Le logement, le grand oublié (pour le moment...)

Publié le par JF le démocrate

Chacun, de la gauche à la droite en passant par le centre, y va de sa priorité pour sortir de la crise. Et du fait de notre actualité devenue quotidienne, quasiment tout le monde est aujourd'hui focalisé sur les problèmes de dette souverraine. Une dette qui plombe les marchés financiers, ou pour le moins dont certains opérateurs de marchés se servent comme alibi pour mieux spéculer à la hausse ou à la baisse (plutôt à la baisse en ce moment).

 

F. Bayrou avait clairement mis le doigt sur le problème dès la présidentielle de 2007, mais les électeurs ont préféré sélectionner pour le second tour des "faiseurs de rêve", ceux pour qui la dette ne constituait pas un vrai problème et qui par leurs programmes outrancièrement dépensiers menaçaient de la creuser plus encore. Ce fut le cas de N. Sarkozy, qui a finalement été élu, peut-être sur une promesse intenable - mais qu'il aura néanmoins tenue jusqu'au bout, autant lui accorder le mérite de tenir jusqu'au bout des engagements néfastes pour notre pays -, celle de ne pas augmenter les impôts durant son quinquennat. En particulier, cela signifiait ne pas augmenter les impôts des classes les plus favorisées. Ces classes les plus favorisées, qui sont aussi pour certaines accessoirement membres du premier cercle des donateurs de l'UMP, qui payent au maximum 41% d'imposition sur le revenu (c'est la dernière tranche), mais qui par je ne sais quel miracle de l'ingénierie financière se voient gratifier au titre du bouclier fiscal de chèques de remboursement généreusement signés par Bercy, sur la base d'un principe qui nous a été martelé comme si nous étions d'authentiques sourds: "le revenu du travail ne doit pas être taxé à plus de 50%".

 

L'échec de cette politique irresponsable pour notre pays est flagrante aujourd'hui. Et je pense que la grande majorité de nos compatriotes n'a qu'une envie: sortir définitivement du "système Sarkozy", sortir de ce manque de vision de l'avenir de notre pays, sortir de cette hyperactivité de l'instant qui conduit notre PR à "papillonner" de façon continuelle, mais sans aucune ligne politique claire sur le moyen ou le long terme, hors celle de ne pas revenir sur les engagements faits aux amis du Fouquet's...

 

Mais dans les projets alternatifs tous azimuts qui commencent à émerger aujourd'hui, il me semble qu'il y a un oubli flagrant, qui pourtant est d'envergure: celui du logement.

 

Je pense que vous savez tous ce qu'est le logement: au pire juste bénéficier d'un domicile, d'un toit contre la pluie, de murs (éventuellement isolés) pour protéger du froid. Bref, le logement ce n'est ni plus ni moins qu'une question de décence. Sans logement, on ne vit pas, on s'appelle SDF. Et des SDF, il y en a toujours autant sinon plus (parce qu'il est difficile, peut-être aussi dérangeant de recenser leur nombre).

 

Et aussi étrange que cela puisse paraître, je ne vois rien - dans aucun prémice de programme politique pour 2012 -, qui soit vraiment consacré au logement.

 

Rien de rien. La lutte contre la dette oui, la lutte contre le chômage oui, la priorité donnée à l'Education qui en a bien besoin, OK. Mais le logement, que dalle. Comme si c'était un problème qui n'existait pas.

 

J'arrête là ce billet, parce que je ne voudrais pas qu'il soit trop long, mais rassurez-vous, le problème du logement j'y reviendrai très bientôt. Parce qu'il n'y a plus un smicard qui peut se loger en région parisienne. Parce que des étudiantes sont obligées de "faire la pute" pour se loger - toujours en région parisienne - chez de vieux maquereaux immondes mais toujours en soif de chair fraiche. Parce que pour beaucoup une fois décaissées les dépenses liées au logement, il ne leur reste plus rien pour vivre, et donc pour consommer. Parce qu'enfin, les logements sociaux, on n'a plus les moyens de les construire et les allocation logement viennent un peu plus peser sur les dépenses de l'Etat. J'y reviendrai, tant ce problème est crucial, mais juste - momentanément j'espère - éludé par nos politiques aujourd'hui.

Publié dans Paysage politique

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