Partager l'article ! Revenus extravagants des publicitaires: qui paye?: Deux publicitaires de renom viennent de défrayer la chronique. Mau ...
Deux publicitaires de renom viennent de défrayer la chronique.
Maurice Lévy d'abord, le patron de Publicis, pour s'être vu octroyer un méga-bonus de 16 millions d'euros. Ce qui correspond à la louche à environ plus de 1000 années de SMIC net. Non vous ne rêvez pas, il s'agit bien de plus de 1000 années de travail pour quelqu'un qui est au SMIC.
Jacques Séguéla ensuite. On connaissait ses provocations outrancières, on connaissait le "si à 50 ans tu n'as pas ta Rolex, c'est que t' as raté ta vie". Ou quelque chose de ce genre. Désormais, on connais le "salope" adressé à A. Pulvar... Suivi peu après d'une courte lettre d'excuse pour éviter d'être poursuivi en Justice... Ca, c'est du grand art publicitaire: je balance une insulte (je fais ma pub parce qu'on m'a peut-être oublié) et ensuite en 10 minutes chrono en main quand on lit la lettre qui fait 5 ou 6 lignes, j'évite toutes les conséquences qui pourraient être fâcheuses pour ma personne, ou pour mon entreprise puisque n'oublions pas que J. Séguéla est vice-président de Havas, l'autre très grosse entreprise de pub française (dont V. Bolloré, "l'homme au yacht" est le président du conseil d'administration).
Tout cela pourrait sembler anecdotique si la publicité n'intervenait pas - par son coût - dans les prix de vente de tout produit vendu en France (mais aussi à l'étranger quand il s'agit de faire la publicité pour une marque).
Regardez la liste des clients de Publicis par exemple: vous y trouverez des enseignes de grande distribution telles que Carrefour, Intermarché, mais aussi EDF... Parce que même EDF a confié sa publicité à Publicis, et le prix de cette publicité vous le retrouvez dans votre facture d'électricité.
Chez Havas, idem, je vous laisse le soin de découvrir toutes les grandes marques ou distributeurs, voire banquiers qui ne pensent qu'à la pub.
Seulement, la pub quelque part elle nous "emmerde":
- elle provoque des coupures lorsqu'on regarde des films à la TV,
- elle contribue à payer grassement, bien trop grassement, des sportifs de haut niveau tels que des footballeurs millionnaires,
- et surtout, la pub il faut la financer.
Parce qu'il ne faut pas rêver, le bonus de M. Lévy, les millions que gagnent les joueurs de foot, il faut bien que quelqu'un les paye. Il n'y a pas de miracle, personne n'a encore inventé la machine à fabriquer du fric... Alors qui paye? Le consommateur naturellement, puisque le prix de la pub, le prix du bonus de M. Lévy, pour partie les salaires des joueurs de foot, tout est répercuté dans les prix des produits que nous achetons quotidiennement.
Il y a clairement un problème de production en France, F. Bayrou l'a très bien identifié. Il y a dans la décomposition finale du prix d'un produit des éléments qui sont clairement identifiés. De plus en plus le coût de production, parce que les producteurs, ceux qui sont en tout début de chaîne, commencent à en avoir clairement ras-le-bol d'être continuellement pressurisés, et il y a le prix de vente final du produit. Mais entre les deux, c'est l'opacité la plus totale, mieux gardée que le plus sensible des secrets-défense.
Où la publicité intervient-elle dans la chaîne de coût d'un produit? Pas au début, c'est clair, mais plutôt en fin de chaîne. Là où par le biais de coefficients multiplicateurs ou de pourcentages, on arrive parfois quand on cumule tout à multiplier par 3 voire 5 un prix de vente sortie usine.
Il y a deux conclusions à tirer de ce constat:
1) Soit on se dit c'est la fatalité, il n'y a rien à faire, et si on diminue de 10% le coût de production, on diminuera de 10% le prix final (puisqu'on n'applique généralement que des coefficients multiplicateurs). Le corollaire, c'est "il ne faut surtout pas travailler dans la production, c'est un attrape-couillons, c'est le premier élément de la chaîne de coûts, c'est là où on s'en prend plein les dents". Alors qu'en fin de chaîne, on s'en fout plein les poches, tellement plein les poches qu'on peut même financer des joueurs de foot... Et c'est le drame industriel français aujourd'hui. Pourquoi travailler en début de chaîne, alors que c'est infiniment plus lucratif de travailler en fin de chaîne???
2) Soit on se dit, il y a quelque chose qui cloche. Et si quelque chose cloche, je voudrais savoir pourquoi. Je voudrais savoir pourquoi le prix usine d'un produit peut être multiplié par 3 ou par 5 lorsqu'il est présenté au consommateur. Et là, c'est l'omerta: mieux défendu qu'un secret-défense je vous dis.
Dans la situation actuelle, si j'avais un fils et que celui-ci me disait: "je veux être ingénieur papa", je lui rétorquerais "arrête de dire des bêtises, tu seras publicitaire mon fils, c'est beaucoup plus porteur. Et avant 50 ans, tu auras ta Rolex".
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