Lundi 19 mai 2008
Suite et fin de cette analyse très personnelle qui vise à identifier certaines causes du déficit d'exportation enregistré
par les entreprises françaises. Dans la première partie, je mettais l'accent sur le problème de la langue, et en particulier de la maîtrise de l'Anglais, qui bien qu'en progrès me semble encore
très insuffisante dans notre pays. Car n'oublions pas que la nécessité de l'Anglais n'est pas dans une entreprise l'apanage des seuls commerciaux: lorsque l'on veut vendre un produit à
l'exportation, toute notice ou autre document technique devra lui aussi être rédigé dans la langue de Shakespeare. Outre les échanges commerciaux, à moins d'avoir recours à grands frais à un
traducteur, tous les échanges techniques devront donc également se faire en Anglais. C'est je crois un point sur lequel il convient d'insister tout particulièrement.
2. Les vraies / fausses entraves à l'exportation
Parmi les arguments qu'on nous rabache pour justifier des difficultés rencontrés par les entreprises françaises à l'export, il en est deux, couramment cités sur lesquels je voudrais revenir dans le détail, quitte à partiellement tordre le cou à certaines affirmations qu'on voudrait parfois nous faire croire comme la cause de tous nos problèmes.
La parité euro / dollar
Accusée de tous les maux, la parité euro / dollar est aujourd'hui présentée comme étant l'un des principaux freins vis-à-vis des capacités d'exportation française. Et dans une certaine mesure, c'est vrai. C'est vrai pour certains secteurs d'activité, dont en particulier celui de l'aéronautique. Les ventes d'avions Airbus souffrent d'un dollar trop dévalué par rapport à l'euro? C'est un fait indéniable. Les compagnie aériennes achètent en dollars des produits dont les coûts de fabrication sont eux comptabilisés en euros, pour ce qui concerne Airbus par exemple (dans l'attente de ce qui paraît, hélas, presque irrémédiable dans les années à venir: une délocalisation partielle des sites de production d'Airbus dans la "zone" dollar). Mais posons-nous quand même une simple question: ce qui vaut règle pour l'aéronautique est-il universel? A cette question, la réponse est clairement NON. Car quand l'on parle d'exportations, on parle également de la zone euro, ou plus simplement de secteurs d'activités autre que celui de l'aéronautique, des secteurs d'activités au sein desquels les ventes - même au "grand export" - se font souvent en euros. Je connais bien par exemple le secteur de la défense, assez proche de par sa nature "high tech" de celui de l'aéronautique civile. Et je peux vous assurer que les ventes à l'export dans ce secteur peuvent très bien se faire en euros... A moins de vouloir vendre aux Etats-Unis bien sûr.
Preuve en est encore la performance exceptionnelle enregistrée par l'Allemagne en matière d'exportations. Pourtant, nos voisins allemands disposent-ils d'un euro différent du nôtre?
La compétitivité des industries françaises
Encore une idée au moins partiellement préconçue à laquelle il convient de "tordre de le cou". Bien évidemment, et heureusement d'ailleurs, on ne pourra jamais décemment comparer les taux horaires des entreprises françaises (c'est à dire le coût de revient à l'heure du travail en France pour une tâche donnée), avec ce que peuvent aujourd'hui offrir certains pays émergents, dont les salaires sont misérables, et dans lesquels aucune protection sociale n'est assurée. Mais il ne faudrait par pour autant croire que la France est un pays qui souffre du mal de la compétitivité. La preuve en est donnée par le lien suivant, qui s'il démontre que la France est assurément leader en Europe pour ce qui concerne les charges patronales, son coût du travail, et ce malgré l'instauration malheureuse de la loi sur les 35 heures (désolé, mais c'est chez moi comme une idée fixe...), reste plus que comparable à celui de nos voisins européens.
Pour terminer sur ce thème, n'oublions-pas que la notion de compétitivité n'est aucunement une notion purement financière: il s'agit en effet, et est perçu comme tel dans le monde industriel, du résultat d'un compromis entre qualité et prix. Avez-vous déjà acheté un jeu d'échecs au Maroc? Tel est mon cas. Vous pourrez y trouver des échiquiers apparemment superbes, pour trois francs six sous. Mais un mois après être revenu en France, il est possible que votre échiquier commence à se déformer, à se crevasser, ... et alors vous vous rendrez compte au final que vous n'en avez eu que pour votre argent! Simplement, parce que le bois utilisé pour la confection de ce que vous acheté n'était pas encore sec. Et qu'il a séché chez vous tout simplement... "Le moins cher n'est pas toujours le meilleur marché", ai-je souvent entendu dire. C'est dans cette optique de "meilleur marché" qu'il convient d'entendre le terme "plus compétitif".
3. La vente à l'export: une prise de risques certaine
Ne nous leurrons-pas, toute vente à l'exportation est infiniment plus délicate à gérer qu'une vente purement "nationale". Car outre le problème de la langue, il en est d'autres qu'il faut savoir gérer:
- les différences culturelles: celles-ci peuvent se manifester outre des différences de tempérament entre personnes (mais n'est-ce pas déjà le cas en France entre Nord et Sud, notamment lorsqu'on visionne "Bienvenue chez les Ch'tis"?), par des différences de culture à un niveau "business". Ce n'est malheureusement pas qu'un lieu commun: au niveau "business" (à savoir crûment "faire du fric", ou de façon plus politiquement correcte "savoir faire des affaires, et gagner de l'argent"), la mentalité française est sans doute en retard par rapport à certains de nos voisins européens. (c'est mon point de vue personnel en tout cas). Ainsi en va t-il des pays anglo-saxons, dont la culture contractuelle et du "business" n'est plus à démontrer, qui font des affaires là où nous Français, attachés à la rigueur technique et à notre anglais parfois "pitoyable", ne savons aucunement gérer la situation.
- les particularités de l'export: ne faisons-pas fausse route, vendre à l'export constitue un challenge bien plus périlleux et bien plus risqué que vendre au national. Outre le problème de langue, il faudra en effet être prêt à faire face aux différences culturelles citées ci-avant. Aussi, dans un premier temps, il vous faudra faire face à une culture "contractuelle", celle-là même que l'on a sans doute trop oubliée dans notre pays ces dernières années... Il faut savoir en effet que parfois un seul gros contrat à l'export qui n'est pas bien "bordé", peut vous valoir les pires déboires. Et ce n'est pas une entreprise comme GIAT, qui a naguère vendu le charc Leclerc aux Emirats-Arabes-Unis qui me contredidera. Un contrat qui peut constituer en un engagement pour de nombreuses années, s'il est généralement porteur de bonnes nouvelles financièrement parlant - et peut-être aussi lorsqu'on s'abstient d'en évaluer tous les risques -, peut vite devenir un cauchemar. Cauchemar qui ne serait pas intervenu avec des clients français (à savoir l'Etat dans le cas présent): car on les connaît, car on a l'habitude de parler avec eux, ... parce qu'on sait aussi qu'ils ont besoin de nous, et donc parce que nécessairement on pense qu'ils n'appliqueront jamais un contrat au pied de la lettre.
Ces quelques éléments, basés sur un ressenti personnel au vu d'évènements perçus ou vécus (non écrits explicitement dans le texte, pudeur et déontologie obligent), me semblent toutefois mener à une conclusion élémentaire, mais que je pense il est haut et fort de rappeler: pour faire de l'export, il faut nécessairement être en premier lieu à même de comprendre la culture du pays et des entreprises avec lesquels nous dicutons, pas seulement pour son propre enrichissement personnel - même si cela compte aussi -, mais tout simplement afin que "tout se passe bien" lors de la réalisation du contrat signé. A ce titre, de nombreux déplacements sont naturellement à prévoir. Pour de gros contrats d'exportation, une présence régulière chez le client est même plus que souhaitable.
4. La nécessité d'atteindre une taille critique
Au vu de ce que j'ai pu indiquer dans le paragraphe précédent, afin de pouvoir répondre aux exigences propres liées aux marchés à l'export, je déconseillerai personnellement a priori à toute entreprise qui n'a pas une taille suffisamment importante de se lancer dans des aventures à l'export. Hors fourniture de biens d'équipement qu'on appelle "sur étagère" car ne nécessitant aucune modification de conception par rapport à leur définition initiale, il faudra en effet être capable de gérer une phase de développement d'un produit (conception et certification), en étroite liaison avec le client à l'exportation. Ceci sous-entend qu'il faudra disposer des ressources adéquates, en particulier au niveau humain, pour être à même de faire face aux différents problèmes qui pourront être rencontrés: qu'ils soient techniques, d'origine culturelle, ou de nature commerciale ou contractuelle.
A ce titre, je pense personnellement qu'un nombre de 100 à 200 employés constitue un bon indicateur pour ce qui concerne la taille critique à atteindre par une entreprise de production de biens, avant de se lancer sur les marchés à l'exportation.
5. Quels produits pour quels pays export?
Si l'Allemagne est mondialement reconnue pour certains de ses biens d'équipement (machines-outils, automobiles, électroménager haut de gamme, ...), lui permettant ainsi de conquérir de nombreux marchés à l'exportation (Volkswagen est le constructeur automobile le mieux implanté en Chine par exemple, très loin devant Renault ou PSA), qu'en est-il de la France?
Quels sont les produits français "sur étagère", que l'on pourrait proposer à l'export avec un avantage concurrentiel substantiel, qu'il soit lié au prix ou à la qualité sous-jacente à la marque? En quelques mots, quelles sont les "spécialités" industrielles françaises?
Personnellement, je reste un peu dubitatif devant cette simple question, qui constitue peut-être le noeud du problème initialement posé. Il y a certes l'Aéronautique, les fameux avions Airbus, chaqu'une de leur vente ces dernières années ayant fait l'objet de communications très médiatisées, comme pour nous persuader par la méthode "Couet" que la France est un grand pays qui exporte... Au même titre, je rangerai le TGV. Ce sont là en effet de belles réussites industrielles, même si elles n'ont pas été réalisées dans un cadre uniquement franco-français. Il y a aussi le nucléaire civil, et les succès enregistrés par AREVA...
Mais à part ces symboles, il y a quoi? La haute couture et la gastronomie?! Faute de la mise en oeuvre ces 20 dernières années d'une véritable politique industrielle en France, qui aurait dû privilégier les secteurs d'activité les plus porteurs, ceux sur lesquels nous étions leaders (je pense au hasard à l'industrie de la chaussure haut de gamme, lentement mais sûrement en train d'agonir), les bonnes intentions (cf la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange), parfois les soutien étatiques, ne se sont manifestés que de façon opportuniste (avec pour motivation profonde au moins autant le "faire voir" que la "volonté d'âgir"), rejoignant ainsi un tempo que ne renieraient certainement pas les marchés financiers...
Mais où se situe la stratégie industrielle là-dedans? Personnellement, je n'en vois guère plus que l'ombre d'un soupçon... Alors après, il est bien évidemment facile de dire qu'il faut favoriser la création d'entreprises, car c'est un fait, nous Français ne produisons quasiment plus rien. Mais dans l'état actuel des choses, quoi fabriquer et pour qui?! Voilà une réponse concrète que personnellement j'attendrai de la part de notre gouvernement. Certains pourront juger que ce n'est pas à l'Etat à intervenir dans ce domaine. Je prends acte de cette contradiction. Mais dans ce cas, je ne puis que me poser la question: où sont-ils ces grands chefs d'entreprises qui jadis ont su constituer des empires industriels, créateurs d'emplois et de richesses pour le pays? Personnellement, j'ai beau scruter l'horizon, malgré des revenus qui semblent exploser pour certaines personnes (via des coups financiers ou pire des délits d'initiés), je n'en vois plus l'ombre d'une trace dans notre pays... Oui, je pense que la France est lentement mais sûrement en train de se désindustrialiser. Quel gâchis!
2. Les vraies / fausses entraves à l'exportation
Parmi les arguments qu'on nous rabache pour justifier des difficultés rencontrés par les entreprises françaises à l'export, il en est deux, couramment cités sur lesquels je voudrais revenir dans le détail, quitte à partiellement tordre le cou à certaines affirmations qu'on voudrait parfois nous faire croire comme la cause de tous nos problèmes.
La parité euro / dollar
Accusée de tous les maux, la parité euro / dollar est aujourd'hui présentée comme étant l'un des principaux freins vis-à-vis des capacités d'exportation française. Et dans une certaine mesure, c'est vrai. C'est vrai pour certains secteurs d'activité, dont en particulier celui de l'aéronautique. Les ventes d'avions Airbus souffrent d'un dollar trop dévalué par rapport à l'euro? C'est un fait indéniable. Les compagnie aériennes achètent en dollars des produits dont les coûts de fabrication sont eux comptabilisés en euros, pour ce qui concerne Airbus par exemple (dans l'attente de ce qui paraît, hélas, presque irrémédiable dans les années à venir: une délocalisation partielle des sites de production d'Airbus dans la "zone" dollar). Mais posons-nous quand même une simple question: ce qui vaut règle pour l'aéronautique est-il universel? A cette question, la réponse est clairement NON. Car quand l'on parle d'exportations, on parle également de la zone euro, ou plus simplement de secteurs d'activités autre que celui de l'aéronautique, des secteurs d'activités au sein desquels les ventes - même au "grand export" - se font souvent en euros. Je connais bien par exemple le secteur de la défense, assez proche de par sa nature "high tech" de celui de l'aéronautique civile. Et je peux vous assurer que les ventes à l'export dans ce secteur peuvent très bien se faire en euros... A moins de vouloir vendre aux Etats-Unis bien sûr.
Preuve en est encore la performance exceptionnelle enregistrée par l'Allemagne en matière d'exportations. Pourtant, nos voisins allemands disposent-ils d'un euro différent du nôtre?
La compétitivité des industries françaises
Encore une idée au moins partiellement préconçue à laquelle il convient de "tordre de le cou". Bien évidemment, et heureusement d'ailleurs, on ne pourra jamais décemment comparer les taux horaires des entreprises françaises (c'est à dire le coût de revient à l'heure du travail en France pour une tâche donnée), avec ce que peuvent aujourd'hui offrir certains pays émergents, dont les salaires sont misérables, et dans lesquels aucune protection sociale n'est assurée. Mais il ne faudrait par pour autant croire que la France est un pays qui souffre du mal de la compétitivité. La preuve en est donnée par le lien suivant, qui s'il démontre que la France est assurément leader en Europe pour ce qui concerne les charges patronales, son coût du travail, et ce malgré l'instauration malheureuse de la loi sur les 35 heures (désolé, mais c'est chez moi comme une idée fixe...), reste plus que comparable à celui de nos voisins européens.
Pour terminer sur ce thème, n'oublions-pas que la notion de compétitivité n'est aucunement une notion purement financière: il s'agit en effet, et est perçu comme tel dans le monde industriel, du résultat d'un compromis entre qualité et prix. Avez-vous déjà acheté un jeu d'échecs au Maroc? Tel est mon cas. Vous pourrez y trouver des échiquiers apparemment superbes, pour trois francs six sous. Mais un mois après être revenu en France, il est possible que votre échiquier commence à se déformer, à se crevasser, ... et alors vous vous rendrez compte au final que vous n'en avez eu que pour votre argent! Simplement, parce que le bois utilisé pour la confection de ce que vous acheté n'était pas encore sec. Et qu'il a séché chez vous tout simplement... "Le moins cher n'est pas toujours le meilleur marché", ai-je souvent entendu dire. C'est dans cette optique de "meilleur marché" qu'il convient d'entendre le terme "plus compétitif".
3. La vente à l'export: une prise de risques certaine
Ne nous leurrons-pas, toute vente à l'exportation est infiniment plus délicate à gérer qu'une vente purement "nationale". Car outre le problème de la langue, il en est d'autres qu'il faut savoir gérer:
- les différences culturelles: celles-ci peuvent se manifester outre des différences de tempérament entre personnes (mais n'est-ce pas déjà le cas en France entre Nord et Sud, notamment lorsqu'on visionne "Bienvenue chez les Ch'tis"?), par des différences de culture à un niveau "business". Ce n'est malheureusement pas qu'un lieu commun: au niveau "business" (à savoir crûment "faire du fric", ou de façon plus politiquement correcte "savoir faire des affaires, et gagner de l'argent"), la mentalité française est sans doute en retard par rapport à certains de nos voisins européens. (c'est mon point de vue personnel en tout cas). Ainsi en va t-il des pays anglo-saxons, dont la culture contractuelle et du "business" n'est plus à démontrer, qui font des affaires là où nous Français, attachés à la rigueur technique et à notre anglais parfois "pitoyable", ne savons aucunement gérer la situation.
- les particularités de l'export: ne faisons-pas fausse route, vendre à l'export constitue un challenge bien plus périlleux et bien plus risqué que vendre au national. Outre le problème de langue, il faudra en effet être prêt à faire face aux différences culturelles citées ci-avant. Aussi, dans un premier temps, il vous faudra faire face à une culture "contractuelle", celle-là même que l'on a sans doute trop oubliée dans notre pays ces dernières années... Il faut savoir en effet que parfois un seul gros contrat à l'export qui n'est pas bien "bordé", peut vous valoir les pires déboires. Et ce n'est pas une entreprise comme GIAT, qui a naguère vendu le charc Leclerc aux Emirats-Arabes-Unis qui me contredidera. Un contrat qui peut constituer en un engagement pour de nombreuses années, s'il est généralement porteur de bonnes nouvelles financièrement parlant - et peut-être aussi lorsqu'on s'abstient d'en évaluer tous les risques -, peut vite devenir un cauchemar. Cauchemar qui ne serait pas intervenu avec des clients français (à savoir l'Etat dans le cas présent): car on les connaît, car on a l'habitude de parler avec eux, ... parce qu'on sait aussi qu'ils ont besoin de nous, et donc parce que nécessairement on pense qu'ils n'appliqueront jamais un contrat au pied de la lettre.
Ces quelques éléments, basés sur un ressenti personnel au vu d'évènements perçus ou vécus (non écrits explicitement dans le texte, pudeur et déontologie obligent), me semblent toutefois mener à une conclusion élémentaire, mais que je pense il est haut et fort de rappeler: pour faire de l'export, il faut nécessairement être en premier lieu à même de comprendre la culture du pays et des entreprises avec lesquels nous dicutons, pas seulement pour son propre enrichissement personnel - même si cela compte aussi -, mais tout simplement afin que "tout se passe bien" lors de la réalisation du contrat signé. A ce titre, de nombreux déplacements sont naturellement à prévoir. Pour de gros contrats d'exportation, une présence régulière chez le client est même plus que souhaitable.
4. La nécessité d'atteindre une taille critique
Au vu de ce que j'ai pu indiquer dans le paragraphe précédent, afin de pouvoir répondre aux exigences propres liées aux marchés à l'export, je déconseillerai personnellement a priori à toute entreprise qui n'a pas une taille suffisamment importante de se lancer dans des aventures à l'export. Hors fourniture de biens d'équipement qu'on appelle "sur étagère" car ne nécessitant aucune modification de conception par rapport à leur définition initiale, il faudra en effet être capable de gérer une phase de développement d'un produit (conception et certification), en étroite liaison avec le client à l'exportation. Ceci sous-entend qu'il faudra disposer des ressources adéquates, en particulier au niveau humain, pour être à même de faire face aux différents problèmes qui pourront être rencontrés: qu'ils soient techniques, d'origine culturelle, ou de nature commerciale ou contractuelle.
A ce titre, je pense personnellement qu'un nombre de 100 à 200 employés constitue un bon indicateur pour ce qui concerne la taille critique à atteindre par une entreprise de production de biens, avant de se lancer sur les marchés à l'exportation.
5. Quels produits pour quels pays export?
Si l'Allemagne est mondialement reconnue pour certains de ses biens d'équipement (machines-outils, automobiles, électroménager haut de gamme, ...), lui permettant ainsi de conquérir de nombreux marchés à l'exportation (Volkswagen est le constructeur automobile le mieux implanté en Chine par exemple, très loin devant Renault ou PSA), qu'en est-il de la France?
Quels sont les produits français "sur étagère", que l'on pourrait proposer à l'export avec un avantage concurrentiel substantiel, qu'il soit lié au prix ou à la qualité sous-jacente à la marque? En quelques mots, quelles sont les "spécialités" industrielles françaises?
Personnellement, je reste un peu dubitatif devant cette simple question, qui constitue peut-être le noeud du problème initialement posé. Il y a certes l'Aéronautique, les fameux avions Airbus, chaqu'une de leur vente ces dernières années ayant fait l'objet de communications très médiatisées, comme pour nous persuader par la méthode "Couet" que la France est un grand pays qui exporte... Au même titre, je rangerai le TGV. Ce sont là en effet de belles réussites industrielles, même si elles n'ont pas été réalisées dans un cadre uniquement franco-français. Il y a aussi le nucléaire civil, et les succès enregistrés par AREVA...
Mais à part ces symboles, il y a quoi? La haute couture et la gastronomie?! Faute de la mise en oeuvre ces 20 dernières années d'une véritable politique industrielle en France, qui aurait dû privilégier les secteurs d'activité les plus porteurs, ceux sur lesquels nous étions leaders (je pense au hasard à l'industrie de la chaussure haut de gamme, lentement mais sûrement en train d'agonir), les bonnes intentions (cf la visite de Nicolas Sarkozy à Gandrange), parfois les soutien étatiques, ne se sont manifestés que de façon opportuniste (avec pour motivation profonde au moins autant le "faire voir" que la "volonté d'âgir"), rejoignant ainsi un tempo que ne renieraient certainement pas les marchés financiers...
Mais où se situe la stratégie industrielle là-dedans? Personnellement, je n'en vois guère plus que l'ombre d'un soupçon... Alors après, il est bien évidemment facile de dire qu'il faut favoriser la création d'entreprises, car c'est un fait, nous Français ne produisons quasiment plus rien. Mais dans l'état actuel des choses, quoi fabriquer et pour qui?! Voilà une réponse concrète que personnellement j'attendrai de la part de notre gouvernement. Certains pourront juger que ce n'est pas à l'Etat à intervenir dans ce domaine. Je prends acte de cette contradiction. Mais dans ce cas, je ne puis que me poser la question: où sont-ils ces grands chefs d'entreprises qui jadis ont su constituer des empires industriels, créateurs d'emplois et de richesses pour le pays? Personnellement, j'ai beau scruter l'horizon, malgré des revenus qui semblent exploser pour certaines personnes (via des coups financiers ou pire des délits d'initiés), je n'en vois plus l'ombre d'une trace dans notre pays... Oui, je pense que la France est lentement mais sûrement en train de se désindustrialiser. Quel gâchis!
Me
voici déjà au 100ème billet sur ce blog, en comptant les billets précédents repris d'un autre blog, billets dont hélas en changeant de plateforme, je n'ai pu retranscrire les commentaires
afférents.
Honte au magazine Marianne, qui sous sa version internet, édite un article intitulé 




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