Pourquoi D. de Villepin n'a t-il pas ses parrainages?

Publié le par JF le démocrate

Mes lecteurs le savent, je m'étais il y a peu scandalisé du fait que M. Le Pen, malgré des intentions de vote importantes, risquait de ne pas obtenir ses parrainages. Heureusement, pour la paix civile dans notre pays essentiellement, pour la vitalité de notre démocratie aussi, M. Le Pen a obtenu le fameux sésame qui lui permet d'être candidate à l'élection présidentielle. Je sens qu'un de mes commentateurs habituels va me dire "j'ai gagné mon pari, je savais qu'elle allait les avoir!". Personnellement, je ne suis pas si sûr que la dernière semaine de collecte ne se soit pas déroulée dans l'affolement côté siège du FN. Enfin, l'essentiel est sauf; certains électeurs dont je ne fais pas partie pourront s'exprimer s'ils le souhaitent dans les urnes pour M. Le Pen. Et je préfère nettement qu'ils puissent s'exprimer dans les urnes, plutôt qu'exprimer leur mécontentement dans les rues.

 

En dehors du cas M. Le Pen, réglé désormais, il y en a un autre qui m'interpelle. C'est le cas de Villepin qui a jeté l'éponge faute d'obtenir les 500 signatures d'élus. Je ne suis pas spécialement un fan de D. de Villepin, je l'ai trouvé remarquable en tant que ministre des affaires étrangères, notamment lorsque lui et J. Chirac nous ont épargné cette sale guerre en Irak (contrairement à des Sarkozy ou des Kouchner qui voulaient y aller), mais je l'ai trouvé médiocre Premier Ministre.

 

Enfin, le bonhomme qui est quand même une "pointure" politique, a un pédigrée qui normalement suivant l'esprit de ce fâmeux obstacle des parrainages, ne doit pas le faire passer pour farfelu!

 

Je veux bien que si un jour un Yann Barthès, le présentateur du Petit Journal, véritable icone des jeunes telle la plus mauvaise des "vedettes" de la Star Ac, voulait se présenter aux présidentielles, on le bloque faute de crédibilité. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Coluche en 1981 si ma mémoire est bonne.

 

Mais D. de Villepin, c'est quand même autre chose. N'oublions pas qu'en 2006-2007, il était une alternative envisagée par J. Chirac pour éventuellement lui succéder dans un réflexe monarchique qui se revendiquait du "Tout Sauf Sarkozy".

 

Il y a 45.000 donneurs potentiels de signatures en France. Je n'imagine pas que naturellement 500 de ces élus n'aient pas pensé à donner leur signature à D. de Villepin. Quand quelque chose n'est pas naturel, c'est que cette chose est artificielle. Même s'il ne représentait rien dans les intentions de vote, j'ai l'impression que pour la n-ième fois on a voulu pendre D. de Villepin à un croc de boucher. Ou alors, quand on veut présenter sa candidature et qu'on est de droite, ça en devient un véritable chemin de croix si on n'est pas en phase avec la ligne officielle du parti... Quelle que soit l'option retenue, elle n'est pas digne de notre démocratie.

Publié dans Paysage politique

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