Et si 2012 était l'année "Bayrou"?

Publié le par JF le démocrate

Je sais, certains me diront que je ne suis qu'un doux idéaliste, certains par pessimisme, d'autres parce qu'ils ne veulent tout simplement pas (ou plus) entendre parler de Bayrou.

 

Tous, je crois, reconnaissent en revanche la justesse de la vision de F. Bayrou pour notre pays. Tous reconnaissent aujourd'hui qu'il y a un gros problème avec l'Education Nationale, et que face à la désindustrialisation croissante de notre pays, le service aux personnes - qui était à la mode il y a deux ou trois ans et dont j'entendais honteusement vanter les mérites - ne constitue qu'une rustine temporaire, créatrice de quelques emplois mais incapable - bien évidemment - de résorber le chômage. Sans production industrielle, il n'y a rien.

 

Quasiment tous, hors quelques fanatiques, reconnaîtront que le quinquennat de N. Sarkozy aura été catastrophique pour la France. Un quinquennat fait de clivages humains artificiellement entretenus, de démontage de notre système éducatif, de gesticulations incessantes dont on peut se demander l'utilité, d'échec cuisant dans le domaine de la sécurité, de dette à un niveau jamais atteint, de clientélisme vis-à-vis de certains privilégiés, de doute sur l'indépendance de la Justice, d'arrogance parfois mal placée à l'égard de nos partenaires européens, d'affaires qui éclaboussent...

 

La liste est longue, et je pourrais d'ailleurs la continuer sans trop de difficultés...

 

Bref, quasiment tous ont envie de changement, d'air nouveau, d'une façon de gouverner différente. Et je suis même persuadé que dans les "quasiment tous" que je cite, se trouvent de nombreux élus UMP, qui ont suivi N. Sarkozy par intérêt électoral en 2007 et qui craignent aujourd'hui que l'obstination du chef à vouloir conserver le pouvoir coûte que coûte ne les condamne à perdre des élections futures. On sent bien d'ailleurs depuis quelques mois l'UMP se fissurer de plus en plus. On ne peut que constater les contradictions qui émanent d'une majorité qui dans l'absolu devrait être soudée, mais qui dans la réalité l'est de moins en moins. Il n'y a qu'à voir les divergences de déclarations entre F. Fillon / B. Accoyer et N. Sarkozy / JF. Copé sur l'intérêt des primaires socialistes. Il n'y a pas parti plus schizophrène que l'UMP d'aujourd'hui. Bref, on sent au sein de la majorité une nervosité qui devient de plus en plus palpable, qui s'étale de plus en plus au grand jour. Peut-être jusqu'à son éclatement final. Car vu comment les choses sont parties, si Sarkozy ne fait pas plus de 45% dans les sondages en février prochain pour le second tour des présidentielles, on peut imaginer avec quasi-certitude qu'il y aura des défections importantes dans son propre camp.

 

Ainsi, le paysage politique actuel, pourtant déjà en mouvement depuis quelques temps, pourrait encore se modifier bien plus d'ici la présidentielle.

 

Toutefois, après la défection de JL. Borloo, la défaite de N. Hulot aux primaires écologistes, l'hypothétique candidature d'un H. Morin qui ne ferait sans doute guère plus de 2 ou 3%, on peut d'ores et déjà annoncer quelles seront les forces dominantes pour la prochaine présidentielle:

 

- l'extrême gauche sera représentée par JL. Mélenchon, et prendra des voix au PS lors du premier tour,

- le PS sera représenté par M. Aubry ou F. Hollande, et suivant l'influence qu'aura A. Montebourg d'ici dimanche, s'éloignera ou ne s'éloignera pas d'une ligne purement sociale-démocrate (pour pencher plus à gauche),

- le Centre, le seul et l'unique, sera représenté par F. Bayrou, qui a déjà indiqué qu'il serait candidat en 2012,

- l'UMP, c'est la grande inconnue, celle qui pourrait tout chambouler, sera représentée par N. Sarkozy, ou...?,

- le FN sera représenté par M. Le Pen, qui risque de prendre beaucoup de voix à l'UMP.

 

Désolé si je ne montre aucun égard vis-à-vis des autres candidats déclarés, mais à part grapiller quelques pour-cents, je ne vois pas par quel miracle ils pourraient jouer un quelconque autre rôle que celui de figurants lors de la prochaine présidentielle.

 

L'extrême-gauche n'ayant quasiment aucune chance d'être au second tour, j'écarte Mélenchon. Ceci ne nous laisse que 4 prétendants sérieux pour accéder au second tour: Aubry ou Hollande, Bayrou, Sarkozy ou? et M. Le Pen.

 

C'est entre ces 4 là que ça se jouera, je crois, j'en suis même sûr. Sans doute à pas grand chose d'ailleurs pour l'accès au deuxième tour. En particulier, nous ne sommes pas à l'abri d'un nouveau 21 avril 2002. Si c'était le cas, il faudrait s'en prendre aux pompiers-pyromanes qui ont cru qu'on pouvait maîtriser aussi facilement le feu.

 

En attendant, l'espace au Centre s'éclaircit et s'agrandit de jour en jour. Ce qui n'est pas à proprement parler pour me déplaire.

Publié dans Paysage politique

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JF le démocrate 16/10/2011 02:55



@ Françoise


Je crois aussi que le thème des retraites jouera beaucoup dans cette campagne, ... et que le PS a pris un chemin très dangereux sur ce sujet précis.


 


@ Mirabelle


Un peu d'optimisme nom d'un chat!



Mirabelle 15/10/2011 07:28



heu, lire il au lieu d'elle ( je parle du centre) ... fatiguée moi, dès le matin !



Mirabelle 15/10/2011 07:27



Dans vos rêves, les enfants ... la gauche avec ses primaires a créé une dynamique ...le centre est à nouveau marginalisé, et c'est pas plus mal vu qu'elle s'est rapprochée de sarko et qu'elle n'a
pas vraiment d'idées...



Françoise Boulanger 14/10/2011 02:56



A lire les commentaires des socialistes entre eux, on comprend qu'ils ne sont pas d'accord sur les bases de leur programme.


Le thème des retraites en particulier me semble un point faible sur lequel François Bayrou aura l'avantage d'une compréhension claire de la situation et des solutions possibles. Il a
aussi la réflexion de Robert Rochefort qui a écrit un livre pertinent sur le sujet.