Il fait froid, très froid, surtout pour les sans-abri

Publié le par JF le démocrate

C'est un fait météorologique que personne n'ignore: depuis quelques jours, il fait froid, il fait même très froid sur l'ensemble de la France avec des températures minimales de l'ordre de -10 à -15°C en plaine.

 

Beaucoup naturellement, et j'en fais partie, s'inquiètent pour leur consommation d'électricité ou de gaz, afin de maintenir au moins une température de 18°C dans leur logement. On pense isolation, on pense à comment optimiser notre chauffage. Bref, on pense avant tout à notre propre "gueule", sans vraiment se soucier de celle des autres. D'ailleurs, n'est-ce pas le "chacun pour sa gueule", le chacun pour son propre intérêt personnel qui sera le déterminant du résultat de notre prochaine élection présidentielle?!

 

Le peuple français est avant toute chose égoïste, ce n'est pas une insulte que de le dire, c'est un constat. Nul besoin de remonter aux heures les plus sombres de notre Histoire récente, à des périodes collaborationnistes où au nom du "protéger sa propre gueule", certains allaient dénoncer des Juifs... N'est-ce pas le fâmeux point "Godwin" que j'ai atteint en faisant ce rappel que nul n'a envie de se voir jeter à la figure?

 

Et pourtant... Et pourtant, alors qu'il fait la nuit entre -10°C et -15°C, qui se soucie aujourd'hui-même des sans-abri?

 

Des politiques, c'est à dire ceux qui nous représentent, qui ne sont ni plus ni moins qu'à notre image selon la volonté du scrutin démocratique?

 

Il y a plusieurs années de cela, j'ai écrit - comme d'autres - ce slogan en en-tête de ce blog:

 

"Je veux, si je suis élu Président de la République, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien: si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit quand il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause".

 

Ce laïus a été prononcé par N. Sarkozy le 18 décembre 2006 et il comporte une assertion finale qui fait plus appel à l'intérêt futur de chacun plutôt qu'à l'humanisme, mais peu importe, s'il avait été prononcé par d'autres je crois que rien n'aurait changé par rapport au problème actuel. Parce que le problème actuel, c'est justement le fait que rien n'a changé depuis 5 ans tout comme rien n'avait changé dans les 5 années précédentes et on peut remonter à loin comme cela...

 

La vérité, c'est qu'à part quelques associations, les SDF tout le monde s'en fout et il faut que nous l'assumions collectivement. Le "plus" du gouvernement actuel, c'est que selon qu'ils sont Roms, immigrés clandestins ou Français de Souche, on va les trier, les classer en catégories. Merci infiniment Monsieur Guéant d'avoir su faire preuve d'un tel discernement, à défaut de savoir faire preuve d'humanisme.

 

Mais point n'est question de condamner l'UMP sarkozyste sur ces faits. Combien sont-ils à être allé à la Fondation Abbé Pierre pour signer une fois de plus un pacte qui n'engage que celui qui y croit? Il y en a même d'ailleurs un qui s'est fait enfariner à l'occasion, certes par une déséquilibrée, mais une déséquilibrée qui pour le coup a choisi le bon moment.

 

Est-ce normal que ce n'est qu'en 2012, que ce n'est qu'à l'occasion des élections présidentielles que le sujet du logement est (enfin) mis sur la table politique, alors qu'on sait tous et depuis pas mal d'années maintenant, qu'un smicard n'a même plus la possibilité de se loger en région parisienne? Est-ce normal de ne s'intéresser au problème du logement qu'aujourd'hui?

 

Peuple égoïste qui ne pense qu'à sa "gueule", voilà ce que nous sommes. Moi le premier d'ailleurs. Nos dirigeants et nos élus politiques ne sont qu'à notre image, et c'est pour cela qu'ils obtiennent nos votes. Ils ne sont finalement que le reflet de nos propres personnes, car ils ne répondent qu'à nos priorités nombrilistes: je suis aux minima sociaux, je veux toutes les allocations possibles et imaginables; je suis ouvrier, je veux que le SMIC soit revalorisé; je suis fonctionnaire, je veux conserver mes avantages de fonctionnaire; je suis cadre dans le privé, je ne veux pas qu'on me tape dessus avec les impôts; je suis cadre supérieur, je ne veux pas qu'on me taxe pour ces fainéants qui ne veulent pas travailler... Je vous l'ai déjà dit, les SDF on s'en fout... De toute manière, les SDF ne votent pas...

 

En attendant, heureusement qu'il y a encore le SAMU social et les "maraudeurs", parce que la solidarité collective semble être totalement absente de ce pays. Coluche n'est plus là, l'Abbé Pierre non plus, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils nous manquent cruellement en des périodes aussi froides. Car rétablir, pour ne pas dire établir, un vrai sentiment de solidarité nationale, ce sera très dur dans notre pays: il y a juste l'obstacle énorme de la mentalité.

Publié dans Société

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JF le démocrate 07/02/2012 23:31


@ Françoise


Le problème, ce sont les grandes villes. On y est dans l'anonymat le plus total. Et presqu'intantanément dans l'oubli... Dans des très petites villes, les gens se connaissent, au moins
visuellement. Ils se crachent dans le dos parfois... Mais il existe un lien humain qui fait que si quelqu'un est au bord de la route, il y en aura toujours d'autres pour venir à son secours.

JF le démocrate 07/02/2012 20:02


@ Oups et Françoise


Le "je me fous des SdF", sauf quand il y a des présidentielles, n'est-ce pas le signe d'une civilisation supérieure aux autres?!

Françoise Boulanger 07/02/2012 11:04


Tu as raison, JF, c'est dans notre coeur que cela se passe. Il ne tient qu'à chacun d'entre nous d'agir localement.


 A Dax, c'est assez facile d'organiser des maraudes car la ville n'est pas si grande. Mais chacun peut agir individuellement dans son quartier. Et faire évoluer les mentalités. Merci de
le rappeler.

Oups 06/02/2012 08:12


Rien à ajouter....individualisme, quand tu nous tiens...