Partager l'article ! Rafale, il ne faut jamais vendre la peau de l'ours...: C'est avec il faut bien le dire satisfaction mais aussi inquiétude que j'ai appris la nou ...
C'est avec il faut bien le dire satisfaction mais aussi inquiétude que j'ai appris la nouvelle: l'Inde est entrée en négociations exclusives avec Dassault Aviation pour l'acquisition de 126 avions Rafale.
Satisfaction, parce que cet avion multi-rôles formidable, se verrait enfin trouver un client à l'export, après des déconvenues en Corée du Sud et très récemment en Lybie (ce n'était peut-être pas le bon marché...) et au Brésil.
Inquiétude, parce que politiser - pour des raisons simplement liées à la prochaine élection présidentielle - l'acquisition du Rafale par l'Inde est plus que dangereux.
Mettez-vous simplement à la place des négociateurs de chez Dassault. Et imaginez dans quelle situation ils doivent se trouver aujourd'hui, alors qu'ils doivent encore négocier les prix, et pire que tout, les contreparties industrielles liées à ce "potentiel" contrat.
Imaginez maintenant la position des négociateurs indiens: "ils en ont besoin politiquement, et en plus ils annoncent déjà que c'est gagné".
Je crois que vous avez tout compris: il y en a clairement un qui est en position de force, l'autre en position de
faiblesse. La négociation qui va suivre, et qui va durer des mois, est clairement biaisée. Tout ça pour quoi? Parce qu'il faut à tout prix que Sarkozy et son "UMP proche" puissent annoncer de
bonnes nouvelles pour les exportations de notre pays avant avril. Et dans le cas où tout cela foirerait, on ne le saura qu'après la présidentielle... Donc aucune perte pour Sarkozy, pour
l'industrie française en revanche cela pourrait être toute autre chose.
Où se situe l'intérêt commun là-dedans? Essayer de faire réélire Sarkozy, c'est le seul sens qu'on peut donner à cette annonce. Et c'est dramatique, parce qu'il y a des milliers d'emplois en jeu. Et des milliers d'emploi, en tout cas pour moi personnellement, ça compte bien plus que la simple réélection d'un type qui refuse aujourd'hui - coûte que coûte - de lâcher le pouvoir malgré toutes ses erreurs passées.
Dassault, je parle de la famille Dassault, très fortement politisée à droite, pour ne pas dire fervente supportrice de l'UMP sarkozyste, plutôt que de laisser planer un "blackout" complet autour de ses négociations avec l'Inde, nous les offrent aujourd'hui sur un plateau médiatico-politique doré. L'expérience du Brésil n'aura donc servi à rien? On est très loin de la signature d'un contrat. Et dans ces conditions, la logique commerciale dit qu'il faut savoir fermer sa g... Apparemment, la famille Dassault est trop impliquée avec la Sarkozie pour le faire. Tant pis s'il y a (encore) échec au final ou s'il faut que l'Etat français subventionne un contrat signé financièrement à perte.
Commentaires récents