Peugeot ou la preuve que l'alternance est nécessaire

Publié le par JF le démocrate

Le groupe PSA apporte aujourd'hui la preuve, encore vivante, que l'alternance politique est plus que nécessaire - elle est devenue carrément indispensable - dans notre pays.

 

Peu importe la stratégie du groupe, la stratégie des actionnaires aussi, que je ne suis pas à même de juger. Et ce d'autant plus que PSA semble avoir suivi une voie qui m'est chère: celle d'un certain "nationalisme industriel", d'une volonté de conserver la majeure partie de la production industrielle sur notre territoire, contrairement à Renault par exemple.

 

Mais le hic se situe ailleurs. Il se situe dans le décalage entre les intentions et les déclarations de faits. Dès 2011, peut-être même avant, en tout cas avant les présidentielles il traînait comme des intentions de fermeture du site d'Aulnay-sous-bois. 8.000 personnes touchées, sans compter les sous-traitants, ce qui doit amener le nombre de personnes touchées à environ 30.000. Insupportable quand on prépare une présidentielle...

 

Autant les dégradations de la note de la dette française sont incontournables, car elles dépendent d'agences américaines qui n'en ont rien à faire de l'élection présidentielle en France, autant des plans sociaux peuvent être retardés pour cause d'échéance électorale. Ce qui est très mauvais pour l'image de marque de l'entreprise et dans l'indignation nous incite plutôt qu'à poser la bonne question à savoir "avaient-ils le choix?", à simplement se dire que ce sont des "salopards" qui ont fait ça.

 

Alors que la vraie question à se poser serait plutôt "avaient-ils le choix d'annoncer plus tôt la fermeture du site d'Aulmay-sous-bois?" Quand on a la pression d'un Sarkozy sur soi, on hésite forcément... La pression d'un Hollande serait peut-être la même. Celle d'un Chirac ou d'un Mitterrand aurait sans doute été de même ampleur.

 

Il y a là réel conflit d'intérêt entre ce que doit être la liberté des entreprises, y compris celle d'annoncer des catastrophes, et les préoccupations purement électoralistes qui apparaissent en période d'élections présidentielles. Ce qui est impossible à gérer pour une entreprise, prise entre le marteau et l'enclume. Il y a également non respect de la part de ceux qui émettent des pressions, d'abord de l'entreprise elle-même, ensuite de ses salariés et de ses sous-traitants.

 

Quand on en est comme PSA à annoncer officiellement, mais avec beaucoup de retard, la fermeture d'un site tel qu'Aulnay-sous-bois, ce n'est ni seulement l'image de la marque qui en prend un coup, c'est aussi une perspective de conflit social indescriptible qui voit le jour.

 

L'image de marque de PSA n'avait pas besoin de ça. Je suis personnellement propriétaire d'une Peugeot, mais dont le calculateur moteur est en panne. C'est une simple carte électronique, fabriquée je ne sais où, enfermée dans un boitier métallique. Le dernier devis qui m'a été donné est de l'ordre de 1.000 euros hors taxes, rien que pour cette carte électronique, ce qui est clairement se foutre du monde. J'ai comparé, chez Renault, la carte pour un modèle équivalent coûte quand même environ 600 à 700 euros hors taxes. C'est beaucoup mais c'est moins... Je connais par ailleurs quelqu'un qui a acheté un 807 neuf (35.000 euros), et qui en période de garantie a vu son embrayage "brûler". Que de difficultés, que de combats pour faire valoir la garantie... Il y avait une réparation de 3.000 euros à la clé. Par des comportements de ce style, discussions homériques sur la garantie constructeur, prix exorbitant des pièces détachées, PSA ne s'est déjà pas créée une image de marque favorable. Parce que tout ça ça circule sur le net...

 

Mais ce n'est rien à côté des mesures rassurantes prodiguées, sur ordre gouvernemental et d'ailleurs annoncées par des membres du gouvernement eux-même, puisque selon l'adage bien connu "on n'est jamais aussi bien servis que par soi-même".

 

Ainsi  Xavier Bertrand s'y est mis.  Eric Besson s'était attelé à la tâche peu avant.  Christian Estrosi s'est aussi donné dans l'art de l'auto-satisfaction à cette même époque. Sans compter que le chef suprême,  N. Sarkozy était lui aussi monté au créneau pour "rassurer".

 

Retarder l'échéance, c'est populaire pour de futures élections, mais en matière industrielle, il faut savoir que plus on retarde l'échéance, plus les mesures à prendre sont radicales. Car on ne peut pas laisser une boîte s'écrouler ainsi pendant près d'un an, sans lui laisser aucun moyen de se reprendre. Si, on a quand même laissé une liberté à PSA: celle de verser 50% de son bénéfice 2011 à ses actionnaires, malgré les difficultés prévisibles.

 

Les interférences entre entreprises et gouvernement doivent être minimisées en période électorale majeure (c'est à dire lorsqu'il y a des présidentielles). Il en va de l'avenir de ces entreprises. Et comme dans les faits, il est quasiment impossible de se préserver de ces interférences à but électoraliste, je trouve que ce serait bien que l'on change de majorité tous les 5 ans. En 2017, vous savez donc pour qui voter. Sauf si Copé se présente bien entendu.

Publié dans Paysage politique

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Clovis Simard 19/09/2012 13:48


Blog(fermaton.over-blog.com)No.23- THÉORÈME DU GÉNIE. - Tout est nécessaire.

JF le démocrate 30/07/2012 00:12


@ Christian Lindner


Au fait, votre site est "bizarre". Il demande une authentification en tant que "fdp" ou je ne sais pas quoi...


Dans la prudence, j'efface vos commentaires et le lien vers votre site.