C'est à Sarkozy de faire en sorte que Le Pen ait ses signatures

Publié le par JF le démocrate

On commence à bien connaître le refrain de l'UMP sarkozyste: d'un côté, on s'affiche en vierge effarouchée et on annonce le sempiternel "nous sommes aux antipodes des valeurs du FN"; de l'autre on laisse faire - que dis-je on encourage même très probablement - un C. Guéant à persévérer dans des provocations malsaines qui lui ont valu d'être reconnu par le FN comme "membre d'honneur" du mouvement.

 

Toute l'ambiguïté du jeu sarkozyste se trouve dans cette contradiction. Et sauf erreur de ma part, le seul poids lourd de la majorité présidentielle qui semble refuser de cautionner ce type de comportement, c'est A. Juppé, vrai héritier d'une Chiquarie qui s'est elle toujours refusée à jouer sur ce registre ambigu pour ne pas dire clairement malsain.

 

Dès lors, quand on affiche simultanément une idée et son contraire, quand on est à la fois pyromane et pompier, il faut savoir assumer. Ce serait là le vrai courage de N. Sarkozy dans cette campagne, puisque le mot courage est aujourd'hui à la mode, accepter une confrontation au premier tour des présidentielles avec M. Le Pen, quitte à se faire éliminer dès le 22 avril prochain. Pour ce faire, il suffit probablement d'un seul coup de fil de notre P.R... et le problème serait vite réglé.

 

Ah... Bien sûr, N. Sarkozy n'est pas candidat à la prochaine élection présidentielle... Sarkozystes convaincus (j'ai failli l'écrire en deux mots, mais la décence et un minimum de respect m'ont retenu), continuez-donc à nous prendre pour des andouilles...

 

Il est impensable que M. Le Pen ne puisse pas se présenter aux prochaines présidentielles, il est même totalement anormal qu'on en soit réduits à attendre le verdict du Conseil Constitutionnel pour savoir si, après que le Conseil d'Etat ait reconnu que le non anonymat des parrainages pouvait constituer un problème constitutionnel, nos Sages considèreront ou non qu'il y a dans le dispositif actuel quelque chose qui ne colle pas avec notre Constitution, ou du moins - je le suppose parce que je ne suis pas juriste - qui ne colle pas avec l'esprit de notre Constitution. La Constitution d'une République démocratique.

 

Il y aura toujours des gens pour craindre la démocratie, pour hurler avec certains loups contre l'existence même du FN, qui est un parti politique on ne peut plus légal: ainsi ce témoignage d'un élu EELV, témoignage qui fait craindre pour la démocratie et qui est d'une stupidité confondante. On savait déjà qu'EELV et la démocratie ne faisaient pas toujours bon ménage, mais là les propos sont d'une bêtise telle qu'ils nous ramènent directement à la Chine de Mao...

 

Il n'y a je crois pas 36 possibilités qui s'offrent aujourd'hui. Un petit coup de fil et c'est réglé... Une décision du Conseil constitutionnel en faveur du FN, et ce seront les petits candidats qui ont déjà renoncé faute de signature qui monteront au créneau... Ou des manifestations qui pourraient dégénérer en émeutes, puisque selon les sondages environ 20% des électeurs comptent voter pour M. Le Pen le 22 avril prochain...

 

Il y a une de ces possibilités qu'il faut surtout éviter. Au-delà du chef de clan, notre PR n'est-il pas juste dans son rôle s'il se décide (enfin) à protéger l'unité de la Nation? Mais avec un bémol toutefois: en anticipant, et non pas en attendant que des émeutes se produisent... Point n'est question de brandir l'article 16 de notre Constitution en cas d'émeutes: où alors, il faudrait se ranger à cette idée à laquelle je ne veux croire. Que Sarkozy et l'Empereur Palpatine de Star Wars sont identiques dans leur comportement...

Publié dans Paysage politique

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