissent des ambitions politiques personnelles (quelle ne fut pas ma surprise de me voir il y a peu rétorquer: "si vous voulez qu'on vous donne un blanc seing pour les élections, autant le dire tout de suite"),

- une focalisation sur la notion d'efficacité électorale: le MoDem, pas encore construit se doit d'être une machine à gagner des élections.

Ces deux phénomènes complètement récents, mais apparus tout juste à l'approche de Seignosse doivent nous faire réfléchir sur ce que doit être la vocation du Mouvement Démocrate. Gagner des élections en est partie intégrante et primordiale bien sûr, c'est là la vocation de tout parti politique, car il serait illusoire de prôner de belles idées sans vouloir un jour les voir appliquées dans notre pays. Le grand problème est de savoir à quelle échéance nous souhaitons les gagner, et surtout quelle ampleur nous voulons donner à ces victoires. Il suffit de parcourir la blogosphère pour se rendre compte que beaucoup ne sont pas dupes: les grandes manoeuvres pour les Municipales ont déjà commencé, notamment dans certaines grandes villes. L'inévitable, parce qu'inhérent à la nature humaine, ne peut donc être évité: les tentations carriéristes de certains élus pour conserver leur mandat coûte que coûte sont grandes. Qu'a donc bien pu passer par la tête de François Bayrou lorsqu'il s'est désolidarisé de l'UMP? Est-il devenu fou? Aurait-il condamné sciemment toute une catégorie d'élus qui veulent s'accrocher mordicus à leur siège sans se préoccuper d'un horizon plus lointain?

On sait tous que la construction du Mouvement Démocrate ne se fera pas lors du Forum de Seignosse, François Bayrou étant notamment pressenti pour n'y participer que lors du discours de clôture, voire également à l'ouverture, alors que cette rencontre durera quand même 4 jours. Ce Forum ne constituera donc qu'une étape, un prologue oserais-je dire.

Les vraies discussions se dérouleront lors des congrès d'automne. Trois voies se dessinent aujourd'hui pour l'élaboration des contours du futur mouvement:

- un gigantesque retour en arrière, qui serait probablement salué de façon guignolesque par les médias: retour à l'ancienne UDF, réintégration à terme des députés du nouveau Centre, inféodation à l'UMP: que d'élus souhaiteraient probablement que ce scénario se réalise!

- la création d'un mouvement composé de courants: UDF d'un côté, CAP21 de l'autre, ... et les nouveaux adhérents MoDem regroupés en association connexe ou quelque chose du genre,

- enfin, l'émergence d'un mouvement unitaire et indépendant, digne du XXIème siècle et capable de "faire de la politique autrement", ce qui me semblait être l'objectif initial de François Bayrou, avec à la clé - ne nous voilons pas la face - probablement de lourds échecs lors des élections municipales, mais un potentiel électoral énorme à moyen / long terme.

Bref, entre ambitions court terme et ambitions plus lointaines il faudra choisir. Je ne vois pas personnellement comment en l'état les deux pourraient être conciliables.

Par Democratix - Publié dans : Mouvement Démocrate
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Lundi 3 septembre 1 03 /09 /Sep 12:02

La lecture ce jour d'un article du journal Le Monde me pousse à rédiger ce court texte relatif à ce qu'on pourrait appeler la "nouvelle donne judiciaire en France".

Rappelons d'abord en préambule qu'un des piliers de notre République est incontestablement l'indépendance de la Justice. On pourrait ajouter à cette notion fondamentale celle de l'indépendance des médias, mais nous savons tous qu'à de très rares exceptions près, celle-ci a complètement disparu de notre paysage. Si seulement ce dernier problème se limitait à d'éventuelles retouches photographiques faites par certains magazines people sur les "bourrelets" de notre Président, afin de lui donner un aspect plus photogénique, une image peut-être plus à l'Américaine... Heureusement, d'une certaine manière Internet est là pour compenser ce manque, mais son taux d'audience est encore trop restreint.

Faute d'avoir pu conserver des médias indépendants, autant essayer de conserver une Justice indépendante. Sinon comment pourra t-on nommer le régime en vigueur dans notre pays? Hors, force est de constater que depuis quelques temps, de nombreuses sources d'inquiétudes surgissent ça et là, qui à terme pourraient laisser envisager le pire. Ce ne sont pas les cinq démissions consécutives du cabinet de la Garde des Sceaux qui doivent nous interpeller, même si elles semblent témoigner d'un certain manque de "doigté" dans le management humain, mais d'autres faits plus graves.

Ainsi il en va de la dépénalisation du droit des affaires. Ainsi il en va également de la convocation du vice-procureur de Metz par la Chancellerie pour des propos qu'il aurait tenus lors d'une audience: "Les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir". Peut-être que l'endroit choisi ne constituait pas la place idéale pour une telle déclaration, mais qui oserait affirmer aujourd'hui le contraire: "les magistrats sont les instruments du pouvoir", sauf à accepter que la Justice n'ait plus d'indépendance et que notre pays ne régresse vers ce qu'on qualifie historiquement "d'Ancien Régime"?

Heureusement les syndicats réagissent, des polémiques sont en train de naître, qui dépassent par ailleurs largement le simple cadre syndical. Il est regrettable d'en passer par là, mais aujourd'hui dans certains domaines seule une contestation forte peut servir de contre-pouvoir afin de conserver certains éléments fondamentaux qui différencient notre régime politique d'un régime monarchique. L'indépendance de la Justice, normalement garantie par le pouvoir exécutif, en fait partie.

Par Democratix - Publié dans : Paysage politique
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Vendredi 24 août 5 24 /08 /Août 19:05

Ce soir, je joue au jeu de MIP (Marie-Isabelle) dont vous trouverez le lien sur ce blog: à savoir décrire en 5 ou 6 phrases ce que je veux voir au MoDem: Tout bien réfléchi, l'exercice n'est pas si facile que ça...

Allons-y donc gaiement, voire crûment dans certains cas, pour ce qui est de ce que je veux voir au MoDem:

1) Que l'adhérent et l'électeur soient considérés comme des adultes et des citoyens responsables et non plus comme des "imbéciles" faciles à manipuler (c'est ce que certains croient encore, dans un élan de naïveté qui me désespère pour l'avenir de notre pays...):  il n'y a qu'à constater le faible taux de participation aux dernières législatives pour se rendre compte que la stratégie qui consiste à prendre les électeurs pour des "veaux" n'est pas la bonne. Il ne suffit pas pas d'aller leur serrer la pogne au détour d'un marché pour les convaincre... Et heureusement d'ailleurs! Le discours politique doit s'orienter en conséquence. Sarkozy a montré la voie avec sa "pseudo-franchise", au MoDem de faire mieux!

2) Que le MoDem ne soit pas l'objet d'une "guerre des éléphants" comme on a pu le voir au PS: sans quoi tout tombera forcément à l'eau...

3) Que le MoDem garde au niveau national (je ne parle pas du niveau local) son indépendance politique: mouvement positionné au-dessus des partis, ni de droite, ni de gauche, démocrate tout simplement, capable de discuter aussi bien avec la droite qu'avec la gauche.

4) Que le MoDem sache tirer profit de ses forces: il comprend des politiques habitués aux combats électoraux, mais il comprend aussi des adhérents, souvent à la tête bien remplie qui n'ont pas pour seule vocation à être des colleurs d'affiche. Les politiques ont leur domaine de prédilection, mais force est de constater qu'ils n'ont pas réponse à tout. Le MoDem doit savoir tirer profit des compétences de chacun, sans quoi il ne sera jamais qu'un parti comme les autres...

5) Qu'il y ait une continuité d'idées dans la démarche du MoDem, dans la lignée des propositions de F. Bayrou aux précédentes élections présidentielles. Car c'est par cette démarche, et elle seule, qu'on peut convaincre les adhérents de rester fidèles, tout comme les électeurs d'ailleurs. Donc pas de jeu de "chaises musicales", à savoir "je fais alliance avec toi pour obtenir telle ou telle place en retournant brusquement ma veste"... Il faut donc durant un temps du moins savoir faire abstraction du carriérisme.


6) Que le MoDem s'inscrive dans un mouvement démocrate européen, comme l'UDF a déjà commencé à le faire au sein du PDE: tout simplement parce que c'est la voie de l'avenir; il n'y a qu'à voir la trajectoire d'Angela Merkel en Allemagne pour s'en convaincre.

Par Democratix - Publié dans : Mouvement Démocrate
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Mardi 21 août 2 21 /08 /Août 18:54

Après m'être laissé aller dans mon dernier billet à quelques dérives footballistiques, immédiatement sanctionnées par quelques âmes féminines qui n'avaient semble t-il pas bien perçu la portée de l'information que je rapportais, je parlerai aujourd'hui d'un sujet bien plus important pour la construction du Mouvement Démocrate. Il s'agit de ses Assises qui se dérouleront les 13, 14, 15 et 16 septembre prochain à Seignosse dans les Landes, et surtout de leur programme.

Comme tout adhérent au Mouvement Démocrate, j'ai reçu le 1er juillet dernier une longue lettre de la part de François Bayrou, dans laquelle celui-ci mentionnait entre autres: "À la sortie des vacances, vraisemblablement à la mi-septembre -13, 14, 15, 16 septembre- nous réunirons des Assises de la Démocratie, dont le but sera de réfléchir à ce que doit être un parti politique dans notre XXI° siècle (principes d’organisation, statuts, méthodes de travail)." J'ai été, je dois dire, à l'époque particulièrement séduit par ce paragraphe.

Comme tout adhérent au Mouvement Démocrate, j'ai suivi les rencontres avec les sympathisants que François Bayrou a menées durant la première quinzaine de juillet. Au cours de ces rencontres, François Bayrou a réaffirmé que nous aurions à réfléchir tous ensemble sur ce que devait être notre nouveau mouvement, ses statuts (et donc à fortiori son organisation), ses deux chartes fondatrices (charte éthique et charte des valeurs). Ces rencontres m'ont conforté dans l'idée que le Mouvement Démocrate ne serait pas un parti comme un autre, qu'il promouvrait une véritable démocratie participative basée sur une organisation mêlant à la fois une structure verticale et une composante horizontale (un mode de fonctionnement "à inventer" selon les propres dires de François Bayrou).

Et puis, comme tout adhérent au Mouvement Démocrate, j'ai reçu une invitation pour me rendre aux Assises de Seignosse et ai pris connaissance de leur programme. Ce programme est le suivant (pour les séances plénières et les ateliers):

Thèmes des séances plénières

- Social économie et mondialisation
- Grenelles de l'environnement : enjeux et perspectives
- Démocratie : pouvoirs et contre-pouvoirs
- L'Europe : l'heure des choix

Thèmes des ateliers


- Municipales et cantonales (ateliers réguliers)
- Les militants et le parti: apports et attentes (ateliers réguliers)
- Darfour: quelle ingérence internationale ?
- Quelle offre d'éducation aujourd'hui ?
- Université et recherche
- Ecologie urbaine
- Vieillissement
- Immigration
- Discriminations et inégalités dans l'entreprise
- Politique culturelle
- La justice et ses prisons
- Réseau Internet et politique
- Territoires urbains et territoires ruraux
- La crise du logement

Et là, force est de constater que je n'ai aucunement retrouvé dans ce programme, élaboré me semble t-il par JM. Cavada, "mes petits" comme le dit l'expression consacrée... J'y ai simplement vu le programme de n'importe quelle université d'été d'un parti politique, et rien de plus. Je n'ai rien contre les rencontres festives, bien au contraire: combien de fois ai-je pu me rendre par le passé à la "Fête de l'Humanité"? Non pas parce que j'étais militant communiste, mais simplement parce que c'était près de chez moi, qu'il y avait des concerts gratuits, de bonnes choses à manger et à boire pour pas cher...

Peut-être que le programme de ces Assises a été maladroitement élaboré sur la forme, qu'il ne reflète en rien la vocation et l'objectif du Forum des Démocrates. Mais en l'état actuel des choses, il ne concrétise à mon sens que très partiellement ce qui avait été ébauché par François Bayrou, une rencontre permettant l'émergence d'un véritable mouvement novateur, digne du XXIème siècle.

Monsieur Bayrou, ne commettez pas l'erreur de retomber dans les classiques qu'arborent depuis des lustres les autres partis politiques. Sans quoi le mouvement d'espoir que vous avez su susciter avec brio depuis quelques mois risque d'en prendre ombrage. Et c'est je crois ce que personne ne souhaite, ... à part vos opposants politiques bien sûr.

Je réalise à quel point l'exercice est difficile, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Par Democratix - Publié dans : Mouvement Démocrate
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Dimanche 19 août 7 19 /08 /Août 12:09

Après m'être essayé à quelques exercices périlleux, visant à fournir des bases de réflexion pour la construction du Mouvement Démocrate, je vais aujourd'hui vous révéler un scoop, qui j'en suis sûr fera trembler la terre à un niveau encore jamais atteint sur l'échelle de Richter.

Cela faisait plus d'un an que nous l'espérions tous, et enfin on le sait! Pourquoi N. Sarkozy a été élu Président de la République? Non, ça a priori, on s'en contre-fiche. Quoique... Pourquoi François Bayrou communique t-il si peu avec les adhérents du MoDem? Non plus, même si on s'en contre-fiche nettement moins...

Le vrai scoop, dévoilé aujourd'hui par l'ensemble de la presse écrite, et n'en doutons pas sans doute relayé par les journaux télévisés du monde entier est tout autre. Nous savons enfin ce que le défenseur italien Materazzi a dit à Zinédine Zidane lors de la finale de la coupe du monde pour le faire sortir ainsi de ses gonds: "je préfère ta putain de soeur".

Ceci sera à n'en pas douter l'information du week-end. Je pressens que les équipes de TF1 sont déjà sur le branle-bas de combat...

Par Democratix - Publié dans : Sport
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Mercredi 15 août 3 15 /08 /Août 12:12

Tout Président de la République prend traditionnellement des vacances, ce qui est bien naturel. Parfois, elles sont très traditionnelles (enfermement dans le Fort de Brégançon avec éventuellement pour seul piment quelques excès de naturisme aussitôt captés par des paparazzis mal intentionnés), parfois elles le sont moins et beaucoup plus coûteuses pour l'Etat français. Rappelons-nous à ce titre que parmi les prédécesseurs de N. Sarkozy, ni J. Chirac, ni F. Mitterrand n'ont toujours fait preuve d'une vigileance absolue quant au devoir d'exemplarité que doit donner l'Etat en terme de modestie financière.

N. Sarkozy a décidé de ne pas suivre la même voie: ses vacances, dont le coût estimé est d'environ 60.000 euros pour deux semaines (soit environ 4 ans de SMIC brut), ne coûteront pas un centime d'euro à l'Etat, et donc à nous contribuables. Elles sont en effet offertes, c'est à dire financées par une tierce personne dont l'identité est jalousement gardée secrète. Et pourtant, ces vacances suscitent de nombreuses polémiques, notamment de la part de l'opposition et de l'un de ses porte-parole A. Montebourg, qui souhaiterait que ce soit l'Etat qui règle l'addition. Cet homme est-il devenu fou?

Personnellement, je n'ai pas spécialement envie de contribuer à payer ce genre de vacances, que seules quelques grosses fortunes peuvent être amenées à s'offrir. Mais le bât blesse quand même quelque part: il y a une chose que j'aimerais, je pense de façon légitime, connaître. Il s'agit de l'identité de ce généreux donateur. Non pas par jalousie, non pas pour lui quémander un éventuel sponsoring. Simplement pour être à même de vérifier qu'à l'avenir, ce généreux donateur ne se verra pas gratifier de "cadeaux" par l'Etat français, d'un montant bien supérieur à sa mise initiale. Il s'agit là uniquement d'une question de transparence, et je pensais que cette notion de transparence était justement l'un des thèmes de prédilection de notre nouveau président.

Ces vacances sont décidément bien étranges et ce à plus d'un titre: outre ce que je viens de mentionner, il est intéressant de remarquer qu'elles sont visiblement populaires dans l'opinion publique: les Français seraient-ils devenus fous? Non, certains d'entre eux sont tout simplement tombés "amoureux" de leur président. De par son charisme et sa personnalité ambigüe, N. Sarkozy présente une caractéristique particulière: celle de susciter la passion. "Soit on l'adore, soit on le hait", ai-je déjà pu lire. Je pense qu'effectivement tout se résume à ces quelques mots. Comme chacun le sait, l'amour et encore plus la passion rendent aveugles. Comme chacun le sait également, l'amour ou la haine qui découlent de la passion ne sont jamais durablement établis: on peut passer de l'un à l'autre ou de l'autre à l'un très rapidement. Il n'y a qu'à demander à B. Kouchner ce qu'il en pense... Rendez-vous dans quelques mois?

Par Democratix - Publié dans : Paysage politique
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Vendredi 10 août 5 10 /08 /Août 18:51
1. Les analogies possibles entre la fusion Renault-Nissan et la construction du MoDem

Le sujet est osé. Comparer la fusion de deux grands constructeurs automobiles avec la construction d’un mouvement politique. Certains pourraient juger cela du domaine de l’absurde, et pourtant j’ai le sentiment qu’il existe de nombreuses analogies entre la fusion réalisée en 1999 entre Renault et Nissan et la structuration du Mouvement Démocrate.

En premier lieu, parce que dans les deux cas il s’agit d’un processus de fusion, qui plus est un processus de fusion à grande échelle. En 1999, Nissan comptait 140.000 salariés au niveau mondial, la « fusion » qui nous occupe aujourd’hui concerne 3 composantes (UDF, CAP 21 et Modem) dont les membres sont répartis sur l’ensemble du territoire français.

En second lieu, parce que la fusion entre Renault et Nissan consistait à rassembler des personnes provenant de cultures différentes. N’est-ce pas également le cas entre des UDF attachés pour la plupart depuis longtemps à leur parti, à son mode de fonctionnement, à son nom même, et des « MoDem » dont certains voudraient voir émerger quelque chose de nouveau, voire quelque chose qui ne reprenne absolument rien des acquis de l’UDF ?


Enfin, en troisième lieu, parce que le facteur risque commun dans les deux cas est la peur de l’autre.
2. Les concepts de base de C. Ghosn

Face à ces difficultés, le concept fondamental de C. Ghosn, celui qui a probablement constitué la base de la réussite de cette fusion entre ces deux géants de l’automobile, a été le suivant : ne pas afficher de clans.

Voici deux citations de C. Ghosn, que je verrais bien personnellement appliquer à la problématique qui nous concerne dans la construction du Mouvement Démocrate :

« Il aurait été irréaliste de vouloir changer brutalement la culture de Nissan. C’est profondément contraire à la nature humaine. Les gens qui essayent de plaquer un système sur un autre système n’aboutissent qu’à le détruire. Cela peut être une stratégie de détruire l’autre et d’occuper le terrain. C’est la bombe à neutrons. Vous gardez le hardware mais vous détruisez le software ».

« Nous ne faisons pas telle ou telle chose pour contenter Renault ou tel ou tel. Nous le faisons parce qu’objectivement, cette entreprise créera plus de richesses dans le cadre de l’alliance avec Renault ».

Un deuxième concept a été utilisé comme base de travail par C. Ghosn, après un premier diagnostic réalisé avant fusion effective des 2 sociétés : il s’agit de la fertilisation croisée.

En effet, durant les mois précédents la fusion, un premier diagnostic a mis en évidence un certain nombre de faiblesses chez Nissan qui s’avéraient des points forts de Renault. D’où cette idée de « fertilisation croisée ».

Ce concept paraît assez simple et tellement évident en lui-même : tirer profit des forces des uns et des autres pour construire quelque chose de plus grand, de plus efficace.

Appliqué au cas qui nous intéresse, c'est-à-dire à la construction du Mouvement Démocrate, ce concept induirait que le futur mouvement soit capable, dans une optique d’efficacité maximale, de tirer profit de l’expérience politique et de l’implantation locale des UDF d’une part, et d’autre part de l’expertise dans différents domaines, de la volonté, de l’inventivité et de l’engagement fort que peuvent apporter les « MoDem ».


La base de la réussite de la fusion entre Renault et Nissan a reposé sur ces deux concepts fondamentaux : ne pas afficher de clans et la fertilisation croisée. Lorsqu’on se retrouve devant l’extrême complexité de ces processus de fusions, sans doute est-il sage de toujours garder à l’esprit des idées aussi basiques et simples que celles-ci.

3. Les équipes de travail transversales


Un second diagnostic mené après la fusion Nissan-Renault concluait qu’au sein de Nissan régnait cloisonnement et territorialité, bureaucratisation excessive et absence totale de transversalité. « Nous avions le sentiment que chacun protégeait son territoire, cachait la copie à son voisin ». Des équipes de travail transversales « Cross Functional teams » (CFT) ont alors été mises en œuvre au sein de l’entreprise avec pour mission d’établir un 3ème diagnostic bien plus en profondeur des problèmes que rencontrait Nissan.

D’après C. Ghosn, leur objectif profond était de
« casser les murs, visibles et surtout invisibles qui font de la collectivité de l’entreprise un assemblage de chapelles, de bastions, de tribus, avec leur propre langage, leurs valeurs, leurs intérêts. Ouvrir en grand portes et fenêtres. Forcer les gens à se parler et à s’écouter, à échanger ce précieux savoir qui est aussi l’essence de leur pouvoir ».

On peut à nouveau constater une certaine analogie entre la situation constatée au sein de Nissan et ce qu'on pourrait entrevoir à terme au sein du Mouvement Démocrate: la mise en place d'équipes de travail transversales favoriserait le processus d'intégration des uns et des autres.

Le mode de fonctionnement de ces équipes transversales est également très intéressant compte tenu de nos préoccupations présentes :


- chaque CFT était placée sous l’autorité de 2 leaders appartenant au comité exécutif de l’entreprise, provenant d’horizons différents, ceci afin d’éviter que la CFT n’ait une vision trop limitée de son domaine,

- le pilotage et l’animation de chaque CFT étaient assurés par une personne issue d’un niveau hiérarchique inférieur aux deux leaders, ceci afin d’éviter que les échanges d’idées soient « écrasés » par les membres du Comité Exécutif,

- chaque CFT était composée d’environ 10 personnes,

- la synthèse des travaux réalisée était supervisée par C. Ghosn en personne.

4. L’importance du consensus, de la communication et de la formation

Dans la méthode Ghosn, le consensus et la communication ont une importance particulière. Toujours en citant C. Ghosn :

« Je ne cherche pas à rompre avec la culture du consensus. Seulement, je crois qu'il ne doit pas être mou. Le consensus mou, c'est l'attitude qui consiste à arrêter un projet lorsqu'on voit qu'il suscite des oppositions. J'ai pratiqué un consensus actif : une fois que nous étions tous d'accord sur les objectifs à atteindre, j'ai proposé des moyens pour les réaliser. Ceux qui n'étaient pas d'accord pouvaient le dire, et je leur demandais de proposer une solution alternative. En procédant ainsi, je suis parvenu à atteindre ce que j'appelle le consensus actif, qui ne bloque pas les décisions (…)

Je communiquais tous les mois à l'ensemble du personnel l'état d'avancement du plan, j'ai pu très vite, en interne, annoncer que les choses allaient mieux »

Enfin la formation occupe également une place très importante dans la méthode Ghosn : « Les leaders de demain se forment sur les défis d'aujourd'hui. Ceux qui ont le plus de potentiel, il faut les envoyer sur les fronts chauds : c'est faire coup double : régler votre problème et récupérer quelqu'un qui sera grandi par son expérience ».

Ne seraient-ce pas là trois aspects essentiels que le Mouvement Démocrate pourrait reprendre également à son compte ?

Nota: source des verbatims entre guillemets: P. Ries / C. Ghosn - Citoyen du monde - Editions Grasset 2003
Par Democratix - Publié dans : Mouvement Démocrate
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Samedi 4 août 6 04 /08 /Août 18:50
Le couperet est tombé cette semaine. Le mirage tant espéré s'est brutalement évaporé. Ce n'est visiblement pas Cécilia Sarkozy qui a su convaincre, grâce à son charme, ses capacités de négociation et accessoirement le support de C. Guéant, le colonel lybien Khadafi de libérer les infirmières bulgares, emprisonnées depuis plus de 8 ans.

Qui l'eut cru? Moi, peut-être... Le soupçon d'un instant, entre deux émissions culturelles diffusées par TF1, bercé par la fraîcheur de cette information qui démontrait que la force de la volonté et de l'honnêteté pouvait venir à bout de tous les problèmes du monde. Mais la "Réal-Politik" a hélas repris le dessus sur la poésie.

Les conditions réelles de la libération des infirmières bulgares ne sont pas encore clairement connues. Une commission d'enquête parlementaire sera probablement très bientôt chargée d'apporter un éclairage sur les contreparties accordées. Car il y a bien eu contreparties, à la fois de la part de l'Union Européenne et unilatéralement de la part de la France, ... ou plutôt de son Président. On parle dès à présent de quatre points, soupçonnés ou avérés:

- le versement d'une "rançon" de la part de l'Union Européenne, à hauteur d'un peu plus de 450 millions de dollars, cette information étant pour le moment démentie par l'U.E,

- la libération par les autorités britanniques d'un Lybien impliqué dans les attentats de Lockerbee,

- la passation d'un accord sur le nucléaire civil entre la France et la Lybie, prévoyant notamment l'installation en Lybie d'une centrale nucléaire dite de 2ème génération (information confirmée),

- la passation d'un accord de Défense entre la France et la Lybie, ainsi que la signature de contrats pour la fourniture d'armements à la Lybie (information démentie puis confirmée).

Sur le premier point, que dire? Qu'on a cité le Qatar comme intermédiaire permettant le versement de cette rançon? La place que prend le Qatar aujourd'hui sur la scène géopolitique européenne me paraît stupéfiante. N'est-ce pas déjà un fonds qatari qui était récemment soupçonné de devoir intervenir dans le versement d'une indemnité de départ mirobolante (12 millions d'euros) réclamée par un cadre dirigeant d'EADS? N'est-ce pas le Qatar qui par ailleurs est vivement intéressé par une prise de participation à hauteur d'environ 10% dans cette même société EADS?

Il est bien connu que l'Arabie Saoudite "possède" 7 à 8% des entreprises américaines. Le Qatar aura t-il ce rôle à jouer vis-vis de l'Europe? On peut s'interroger au vu du rôle prépondérant, à savoir celui de banquier, qu'il semble jouer dans de nombreux dossiers.

Le second point concerne un problème anglo-anglais. Chacun ses problèmes après tout. Contentons-nous donc des notres...

Pour ce qui est de l'accord sur le nucléaire, je ne peux que renvoyer le lecteur vers l'article écrit par Corinne Lepage sur son blog: http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2007/07/26/ Je crois que tout est dit dans cet excellent article.

Enfin sur le dernier point, il me semble qu'aujourd'hui tout le monde, les médias, l'opposition, se focalise sur ces fameux contrats d'armement si peu populaires. Je pense personnellement qu'il ne s'agit que d'un écran de fumée destiné à nous faire oublier le problème du nucléaire, qui lui est vraiment crucial. La fourniture d'armements défensifs en contrepartie à la libération des infirmières bulgares? N'inverse t-on pas un peu trop vite les choses? Ne serait-ce pas plutôt la signature de ces contrats, en négociation pour certains depuis 18 mois qui serait une compensation lybienne à l'accord sur le nucléaire? Rappelons en effet, que d'une part l'embargo international sur la fourniture d'armes à la Lybie est levé depuis 2004, et que d'autre part l'autorisation d'exportation de certains matériels militaires français a été décidée au cours d'une commission inter-ministérielle qui s'est tenue en février 2007... Sur ce dernier point, il me semble qu'on peut seulement regretter le fait que le Parlement ne soit pas saisi lorsqu'il y a autorisation d'exportation d'armements, comme c'est le cas aux Etats-Unis par exemple.

Alors, Sarkozy roi de l'illusion et du mirage? Je ne saurais dire, mais je crois que David Copperfield s'est trouvé un sérieux concurrent.
 
Par Democratix - Publié dans : International
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Vendredi 27 juillet 5 27 /07 /Juil 18:47
Je trouve qu'en cette période estivale, les informations qui nous sont fournies quotidiennement même parfois par les "bons" médias - eh oui, si l'on n'opère pas une certaine sélection il y a hélas matière à se tromper -, relèvent de plus en plus de la notion de "miracle".

Heureusement, à l'heure où beaucoup sont en train de plancher pour élaborer la future charte des valeurs du Mouvement Démocrate, la valeur "miracle" n'a jamais été évoquée... Les adhérents et sympathisants de ce mouvement manqueraient-il d'utopisme? Seraient-il quelques fois trop pragmatiques?

Pour commencer, rappelons quelle est la définition exacte d'un miracle: selon Wikipédia, il s'agit "d'un fait extraordinaire, voire surnaturel, attribué à une puissance divine et accompli soit directement, soit par l'intermédiaire d'un serviteur de cette divinité".

Je constate que nombre de miracles se sont réalisés ou sont en bonne voie de réalisation à l'heure actuelle. La liste est tellement longue que je n'en citerai que quelques-uns:

- Cécilia Sarkozy, de par son charme et ses capacités de négociation hors du commun, allant libérer les infirmières bulgares des mains de Khadafi,

- le cycliste danois Rasmussen, grimpant des cols alpins et pyrénéens comme s'il était aux commandes d'une moto de grand prix,

- le quotidien Le Monde, presque redevenu indépendant du pouvoir politique en place, suite à la fronde menée contre la réélection d'Alain Minc à la présidence de son conseil de surveillance,

- le paquet fiscal, porteur d'une extraordinaire dynamique de croissance, adopté par l'Assemblée Nationale, malgré quelques tentatives de réticences ingrates et mesquines de la part des députés du Nouveau Centre.

Pour peu, je deviendrais presque un fervent catholique pratiquant. Si seulement...

- si seulement il n'y avait pas eu de contreparties au miracle réalisé par Cécilia Sarkozy et Claude Guéant (on parle d'une importante rançon, de coopération entre la France et la Libye dans le domaine du nucléaire, coopération très critiquée par nos partenaires allemands),

- si seulement le Danois Rasmussen ne venait pas de se faire expulser du Tour de France pour dopage présumé,

- si seulement A. Minc ne s'accrochait pas avec une telle obstination à son poste - alors qu'en tant que conseiller de N. Sarkozy, il a déjà tant à faire -, faisant prendre une tournure judiciaire à cette "affaire",

- si seulement le Sénat, peut-être plus indépendant que l'Assemblée Nationale, n'exprimait pas tant de doute quant à la politique économique lancée par le gouvernement Fillon, ... pardon pour l'erreur de frappe, par le gouvernement Sarkozy plutôt.

Mince, à peine commencé, le temps des miracles est déjà révolu. Et dire que j'ai failli y croire...
 
Par Democratix - Publié dans : Paysage politique
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