Tout ce qu'il ne faut pas faire...
Cela faisait longtemps que j'avais envie de publier ce billet qui relate une expérience personnelle, mais qui je l'espère sera profitable à tous.
Tout commence par une belle histoire d'étudiants: faisant mes études à Toulouse - eh oui le petit grognard, je connais bien la ville rose! -, je passe mon permis moto (après avoir passé le permis B à 18 ans), et grisé par l'euphorie de la vitesse, de la prise de risque inutile aussi, je m'en vais dans de longues ballades en compagnie d'amis motards dans la région. Que cela peut être grisant de monter le col du Tourmalet à 120 km/h dans les lignes droites, de faire face aux terribles virages des routes qui longent les gorges de l'Aveyron...
Et dans ces cas là, tout se passe comme dans le cadre de la BD que certains connaissent sûrement, le Joe Bar Team.

La griserie de la vitesse, la volonté d'être plus compétitif que les autres, qui pourtant sont des amis, au point de risquer sa vie...
Ainsi ai-je, je n'ai pas honte de le dire roulé à quelques 140 km/h sur la petite route sinueuse qui longe le canal du midi à Toulouse. Ainsi ai-je établi quelques "records" (que certains inconscients pourront trouver médiocres) de vitesse: 210 km/h sur la rocade toulousaine (pas de chance, ma moto n'allait pas plus vite), 195 km/h sur route nationale, 190 km/h sur route départementale étroite et balayée par le vent, 160 km/h lors d'une traversée d'une agglomération quelconque près de Gaillac. 140 km/h une autre fois à Paris lors de la descente de l'avenue Montaigne jusqu'au Pont de l'Alma... Croyez-moi, ça va vite dans ces conditions là, surtout qu'il y a de la circulation.
Autant de défauts de jeunesse qui se corrigent à moins que l'accident ne soit déjà arrivé. Et puis je suis arrivé en région parisienne. Progressivement, la maturité et la sagesse prenant le pas, je me suis rendu compte que les déplacements en moto à Paris et en particulier sur le boulevard périphérique relevaient plus du jeu vidéo (dans lequel hélas dans la réalité on n'a qu'une seule vie) que d'un quelconque pragmatisme routier. Alors j'ai définitivement laissé tomber la moto, pour me recentrer sur l'automobile.
Confortablement assis entre ses tôles, je me croyais tout puissant et invulnérable. Le roi du démarrage au feu vert, tel aurait pu être ainsi mon surnom dans ma période parisienne, tant je "larguais" malgré mon moteur diesel toutes les voitures dès le feu rouge éteint. J'étais à ce moment à coup sûr l'un des conducteurs les plus rapides de Paris intra-muros...
Et un jour vint l'accident. Pas l'accrochage de champ de foire, comme j'ai pu en connaître beaucoup à Paris (généralement non responsable, heureusement pour mon bonus/malus). Le vrai accident. Celui, où après un diner trop arrosé vous vous endormez à 150 km/h sur l'autoroute. C'était en avril 2001. Cette époque restera à toujours gravée dans ma mémoire. Perdant complètement le contrôle de votre véhicule, vous essayez désespérément et heureusement avec succès d'éviter toutes les voitures qui circulent (mieux vaut se tuer soi-même que tuer d'autres personnes, telle est en tout cas ma perception des choses), jusqu'à aller vous jeter contre un muret... Inutile de raconter la suite, elle a sans doute été brève bien qu'elle m'ait semblée durer une éternité. Tonneau, "voyage" sur le toit, la tête encerclée par des étincelles provoquées par le frottement entre le métal et le bitume...
Une expérience ô combien intéressante sur le plan humain. Tout simplement parce que bien que j'ai vu l'heure de ma mort, je n'ai pas vu défiler ma vie devant mes yeux comme certains peuvent encore le croire. Tout simplement parce que je n'ai provoqué aucun carambolage et me suis "planté" tout seul, ne mettant la vie de personne en danger, ce qui est bien l'essentiel. Tout simplement parce que je suis sorti complètement indemne de cet accident - hors une lègère égratignure au poignet due à un éclat de verre -, alors que les pompiers eux-mêmes m'ont considéré comme étant un miraculé de la route. Tout simplement parce que les CRS s'étant rendu compte que j'avais tout fait pour éviter un carambolage massif, m'ont fait don d'un contrôle alcootest qui aurait forcément été positif...
Bref, ce jour là, je n'ai perdu qu'une voiture. Sitôt retrouvées les photos, j'afficherai les photos de "l'épave" sur ce blog, qui inutile de le dire est allée droit à la casse. Mais j'ai appris énormément de choses en revanche ce jour:
- qu'il fallait relativiser beaucoup de choses, car la vie est ce qu'il y a de plus précieux pour la gâcher voire la voir disparaître,
- qu'il n'était plus aucunement question pour moi de jouer avec le feu, et croyez-moi depuis cet avril 2001, je n'ai jamais pris le volant avec plus 0,5 g/l d'alcool dans le sang!
Mais malgré ma rédemption au volant, malgré mes bonnes déterminations qui se veulent non pas éphémères mais définitives, bien qu'aujourd'hui je roule à une vitesse qui me semble être celle d'un escargot pas vraiment pressé de rentrer chez lui, depuis un an j'ai perdu 3 points sur mon permis de conduire, pour des excès de vitesse inférieurs de 5 km/h aux vitesses autorisées... Quelle arnaque!
Et dire qu'il y a un peu plus de 15 jours, j'ai failli être percuté dans une courbe par un conducteur - visiblement passablement éméché - qui roulait au milieu de la route! Décidément, il y a du progrès à faire en terme de sécurité routière. Parole d'un ancien inconscient qui s'est depuis un peu plus de 6 ans repenti...
Tout commence par une belle histoire d'étudiants: faisant mes études à Toulouse - eh oui le petit grognard, je connais bien la ville rose! -, je passe mon permis moto (après avoir passé le permis B à 18 ans), et grisé par l'euphorie de la vitesse, de la prise de risque inutile aussi, je m'en vais dans de longues ballades en compagnie d'amis motards dans la région. Que cela peut être grisant de monter le col du Tourmalet à 120 km/h dans les lignes droites, de faire face aux terribles virages des routes qui longent les gorges de l'Aveyron...
Et dans ces cas là, tout se passe comme dans le cadre de la BD que certains connaissent sûrement, le Joe Bar Team.
La griserie de la vitesse, la volonté d'être plus compétitif que les autres, qui pourtant sont des amis, au point de risquer sa vie...
Ainsi ai-je, je n'ai pas honte de le dire roulé à quelques 140 km/h sur la petite route sinueuse qui longe le canal du midi à Toulouse. Ainsi ai-je établi quelques "records" (que certains inconscients pourront trouver médiocres) de vitesse: 210 km/h sur la rocade toulousaine (pas de chance, ma moto n'allait pas plus vite), 195 km/h sur route nationale, 190 km/h sur route départementale étroite et balayée par le vent, 160 km/h lors d'une traversée d'une agglomération quelconque près de Gaillac. 140 km/h une autre fois à Paris lors de la descente de l'avenue Montaigne jusqu'au Pont de l'Alma... Croyez-moi, ça va vite dans ces conditions là, surtout qu'il y a de la circulation.
Autant de défauts de jeunesse qui se corrigent à moins que l'accident ne soit déjà arrivé. Et puis je suis arrivé en région parisienne. Progressivement, la maturité et la sagesse prenant le pas, je me suis rendu compte que les déplacements en moto à Paris et en particulier sur le boulevard périphérique relevaient plus du jeu vidéo (dans lequel hélas dans la réalité on n'a qu'une seule vie) que d'un quelconque pragmatisme routier. Alors j'ai définitivement laissé tomber la moto, pour me recentrer sur l'automobile.
Confortablement assis entre ses tôles, je me croyais tout puissant et invulnérable. Le roi du démarrage au feu vert, tel aurait pu être ainsi mon surnom dans ma période parisienne, tant je "larguais" malgré mon moteur diesel toutes les voitures dès le feu rouge éteint. J'étais à ce moment à coup sûr l'un des conducteurs les plus rapides de Paris intra-muros...
Et un jour vint l'accident. Pas l'accrochage de champ de foire, comme j'ai pu en connaître beaucoup à Paris (généralement non responsable, heureusement pour mon bonus/malus). Le vrai accident. Celui, où après un diner trop arrosé vous vous endormez à 150 km/h sur l'autoroute. C'était en avril 2001. Cette époque restera à toujours gravée dans ma mémoire. Perdant complètement le contrôle de votre véhicule, vous essayez désespérément et heureusement avec succès d'éviter toutes les voitures qui circulent (mieux vaut se tuer soi-même que tuer d'autres personnes, telle est en tout cas ma perception des choses), jusqu'à aller vous jeter contre un muret... Inutile de raconter la suite, elle a sans doute été brève bien qu'elle m'ait semblée durer une éternité. Tonneau, "voyage" sur le toit, la tête encerclée par des étincelles provoquées par le frottement entre le métal et le bitume...
Une expérience ô combien intéressante sur le plan humain. Tout simplement parce que bien que j'ai vu l'heure de ma mort, je n'ai pas vu défiler ma vie devant mes yeux comme certains peuvent encore le croire. Tout simplement parce que je n'ai provoqué aucun carambolage et me suis "planté" tout seul, ne mettant la vie de personne en danger, ce qui est bien l'essentiel. Tout simplement parce que je suis sorti complètement indemne de cet accident - hors une lègère égratignure au poignet due à un éclat de verre -, alors que les pompiers eux-mêmes m'ont considéré comme étant un miraculé de la route. Tout simplement parce que les CRS s'étant rendu compte que j'avais tout fait pour éviter un carambolage massif, m'ont fait don d'un contrôle alcootest qui aurait forcément été positif...
Bref, ce jour là, je n'ai perdu qu'une voiture. Sitôt retrouvées les photos, j'afficherai les photos de "l'épave" sur ce blog, qui inutile de le dire est allée droit à la casse. Mais j'ai appris énormément de choses en revanche ce jour:
- qu'il fallait relativiser beaucoup de choses, car la vie est ce qu'il y a de plus précieux pour la gâcher voire la voir disparaître,
- qu'il n'était plus aucunement question pour moi de jouer avec le feu, et croyez-moi depuis cet avril 2001, je n'ai jamais pris le volant avec plus 0,5 g/l d'alcool dans le sang!
Mais malgré ma rédemption au volant, malgré mes bonnes déterminations qui se veulent non pas éphémères mais définitives, bien qu'aujourd'hui je roule à une vitesse qui me semble être celle d'un escargot pas vraiment pressé de rentrer chez lui, depuis un an j'ai perdu 3 points sur mon permis de conduire, pour des excès de vitesse inférieurs de 5 km/h aux vitesses autorisées... Quelle arnaque!
Et dire qu'il y a un peu plus de 15 jours, j'ai failli être percuté dans une courbe par un conducteur - visiblement passablement éméché - qui roulait au milieu de la route! Décidément, il y a du progrès à faire en terme de sécurité routière. Parole d'un ancien inconscient qui s'est depuis un peu plus de 6 ans repenti...
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