Au secours! Sarko revient...
Après sa déclaration très digne de mise en retrait (au moins provisoire) de la vie politique française le 6 mai dernier, je pensais qu'il se mettrait au vert pendant au moins un an. Mais visiblement pour Sarkozy, un an c'est déjà beaucoup trop.
Aussi a t-on eu droit à une grosse bêtise sur l'affaire syrienne (pour ne pas écrire une authentique "connerie") durant l'été, comme si la situation géopolitique n'était déjà pas assez compliquée là-bas, rompant de fait non seulement avec le silence qu'il nous avait promis mais aussi avec l'unanimité transpartisane qui a toujours été la règle tacite entre la droite et la gauche durant au moins ces 20 dernières années lorsqu'il s'est agi de prendre position vis-à-vis de crises internationales majeures: pour que la voix de la France puisse porter, pour l'intérêt de notre pays tout simplement.
C'est ce qui s'est passé lorsque la guerre en Afghanistan a été déclarée, lors de la 1ère guerre en Irak, lors de la guerre des Balkans, lors de la 2ème guerre en Irak, lors de la guerre en Lybie. Et j'en oublie certainement.
De ce que je connais, mais je peux me tromper, il n'y a eu que deux exceptions - ou plutôt deux infractions - à cette règle tacitement admise:
- lorsque Nicolas Sarkozy est allé en 2006 aux Etats-Unis pour assurer GW Bush de son soutien lors de la 2ème guerre en Irak, contre J. Chirac, qui pourtant me semble t-il était de la même famille politique,
- et tout récemment donc, lorsque N. Sarkozy a publiquement critiqué l'inaction de F. Hollande dans le dossier syrien.
Mais on le sait je crois tous maintenant, N. Sarkozy est une personne incontrôlable, et visiblement avec lui les règles de bonne conduite ne valent que pour les autres. Et tant pis si c'est la France qui doit en subir les conséquences.
Au sein de l'UMP, il en est visiblement de même. Alors que nous avons besoin d'au moins deux partis politiques majeurs pour permettre l'exercice démocratique dans notre pays, que ne revoilà pas Sarkozy s'immiscer dans sa propre succession au sein de l'UMP... Passons sur le ridicule de ce rassemblement de Nice, largement raillé sur le web, et essayons plutôt de comprendre le pourquoi des choses.
D'après les sondages, l'UMP semble promise à F. Fillon, un homme pragmatique et modéré que j'ai toujours respecté, au point que s'il était candidat en 2017 je n'exclurais pas de voter pour lui. Et c'est sans doute ce qui doit le plus déranger N. Sarkozy: non pas que je puisse voter pour Fillon bien sûr, mais... que je ne sois pas le seul à penser ça. Et j'imagine la panique chez notre ex-PR lorsqu'il doit se dire en se rasant le matin qu'il va peut-être se faire "gratter" par F. Fillon en vue de 2017. Aurait-il oublié que de mai 2007 à mai 2012, absolument toutes les élections ont été gagnées par la gauche? Aurait-il donc déjà oublié son échec politique majeur? Du jamais vu sous la Vème République.
Imaginons maintenant que F. Fillon prenne la tête de l'UMP et qu'il gagne des élections intermédiaires, genre les municipales de 2014... Imaginez les conséquences pour N. Sarkozy si jamais F. Fillon arrivait à faire revivre une UMP aujourd'hui en perdition. Ce qui démocratiquement serait bon pour la France deviendrait une catastrophe personnelle, car F. Fillon pourrait bien devenir indéboulonnable à l'UMP. Et je doute que N. Sarkozy puisse avoir des dossiers sur cet homme à la réputation intègre, et puisse donc le ramener à la "raison", celle de celui qui se croit toujours le plus fort.
On comprend dès lors bien mieux les motivations de cette agitation qui ne devrait pas avoir lieu d'être: la panique. La peur panique de ne pas pouvoir revenir en 2017. N. Sarkozy n'a jamais su jouer collectif, c'est pourquoi depuis 2007 j'abhorre cette UMP qui n'a rien montré d'autre que des capacités hors normes à donner dans le culte de la personnalité.
Pour le bien de la France, et tant pis si c'est contre le bonheur du PS (avec lequel je n'ai pas énormément d'affinités d'ailleurs), pourvu qu'il ne puisse pas revenir! Pourvu que je puisse avoir un vrai choix à faire en 2017!