Dans l'attente de l'intervention télévisée qu'il tiendra demain, la côte de popularité du Chef de l'Etat ne cesse de chuter.
Ainsi selon un sondage CSA, dont leNouvel Observateurs'est fait le rapporteur, seulement 28% de nos concitoyens (contre 30% en mars) sont aujourd'hui satisfaits de l'action de Nicolas
Sarkozy. Visiblement le miracle Carla, s'il a bien été enregistré outre-manche, n'a pas encore produit d'effets en France. La cause en est peut-être une différence de culture, la
France demeurant un pays très terre-à-terre, dans lequel la "pipolisation" n'a pas encore trouvé sa place. Tant mieux oserais-je dire! Que celui qui n'a jamais lu Paris-Match (et pas
seulement chez son coiffeur ou son médecin), Voici ou Gala, me jette néanmoins la pierre...
Nous sommes je crois tous intéressés par ces informations "people" qui font le succès de certains magazines. Mais je crois que nous Français possédons une particularité: celle de bien faire
la distinction entre ce qui consiste en un divertissement de vacances, et la réalité pragmatique de la situation de notre pays. Profondément individualistes, ce qui n'est pas forcément qu'une
qualité d'ailleurs, nous regardons avant tout devant notre porte. Nous aimons le show, le spectacle, mais tant que celui-ci ne nous touche pas directement. Et en ce sens, la majorité d'entre
nous condamne aujourd'hui la 1ère année de présidence d'un Nicolas Sarkozy qui a voulu assumer un "règne" par trop "bling bling", bien trop éloigné de la réalité de la vie de nos
compatriotes. Il faut en effet savoir que le salaire médian des Français est de l'ordre de 1500 euros mensuels, pas de quoi se confectionner une collection de Rolex...
Nicolas Sarkozy a cru qu'il pouvait diriger notre pays à "l'américaine" - avec peut-être 10 ans de retard d'ailleurs -, grave erreur selon moi. L'Histoire française est trop riche pour
que cette stratégie ait un quelconque espoir de réussite dans notre pays. Bien sûr, suite à la défaite des municipales, ce dernier "a changé": je crois pour le coup qu'il ne s'agit pas
seulement d'une déclaration de bonnes intentions, mais que Nicolas Sarkozy a réellement décidé de changer son mode de gouvernance de notre République. Changement obligé, car la révolte
gronde de toutes parts: l'opinion publique en premier lieu, qui de mémoire n'a jamais autant désavoué de la sorte un Président sous la Vème
République au bout d'une année de mandat. Les élus de la nation ensuite, en particulier nos députés qui se considèrent mis à l'écart de toute décision politique. Et qui ont sans doute
grand peine à expliquer à leurs administrés des décisions auxquelles ils ne sont nullement associés.
Nicolas Sarkozy est probablement l'un des hommes politiques les plus fascinants de ces cinquante dernières années: en ce sens je crois que seuls le Général de Gaulle et à un
certain degré François Mitterrand peuvent lui faire concurrence. Fascinant, en ce sens qu'il a su grâce à une campagne présidentielle exemplaire et tactiquement quasi-parfaite, s'assurer une large victoire en mai 2007. Il a su susciter l'espoir, râtisser très large au niveau des
électeurs (quitte à ramener à lui des électeurs du Front National, non pas en les ramenant dans le "rang", mais en les attirant à lui par le biais de thèmes tout à fait discutables tels que
celui de l'Identité Nationale). Un merveilleux tacticien donc, mais un piètre stratège selon moi.
La stratégie affichée qui se voulait de gouverner la France de la même façon qu'un PDG exerce sa direction autocratique sur une entreprise était je crois de toute façon vouée à l'échec.
Comment un homme aussi intelligent n'a t-il pas su s'en rendre compte? Aveuglement de la quête du pouvoir? Manque de conseillers capables autour de lui de "le remettre dans le droit chemin"?
Il est vrai que le caractère autoritaire de notre Président doit désespérer nombre de ses collaborateurs...
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est à l'orée d'un chemin: ça passe ou ça casse. Preuve à lui de nous démontrer demain soir qu'il est réellement capable de changement, une bonne foi (non,
je n'ai pas fait de faute d'orthographe...) pour toutes. Qu'il n'aspire plus à être le monarque qu'il rêvait peut-être de devenir. Je ne doute aucunement que l'homme a les compétences
rhétoriques pour convaincre. Mais si j'avais personnellement un seul conseil à lui donner, ce serait de se rappeler d'une date ô combienimportante et fondatrice dans notre Histoire: le 14 juillet 1789... Une date symbolique que les Français n'oublieront
jamais.
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Ingénieur en aéronautique, CV disponible sur demande. Centres d'intérêts très variés, dont la politique: sur ce point, je me définis en tant qu'adhérent "exigeant" au Mouvement Démocrate.
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