L'Education Nationale ou les mauvais calculs de l'UMP et du PS

Publié le par JF le démocrate

François Hollande veut, s'il est élu Président de la République, recréer 60.000 postes dans l'Education Nationale, ceux qui ont été supprimés par le gouvernement Sarkozy durant son premier quinquennat.

 

Il s'agit à mon sens d'un mauvais calcul (politique), parce que revenir en arrière toute reviendrait à dire qu'entre 2007 et 2017, il n'y a eu aucune évolution de l'Education Nationale en France. Et la France, en particulier l'E.N vaut mieux que ce jeu du "je fais" puis "je défais".

 

La seule approche possible qui soit non démagogique consiste à partir des besoins requis et à mettre en face, sous les contraintes budgétaires que l'on connait tous, l'organisation et les moyens nécessaires. Il n'y a qu'ainsi qu'on peut décemment raisonner, tout le reste ne constituant que charabia politicien.

 

Sarkozy y a clairement été de façon trop forte et irraisonnée dans la diminution de postes, créant un malaise immense parmi les enseignants (au point qu'aujourd'hui on n'en trouve plus pour vouloir faire ce métier), et obligeant l'E.N à recruter d'autant plus de vacataires ou de contractuels. L'excès inverse ne vaut pas mieux. Revenir à un statu quo sans tenir compte des besoins réels en enseignants est d'une absurdité sans nom.

 

Pour autant, il y a des calculs, qui faute d'une réelle estimation du besoin en nombre d'enseignants, ne tiennent pas la route. Et là, j'ai envie de renvoyer chacun dans son camp en leur décernant un diplôme de nullité politique affligeante pour notre pays.

 

Selon le calcul de F. Hollande, la mesure coûte 2,5 milliards d'euros. Si c'est sur 5 ans, c'est bien évidemment totalement faux. En gros, cette mesure - et je crois que tout le monde sera d'accord là-dessus - augmente le budget de l'Etat d'environ 500 millions d'euros par an, si on calcule de façon absurde ou disons très limitée. Et naturellement, comme il y a un effet de cumul, sur 5 ans on arrive au chiffre de 7,5 milliards d'euros et non pas à 2,5 milliards d'euros.

 

C'est ce chiffre qui est avancé par L. Chatel pour dire que F. Hollande s'est trompé. Mais le chiffre de 7,5 milliards d'euros est bien évidemment aussi totalement faux! S'il y avait juste besoin de faire des calculs de niveau collège pour prédire le budget de l'Etat, nous n'aurions ni besoin de ministres, ni de hauts fonctionnaires; une simple calculatrice suffirait. Peut-être que ce calcul (de 7,5 milliards d'euros) est un exploit personnel pour L. Chatel, lui qui a tant de mal à faire une simple règle de trois, mais en attendant cette querelle absurde de chiffres peut nous faire penser que nos politiques (ceux qui nous gouvernent ou ceux qui nous gouverneront) n'ont pas dépassé le niveau de la classe de 3ème. Parce qu'en ce moment, les arguments échangés sont clairement du niveau calcul de collège, ne nous faisons pas d'illusion. Ce qui est tout simplement honteux pour ce qui reste quand même un grand pays comme la France.

 

Personnellement, je suis bien incapable de vous faire le calcul réel de ce que coûterait au budget de la France la re-création de 60.000 postes dans l'E.N. Je peux juste lister un certain nombre de paramètres qui entrent en jeu dans ce calcul ou plutôt dans cette estimation de coût, qui est bien plus compliqué qu'on voudrait - à la fois au PS et à l'UMP - nous le faire croire.

 

1) S'il y a plus d'enseignants titularisés, logiquement le recours aux vacataires et aux contractuels devrait être moindre, ce qui fait des dépenses en moins.

 

2) Si le malaise des enseignants est moins prégnant qu'aujourd'hui, il y aura logiquement moins d'arrêts-maladie, là encore ça change les donnes du calcul.

 

3) Si on embauche 60.000 personnes, ça veut dire aussi qu'il y aura 60.000 chômeurs de moins. D'où moins d'indemnités ASSEDIC à verser.

 

4) etc...

 

Bref, il y en a un qui a pris la fourchette basse, l'autre qui a pris la fourchette haute, dans une caricature qui fait pitié. Et dans une discussion de marchands de tapis qui fait autant pitié, si ce n'est plus encore.

 

Quand enfin nos politiques UMP et PS "s'éléveront-ils" ? Sauf à nous prendre pour d'authentiques handicapés du bulbe.

Publié dans Paysage politique

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Isabelle 02/11/2011 16:17


Tu as tout résumé pour expliquer le calcul qu'il fallait faire : il faut partir des besoins... Maintenant que les primaires sont finies, le PS peut travailler sur son réel programme : à suivre.
Pour l'UMP, on le connaît : ça va être encore pire vu que Sarko ne pourra prétendre à un 3e quinquennat, autant pour lui se lâcher dans le 2e : on n'a encore rien vu.