Armstrong: encore un cas gênant pour Sarkozy?! (1/2)

Publié le par JF le démocrate

En préambule, autant dire que le vélo et plus particulièrement le vélo de route a toujours été un de mes sports préférés. C'était le sport que je pratiquais de façon intensive en club lorsque j'étais lycéen, avec un unique but, faire des courses à mon petit niveau. Ce qui m'a toujours été refusé par mes parents (faire des compétitions), sur les conseils d'un de mes oncles qui avait été coureur cycliste amateur et qui connaissait bien l'aspect chronophage de ce sport. Pour pouvoir décemment s'aligner tous les dimanches après-midi dans des courses même junior, il fallait en effet rouler au moins deux heures par jour. Ce qui n'était pas vraiment compatible avec faire des études, si bien que le veto de mes parents avait été clair et net. Je les en remercie aujourd'hui, car sinon plutôt que de partager mon année de Terminale entre faire du vélo pour le fun et préparer correctement un passage en classes préparatoires pour l'année suivante, je crois que vue la passion qui m'avait envahi, j'aurais surtout passé cette année là à rouler, rouler, rouler... et concourir tous les dimanches après-midi.

 

Enfin bon, tout ça pour dire que le vélo de route est en soi un très beau sport, très difficile et qu'il m'est impossible aujourd'hui de ne pas regarder avec un oeil bienveillant les exploits de ces forçats de la route. Mais qui dit oeil bienveillant n'est pas nécessairement synonyme d'être aveugle (ce serait bien d'ailleurs qu'un type comme L. Jalabert arrête de vouloir défendre l'indéfendable), et je crois même que lorsqu'on aime vraiment ce sport, on ne doit surtout pas tout laisser passer...

 

Indéniablement, du dopage il y en a toujours eu et il y en aura toujours dans le vélo, probablement comme dans tout sport qui demande peu de technique mais qui relève essentiellement de la performance physique pure.

 

D'ailleurs il est un fait aisément vérifiable: tous les grands héros de ce sport se sont un jour fait prendre la main dans le pot belge de confiture: Anquetil, Merckx, Hinault... Pas un n'y a échappé.

 

Qu'est-ce que ça peut faire quelque part? Chacun fait ce qu'il veut de sa vie après tout et si on prépare les bonhommes comme des Formule 1, eh bien on va dire que c'est le sport qui veut ça. D'ailleurs, je ne pense pas qu'un seul coureur cycliste puisse aujourd'hui évoluer dans un peloton professionnel sans disons... une préparation spécifique.

 

Alors pourquoi interdire le dopage, ou du moins certains types de dopage? Tout simplement parce qu'un homme n'est pas un moteur de Formule 1 qui doit juste tenir le temps d'une course après quoi on le change...

 

La véritable plaie au niveau dopage, même s'il y avait déjà eu des accidents précédemment, remonte au début des années 90 lorsqu'a été découvert le dopage sanguin. Afin d'avoir un taux d'hématocrites qui permet une oxygénation maximale des tissus musculaires (c'est à dire le plus de globules rouges possible), il y a en effet 3 possibilités:

 

- faire des stages en altitude, mais ça c'est du passé...

- passer des heures et des heures dans ce qu'on appelle des caissons hyperbare (ce qui est toléré) mais ce qui est je trouve très limite dopage,

- prendre de l'EPO.

 

L'EPO est donc apparu dans le cyclisme professionnel au début des années 90. Et pour ceux qui ont observé à l'époque les performances de nos chouchous de la route, un gap considérable a alors été franchi en termes de performances. Des Virenque, des Pantani (décédé) se sont mis soudainement à monter des cols quasiment au sprint... Il n'y avait plus aucune défaillance de la part des ténors, et ces exploits surhumains ont permis, notamment à France Télévision, de médiatiser à outrance des évènements comme le Tour de France.

 

Bref rien de bien gênant sur le fond, hormis pour la santé des coureurs. C'est en effet au début des années 90 que la face obscure de ce dopage sanguin est également apparue. Les taux d'hématocrites chez certains coureurs étaient tellement élevés que la nuit il était nécessaire de les réveiller à 3 heures du matin pour les faires rouler pendant une heure sur ce qu'on appelle un "home-trainer", ou de simples rouleaux, car il y avait risque de formation de cailleaux sanguins en cas d'inactivité. Ces héros de la route n'étaient plus des compétiteurs, mais des hommes en constant danger de mort. Cette époque a été je crois la pire de toute l'histoire du cyclisme.

 

Les autorités de contrôle ont trouvé une parade pour que certains coureurs ne mettent plus délibérément leur vie en danger: fixer un taux maximal d'hématocrites au-delà duquel le coureur est déclaré inapte à la pratique sportive. D'ailleurs, à ma connaissance, ces mesures perdurent encore aujourd'hui.

 

En parallèle en 1998, l'affaire Festina a éclaté. Des gens se sont mis à parler. De mémoire un seul, notre R. Virenque national, peut-être mal conseillé par son avocat, Me G. Collard, a décidé de tout contester en bloc, déclarant cette fameuse phrase tant de fois reprise par les Guignols: "j'ai été dopé à l'insu de mon plein gré". Cette défense bien évidemment n'a pas tenu plus d'un an me semble t-il...

 

Et puis en 1999, un certain Lance Armstrong est arrivé sur le Tour de France... Mais ça, c'est pour la 2ème partie du billet.

Publié dans Sport

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article