Premier débat "dur" dans le Nord Pas-de-Calais

Publié le par JF le démocrate

Le 13 février dernier se tenait le 1er débat pour les Régionales NPDC avec O. Henno, diffusé sur France 3... à 23h30 (c'est un peu tard hélas).

Un débat de 45 minutes dont les les autres participants étaient: D. Percheron (PS - Président de Région sortant), P. Montel (NPA) et M. Le Pen (FN).

Soyons clairs, ce débat initialement consacré aux aspects économiques et sociaux régionaux a été très confus, et démontre qu'il est très difficile d'empêcher Madame Le Pen de "papillonner" dans des domaines qui ne concernent pas les compétences des régions. Ce qui est compréhensible également, puisque Marine Le Pen a probablement bien d'autres préoccupations que la région Nord Pas-de-Calais.

Néanmoins, ce débat assez brouillon aura quand même permis de mettre au clair certaines choses, je vais tenter de vous en donner un résumé non exhaustif ci-après (qu'on me pardonne par avance mes éventuelles erreurs de retranscription, et qu'on veuille bien me corriger si besoin est).

1) Sur le sens du vote de nos concitoyens les 14 et 21 mars prochain

Alors que ses 3 interlocuteurs sont persuadés que nos concitoyens voteront à la fois en fonction de problématiques régionales et nationales, O. Henno assure que le seul objectif de la liste MoDem est de susciter un vote purement régional, en fonction des problématiques liées à la région, et en déconnexion avec la politique nationale. D'où le slogan réaffirmé: voter "juste" pour le Nord Pas-de-Calais. Tout le monde aura compris le double sens du mot "juste".

2) Sur l'avenir de la raffinerie Total des Flandres

Selon D. Percheron, il est très difficile d'établir un rapport de force politique avec une société privée telle que Total (ce qui n'est pas faux...). D. Percheron prône donc une forme de lobbying au niveau national, "au plus haut niveau", afin de sortir de cette crise.

M. Le Pen constate: "on est face à des dirigeants qui se moquent du monde", en ajoutant qu'on est dans un processus de "délocalisation".

Selon O. Henno, ce qui se passe à Dunkerque est "totalement immoral et totalement scandaleux", imputant la situation de la raffinerie des Flandres aux méfaits du "capitalisme financier" à ne pas confondre avec le "capitalisme d'entreprise".

Pour P. Montel, tout ceci ne semble être que rhétorique ("c'est du baratin"), car pour elle le capitalisme financier est similaire au capitalisme tout cours.

S'ensuit une première digression de Marine Le Pen sur le thème européen et même parfois mondial (DSK est au FMI, les socialistes européens ont tous hors le PS français voté la reconduction de JM. Barroso). Il est assez incroyable de constater qu'à ce moment du débat, la tête de liste NPA rejoint la tête de liste FN: "il faut changer le mode de gestion capitaliste". Tout cela n'a bien évidemment rien à voir avec les compétences des régions, ce qui est très regrettable à moins de se tromper radicalement d'élection.

O. Henno en revient finalement à la Région (c'est décidément une idée fixe chez lui, une espèce de monomanie atypique qui pourrait l'emmener droit chez un psy s'il n'y prend garde...), à la nécessité de se concentrer sur le développement des PME-PMI et prône la vigilance vis-à-vis des entreprises qui ont reçu des aides régionales (Rottendorf pharma).

M. Le Pen dénonce ensuite les aides octroyées aux grands groupes par la Région (Auchan, Decathlon) ainsi que le financement par la Région de l'IUMM. D. Percheron (hélas toujours sur la défensive) justifie, comme il peut, le sérieux du traitement des aides affectées aux entreprises.

S'ensuit une petite altercation entre M. Le Pen et O. Henno, ce dernier n'ayant visiblement pas apprécié de se faire traiter de défenseur des patrons par une dame descendue de ses hauteurs de Saint-Cloud.

3) Le secteur de l'automobile

Sur ce sujet, à proprement parler, je n'ai rien compris aux propos de P. Montel ni à ceux de D. Percheron (qu'ils me pardonnent) hors la volonté de ce dernier de mettre l'accent sur la formation, la recherche et l'innovation.

Mais son intervention lui vaut encore une incartade de la part de Madame Le Pen, qui lui reproche de ne pas assez aider les PME-PMI: "vos amis, ce sont les grands groupes". Ce à quoi D. Percheron rétorque: "vous devriez vous pencher sur vos dossiers". Comme vous pouvez le constater, la politique peut parfois être génératrice de grandes idées...

O. Henno se pose alors en rassembleur: "l'industrie automobile, on va la défendre". Et ce dernier d'ajouter qu'il compte également favoriser la relocalisation d'industries dans notre région. A ce titre, il reproche à D. Percheron des carences dans la recherche, et le manque d'enseignants-chercheurs en NPDC.

Après, on dérape un peu dans le n'importe quoi, puisque M. Le Pen aborde le thème de l'ouverture des frontières, et du "protectionnisme raisonné". Elle est appuyée sur ce sujet par la tête de liste NPA: "il faut détruire le capitalisme". Quand les extrêmes se rejoignent...

Malheureusement, D. Percheron et O. Henno oublient quelque peu de rappeler que les prochaines élections sont régionales, alors que les présidentielles sont prévues en 2012 et que les Européennes sont déjà passées... Ainsi on sombre dans l'absurde, O. Henno rappelant que les PME-PMI de la région NPDC doivent avoir une ouverture à l'export, et M. Le Pen renchérissant sur le modèle de la Chine (qui a envie de suivre ce modèle aujourd'hui?), un modèle de protectionnisme raisonné... No comment.

4) Sur les alliances de second tour

M. Le Pen assure qu'elle défendra ses électeurs, sans donner d'indication supplémentaire. D. Percheron indique qu'il privilégiera une liste d'union de la gauche, "si nous sommes en situation, nous rassemblerons la gauche". Devant ces propos, O. Henno note qu'une question va se poser au premier tour: "est-ce qu'on préfère l'illusion de l'extrême-droite ou l'illusion de l'extrême-gauche?" et suite aux propos de D. Percheron indique que si les électeurs veulent voir des centristes au Conseil Régional du NPDC, alors il va falloir que dès le 1er tour ils votent pour eux, ceci afin de dépasser la barre fatidique des 10%.


5) Sur le choix entre mandats (non-cumul)

D. Percheron, sénateur jusqu'en 2011 estime qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre ses mandats. M. Le Pen, quant à elle affirme qu'elle décidera en fonction des décisions judicaires si elle renonce à son poste de conseiller municipal à Hénin-Beaumont. O. Henno indique que s'il est élu, il siègera au Conseil Régional, tout comme P. Montel qui d'après ce que j'ai compris est prête à laisser tomber son emploi pour siéger au Conseil Régional.

En conclusion, si j'avais un conseil à donner à O. Henno pour qu'il ne paraisse pas trop "décalé" lors d'un prochain débat - en particulier avec M. Le Pen -, ce serait essentiellement le suivant: oublier la dimension régionale (je sais, ce sont des élections régionales, mais on s'en fout quelque part, le principal étant de se faire entendre à tout prix, quitte à beugler le plus fort...), crier avec la meute contre l'Europe et la mondialisation, démolir Sarkozy et le gouvernement. Ca n'arrangera certes pas le sort de la région Nord Pas-de-Calais, ça ne nous donnera aucun espoir non plus, mais au moins ça sera dans l'humeur du temps.

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