De l'indécence de certains mouvements sociaux

Publié le par Democratix

On y est. Les premiers mouvements sociaux ont commencé dans le pays. En cause, la réforme des régimes spéciaux de retraites. Le mouvement de contestation a apparemment plus d'ampleur que celui de 1995 qui avait sonné le glas d'Alain Juppé.

Comme d'habitude, c'est la région parisienne qui est la plus touchée. Quand SNCF et RATP rugissent de concert... Et tout cela pour quoi? Pour défendre une inégalité frappante en matière de durée de cotisation, pour conserver des privilèges que n'ont plus ni les employés du secteur public, ni ceux du secteur privé. La France du chacun pour soi, tel pourrait être le slogan des manifestants.

Les syndicats ont une fois de plus choisi d'appliquer la solution la plus radicale qui soit: le blocage, pénalisant ainsi nombre d'entreprises dont les employés ne pourront se rendre à leur travail. Et peut-être que demain ils vont remettre le couvert...

Brusquement, j'ai honte de mon pays. Brusquement, j'ai envie de voir un service minimum instauré dans les transports en commun, car si l'on veut faire face aux défis écologiques qui nous attendent, il faudra bien en passer par là. La preuve nous en est donnée aujourd'hui.

Je ne peux que donner tort à ces grévistes qui se mobilisent pour défendre leurs privilèges personnels, mais qui en revanche ne se mobilisent pas pour d'autres réformes autrement plus choquantes menées par le gouvernement, et ce même si on aurait pu préférer voir la mise en oeuvre d'un régime de retraites à la carte, fonctionnant par points. L'égoïsme a décidément encore de beaux jours devant lui.

Publié dans Société

Commenter cet article

Democratix 19/10/2007 11:06

@ Mirabelle:

C'est effectivement plus que regrettable au vu de ce nouveau droit octroyé aux grévistes. Mais ne nous leurrons-pas: le blocage de Paris est devenu une pratique tellement courante, tellement efficace aussi.

Je crois que le fond du problème réside dans la médiocrité du dialogue social en France: syndicats non représentatifs et trop souvent extrêmistes, incapacité à négocier de part et d'autre. Peut-être que la France devrait prendre exemple sur le modèle allemand en la matière.

Mirabelle 19/10/2007 10:18

Ce qui est dommage c'est que depuis peu, les grévistes se sont vus reconnaître par la Cour européenne des droits de l'homme le droit de faire des grèves "sympathiques", le service minimum n'est même plus d'actualité quand on sait qu'ils peuvent dès à présent assurer leur service en permettant la gratuité aux usagers ... voilà qui continuerait à faire pression sur leurs employeurs et non plus faire subir les usagers ... il est vrai cette information n'a pas été tellement diffusée ni commentée en France, c'est bien dommage et on peut se poser la question de ce que font les syndicats : voir l'arrêt :http://lespagespolitiquesdemirabelle.hautetfort.com/archive/2007/08/20/droit-de-greve-et-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme.html

rivoli04 19/10/2007 00:40

Et si les parlementaires se mettaient eux aussi en grève pour défendre leur « petit » régime spécial.
Ces mêmes parlementaires qui sont pour le service minimum et le prouvent tout au long de leur mandat, devraient être légitimés dans leur revendication. S’ils ne le font pas, c’est qu’ils savent pertinemment qu’ils ne risquent rien.
J'ai moi aussi l'impression que les vrais problèmes ne sont pas là.