Lacondamnationà 3 ans et demi de prison du dissident chinoisHu
Jia, fervent défenseur des droits de l'Homme et ardent soutien du Tibet, démontre que le gouvernement chinois entend
ne pas plier face à la pression internationale. Tout ceci n'est pas bon du tout, et pourrait laisser entrevoir une grave déstabilisation de l'équilibre
géopolitique du monde. L'enjeu pour la communauté internationale est en effet de concilier la défense des droits de l'homme avec la volonté de ne pas entrer dans une "guerre froide" avec
la Chine, un concept que l'on pensait complètement oublié depuis la dissolution de l'ancien bloc de l'est.
Bien sûr, on peut penser que le pauvre Hu Jia, dont le seul crime est d'avoir exprimé ses opinion sur Internet, ne constitue qu'un élément de marchandage pour le gouvernement
chinois sur la scène internationale. On peut naturellement imaginer un scénario du genre: "on libère Hu Jia, mais en contrepartie vous relâchez la pression sur les revendications tibétaines et un
éventuel boycott des J.O".
Comme j'ai essayé de le démontrer dans un précédent billet, le boycott des J.O n'est de toute façon pas une décision à prendre à la légère. Pour des raisons de Real-Politik: liées aux relations
économiques que les pays occidentaux entretiennent avec la Chine, liées au fait que la Chine pourrait représenter à terme une grave menace pour l'équilibre du monde. Dans ce jeu de rôle où chacun
a sa partition à jouer, il faut je crois - une fois n'est pas coutume - saluer l'avancée courageuse réalisée par Nicolas Sarkozy, celui-ci n'excluant plus un éventuel boycott des
J.O, sans toutefois bien entendu le décrêter.
Au vu de la rigidité affichée par le gouvernement chinois, nous sommes peut-être à l'aube d'une crise internationale majeure. Y aurait-il moyen d'y échapper? Le pire dans tout cela, c'est que je
crois que la réponse est clairement "OUI", mais que dans la pratique la stratégie d'évitement que je vais tenter d'exposer dans la suite de
ce billet se heurte à un autre concept indissociable du monde dans lequel nous vivons: celui du "business", de la "pipolisation" du sport, de l'argent roi.
En effet, quel pourrait être meilleur boycott qu'un boycott "citoyen"? Quelles sont les personnes les plus à même de faire pression sur le
gouvernement chinois en refusant de participer aux prochains J.O, si ce n'est les athlètes eux-même? Personnellement, je n'ai encore entendu aucun athlète assumer une décision qui se voudrait
courageuse et digne d'être saluée. Tout au plus, en France, parle t-on d'un"badge"qui devrait être "très parlant", un badge peut-être tout simplement pour se donner bonne conscience. Car il ne s'agit pas non plus de
perdre ni la célébrité, ni les contrats de sponsoring si chèrement gagnés...
Le boycott de la part des médias télévisés pourrait aussi constituer une autre alternative. Mais là encore, devant le "fric" en jeu, il ne faut pas espérer de miracle. D'autant plus que les
audiences s'annoncent record, car on peut aisément imaginer que lors de ces Jeux un peu "spéciaux", le télespectateur sera à l'affût du dérapage, de l'acte de courage, de résistance oserais-je
dire, de la part de tel ou tel athlète.
Bref, ces Jeux seront de toute façon ratés si le gouvernement chinois n'évolue pas considérablement sur ses positions actuelles. Ratés pour tout le monde. Pour la Chine d'abord,
pour les athlètes qui y participeront ensuite. C'est normal, comme le dit le dicton populaire, "on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre".
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Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.
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