Mardi 13 mai 2008
En 2007, la Balance commerciale de la France aura atteint un déficit record de près de 40 milliards d'euros. Ceci signifie concrêtement que nous importons 40 milliards d'euros de biens (les services ne sont pas pris en compte dans la comptabilité nationale) de plus que nous exportons.

Dans le même temps, en 2006, sur une période de 12 mois, l'Allemagne a elle réalisé un excédent commercial de plus de 160 milliards d'euros. Le différentiel est énorme, et si l'on s'abstient de regarder en détail les différences qu'il peut y avoir au niveau strict des importations entre France et Allemagne (mon raisonnement est peut-être faux dans le détail, mais "à la louche", les importations allemandes subissent elles aussi le contre-coup du cours "abradacabrantesque" du baril de pétrole, et de la flambée des matières premières de façon plus générale), cela signifie en première approche que les entreprises allemandes exportent chaque année pour environ 200 milliards de produits de plus que les nôtres.

Quitte à rêver, à se pourvoir en de belles intentions (quel gouvernement en France n'a pas encore dit qu'il fallait favoriser l'exportation?), il ne tient qu'à nous d'imaginer si à notre PIB nous ajoutions ces 200 milliards d'euros d'exportations qui nous manquent, et quel résultat en terme de croissance cela pourrait engendrer. Non, vous ne rêvez pas, sur la base du PIB français enregistré en 2006 (environ 1800 milliards d'euros), ce sont à plus de 10 points de croissance auxquels nous pourrions de façon théorique, c'est à dire purement comptable, accéder dans les années à venir si nous savions aussi bien soigner notre commerce extérieur que nos voisins allemands. Sans compter les retombées sous-jacentes en matière de politique étrangère par exemple: pourquoi Angela Merckel peut-elle se targuer d'une liberté de parole vis-à-vis du respect des droits de l'Homme en Chine, alors que Nicolas Sarkozy n'a quasiment aucune liberté de manoeuvre? Parce que l'Allemagne est un gros fournisseur de machine-outils pour la Chine, des machines-outils (Ah, la maîtrise allemande en ce domaine peut faire rêver c'est vrai...) indispensables au développement économique du pays le plus peuplé et aussi le plus en voie d'émergence au monde. La réponse est aussi simple que cela.

Mais si la route reste et restera toujours pavée de bonnes intentions, quelque soit sa "pente" (je me souviendrai toujours de cette "
Raffarinade" de base: "La route est droite, mais la pente est dure"), point n'est question de se contenter de déclarations de bonnes intentions, ou de certains effets d'annonces. Ainsi, il y a quelques temps j'ai pu lire dans le quotidien Le Monde (article hélas archivé depuis) que notre ministre de la Défense, Hervé Morin, voulait simplifier le processus, pour les entreprises de Défense, visant à obtenir des autorisations d'exportation de la part du gouvernement français (la délivrance de telles autorisations passant par la consultation de plusieurs ministères, ce qui en rend les délais de délibération très longs). Est-ce cela la solution miracle dans ce secteur particulier d'activité? Aucunement, hélas. C'est une bonne idée de vouloir procéder à ces simplifications administratives, mais en tout état de cause, à moins que je n'ai vraiment raté quelque chose lors de ma première partie de vie professionnelle, elle ne devrait aucunement se montrer significative vis-à-vis des capacités de vendre à l'export des produits de Défense français. Sur ce point, je suis prêt à y mettre ma main gauche à couper, ... bien que je sois gaucher.

Car je crois personnellement qu'il faut aller bien au-delà de vagues intentions qui ne se révèlent en finale que l'ambition d'obscurs effets d'annonce: il faut vraiment chercher à savoir pourquoi nos entreprises ne sont pas plus compétitives à l'export, ou pire rechignent à exporter. Pour cela, je pense qu'il faut isoler certains facteurs-clés, qu'on pourrait qualifier de "structurels", hélas inhérents à notre économie, à notre culture aussi.


1. Le problème de la langue

Ce n'est un mystère pour personne, quelque soit le pays du monde avec lequel vous traitez commercialement, les discussions ou autre négociations, les contrats signés le seront toujours en ANGLAIS. Il ne faut aucunement se voiler la face: l'Anglais est et demeurera la langue incontournable dans le commerce international. Faut-il pour autant laisser tomber le Français? Non, bien sûr, mais il me semble que l'une des priorités de l'Education Nationale aujourd'hui devrait être l'enseignement de l'Anglais, à défaut de toute autre langue étrangère. Je n'ai personnellement rien contre l'enseignement de langues régionales aujourd'hui quasiment oubliées, ou alors du latin et du grec, mais je pense qu'il faut savoir demeurer pragmatique dans un monde qui par nature (mondialisation oblige) se comporte lui-même de façon pragmatique. La maîtrise de l'Anglais est peut-être la meilleure arme que des parents peuvent aujourd'hui donner à leurs enfants pour les aider à s'insérer dans une économie mondialisée. Loin, très loin est j'espère derrière moi le temps où au collège, on orientait en classe de 6ème les meilleurs élèves vers des classes où l'Allemand était enseigné en 1ère langue vivante, rejoint 2 années plus tards par des "ersatzs", l'Anglais, le Latin et le Grec ancien. J'ai personnellement été la victime de ce DESASTRE EDUCATIF- je ne vois pas d'autre mot pour qualifier cet état d'esprit -, aussi, je crois, puis-je en parler en connaissance de cause.

Alors que seul l'Anglais (outre le Français bien entendu) m'est nécessaire aujourd'hui, je me souviens en effet que lorsque j'étais élève de 3ème, je n'en avais pas moins 38 ou 39 heures de cours par semaine, dont 3 étaient consacrées à l'Allemand, et 4 ou 5 au latin ou au grec! Quel gâchis... Il faut savoir s'adapter au Monde tel qu'il vient et surtout tel qu'il viendra, et à ce titre je dois bien reconnaître que l'Education Nationale, de mon temps du moins - et cela remonte aux années 80 -, n'a pas su faire face à ce challenge (hors cas particuliers liés à des élèves voulant faire des études purement littéraires, ce qui n'était aucunement mon cas, car j'étais simplement un bon, voire très bon élève en à peu près tout - sans modestie aucune garder - mais avec quand même une prédilection vers les maths...). A ce titre, je lui imputerai volontier le délit de "NON ANTICIPATION". Ironie du sort, et de ma part aspect conclusif à cette affaire, je dois dire que par le passé j'ai eu à plusieurs reprises à travailler avec des entreprises allemandes. Et que tous les échanges, aussi bien oraux qu'écrits, se sont faits ... en Anglais! J'ai même un jour eu un entretien d'embauche avec un Allemand qui aurait pu être mon directeur dans le cadre d'une organisation franco-allemande: entretien d'une heure et demie, ... entretien en Anglais bien sûr...

Je ne sais quelle est la position du Ministère de l'Education Nationale aujourd'hui: je me souviens seulement de la volonté somme toute assez récente de la part d'un Jack Lang de vouloir
réhabiliter les langues régionales. Et pourquoi pas le "Ch'ti" tant qu'on y est?! Avec le succès (galvaudé voire usurpé selon moi) de "Bienvenue chez les Ch'tis", pourquoi en effet, ne proposerions-nous pas à nos collégiens d'étudier essentiellement le Ch'ti lors de leurs années de collège? Une idée "démaguo", voire absurde, comme une autre... En attendant de voir le premier contrat commercial rédigé en "Ch'ti", je ne puis hélas que constater les dégâts que je crois la majorité de nos concitoyens auront pu constater: il est un fait, nous Français, sommes généralement "nuls" en Anglais. Nuls en comparaison de ce que peut-être la pratique de l'Anglais chez nos voisins. Je pense avant tout aux Néerlandais, aux Allemands, aux Espagnols (même si l'accent gêne énormément...), et aux italiens dans une moindre mesure. Et ce n'est ni notre Président de la République (rétamé à Sciences Po du fait d'une note éliminatoire en Anglais), ni notre Premier Ministre (pourtant marié à une anglophone), qui pourront me faire une quelconque remarque sur ce point.




Après le Président, voici le Premier Ministre...



Suite au prochain numéro...


par JF le démocrate publié dans : Divers
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L'esprit démocrate

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Profil

  • : JF le démocrate
  • : Normandie
  • : Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.

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