Mardi 11 décembre 2 11 /12 /Déc 22:53
khadafi.jpg Il est certaines visites de chefs d'états étrangers qui sont plus délicates à gérer que d'autres. Nicolas Sarkozy en sait à coup sûr aujourd'hui quelque chose. Recevoir sur notre sol le colonel lybien Mouammar Kadhafi constituait un pari très risqué, même si l'homme a retrouvé depuis quelques temps quelques galons, peut-être pas de notoriété mais du moins de fréquentabilité au sein de la communauté internationale.

Le deal semblait assez clair au départ: après la libération des infirmières bulgares, engranger pour une dizaine de milliards d'euros de contrats portant sur des avions civils et militaires (peut-être enfin un premier espoir d'exporter l'avion de combat Rafale?), des armements et une coopération dans le domaine du nucléaire civil que nos voisins allemands ne sont sûrement pas prêts de digérer. Bref, à l'exception d'avions Airbus, que des contrats concernant des denrées de première nécessité.

Déjà, pour calmer les opposants à la venue de Mouammar Kadhafi en France, on avait assisté hier à ce que je considère personnellement comme un jeu de rôles, un beau numéro d'acteurs entre notre Président et Rama Yade, sa secrétaire d'Etat chargée des droits de l'Homme. Bernard Kouchner y allant aussi de sa partition pour le moins ambigüe, s'exprimant en faveur de la venue du Colonel lybien, mais se montrant incapable de le rencontrer du fait de gros problèmes d'agenda.

Tout ceci semblait avoir été minutieusement orchestré, telle une merveilleuse horlogerie, pour bien faire passer dans l'opinion publique la visite du colonel lybien. Mais c'était sans compter sur la personnalité de Mouammar Kadhafi. Alors que ce week-end, il avait déjà prononcé à Lisbonne un discours justifiant du recours au terrorisme pour les petits états, depuis son arrivée sur le sol français les couacs se multiplient. Et pas seulement sur des problèmes superficiels d'apparat. La limousine blanche digne d'une rock-star, la tente bédouine plantée dans les jardins de l'hôtel Marigny ne constituent que la partie émergée de l'iceberg, digne de faire sombrer une seconde fois le Titanic, que constitue la visite du colonel lybien sur notre sol.

Car tout tourne bien évidemment autour du problème du respect des droits de l'Homme. Initialement, c'est à dire hier, la France, patrie des droits de l'Homme par excellence, entendait par la voix de son Président de la République faire entendre raison à la Lybie sur ce point. C'est ainsi que l'Elysée avait déclaré que lors d'un dîner entre les deux chefs d'Etat, Nicolas Sarkozy avait abordé le sujet avec le "guide" lybien. Mais visiblement, les traductions au sein de l'Elysée ne doivent pas être tout à fait au point, le colonel Kadhafi n'ayant apparemment pas entendu ce passage.

Mais le meilleur est venu ce jour, lors d'un discours de Mouammar Kadhafi à l'UNESCO devant des membre de la communauté africaine.  Droits de l'Homme: la leçon de morale de Khadafi, titre aujourd'hui le quotidien en ligne Libération.  Je ne puis résister à l'envie de retranscrire peut-être la meilleure partie du discours du colonel lybien: "les Africains immigrés sont considérés comme des marginaux, des nécessiteux. Ils expriment leur colère parfois par la violence, allument des incendies."

Finalement, c'est peut-être le quotidien suisse Le Temps qui résume le mieux le péril encouru par Nicolas Sarkozy et son gouvernement: "quand on dîne avec le diable, mieux vaut prendre une longue cuillère".
Par JF le démocrate - Publié dans : International
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