Le témoignage d'une mère... stupéfiante

Publié le par JF le démocrate

Je ne sais pas si vous avez lu ce témoignage assez particulier sur le Nouvel Obs.com, intitulé Défonce dans les collèges d'excellence: le coup de gueule d'une mère stupéfiée.

 

Personnellement, lorsque j'ai lu ça, d'abord très en diagonale puis devant l'énormité de façon plus approfondie, je me suis d'abord demandé s'il s'agissait d'une blague. Apparemment non, et je fais confiance au Nouvel Obs pour ne pas insérer de "fakes" dans ses articles (cette pauvre dame a semble t-il juste été mise en pâture, vue son ignorance manifeste des réalités de la vie).

 

Mais lisez-donc et vous verrez.

 

D'abord, vous vous rendrez compte que ce témoignage transpire un élitisme total: cette dame nous rappelle son pédigrée à tout moment (il faut vraiment être myope pour ne pas se rendre compte qu'elle est universitaire, que son fils de 14 ans a un QI au-dessus de la moyenne et qu'elle habite dans le 5ème arrondissement parisien).

 

Ensuite vient une charge contre le lycée Henri IV, "une machine qui porte au pinacle les têtes de classe et broie les suivants" (ce qui d'ailleurs n'a pas l'air de déranger cette dame outre-mesure), tout ça parce que petit-chéri de sa mère est allé se fournir en cannabis dans les jardins de l'Observatoire. Et cette dame apparemment de ne pas comprendre comment le surdoué génitalement conçu a pu en arriver là.

 

Je vous passe la suite. Mais en gros, tout est de la faute soit de l'Education Nationale, soit de la Police.

 

L'éducation parentale là-dedans? Apparemment, cette dame ne semble pas apte à se remettre en cause, peut-être persuadée que son fils est génétiquement destiné à faire Polytechnique, sans plus de difficultés que ça.

 

Passons sur ce cas particulier pour en venir à du plus général. Le plus général, c'est bien évidemment ce sentiment de déresponsabilisation de certains parents devant ce qui peut arriver à leur progéniture. Alors que qui mieux que les parents sont aptes à donner une éducation - telle qu'ils le souhaitent - à leurs enfants?

 

Il faudrait peut-être rappeler à certains parents que l'Education Nationale n'est pas là pour remplacer le rôle des parents, que la Police n'est pas là que pour protéger petit-chéri de sa mère vis-à-vis de dealers - sans états d'âmes - qui peuvent sévir n'importe où, et pas seulement dans les banlieues. Ben oui, les "flics" ne peuvent pas tout faire... Leur boulot est suffisamment difficile comme ça déjà, notamment quand ils ont une politique du chiffre à respecter. Dans ces conditions, pour attraper un zozo dans les jardins de l'Observatoire, qui bien évidemment n'a jamais rien sur lui mais tout planqué dans le gazon, est-ce qu'il faut mettre une brigade complète en alerte, en plus d'un ou deux "sous-marins" pour que le 5ème n'ait décidément plus rien à voir avec Saint-Denis?!

 

Mais... Il faudrait peut-être aussi rappeler à certains parents que ce n'est pas en claquant des doigts que petit-chéri fera automatiquement Polytechnique, Normale Sup ou HEC. Qu'il ne suffit pas d'habiter dans le 5ème et d'être scolarisé à Henri IV pour y parvenir, même si ça aide un peu. Peut-être aussi leur rappeler que si les enfants n'y arrivent pas, ce n'est pas pour ça qu'ils doivent devenir la honte de la famille.

 

J'ai déjà vu assez d'élèves se "casser littéralement la gueule" une fois arrivés en prépa, pour me dire que certains parents ne sont pas étrangers à ce "broyage" imposé par des études trop élitistes. Et je vois trop de parents qui ont de bien trop grandes ambitions pour leur progéniture, en regard des capacités intellectuelles de celle-ci (en maths particulièrement, mais aussi en Français quand sur le travail d'un élève de Terminale je recense 3 à 4 fautes d'orthographe ou de grammaire par ligne d'écriture...).

 

Vivons-nous dans une société du rêve?

Publié dans Société

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