Mercredi 25 janvier 2012
3
25
/01
/Jan
/2012
07:23
Vous ne trouvez pas qu'un second tour Hollande-Bayrou ça aurait de la gueule? Cela nous permettrait de faire un vrai choix,
probablement très serré, idées contre idées, dans un climat républicain, et surtout un climat de renouveau et d'espérance, sans aucune volonté de clivage
entre citoyens.
Je ne crois pas comme JL. Mélenchon que N. Sarkozy est dans une spirale dépressive. Je crois au contraire qu'il surjoue en ce
moment le Caliméro maltraité, pour mieux rebondir ensuite. Je crois surtout que N. Sarkozy compte beaucoup sur A. Juppé, une personnalité globalement très respectée, pour faire ce début de
campagne à sa place... Il a compté sur N. Morano (devenue "miss Twitter"), mais cela n'a pas marché. Il a compté sur C. Guéant (celui qui vire des immigrés qui font des études supérieures en
France), mais encore une fois cela n'a pas marché. Ce dernier n'a fait que renforcer le Front National. Alors maintenant, c'est la grosse artillerie qu'on sort, le "meilleur de nous tous" comme
disait J. Chirac.
L'accord entre les deux hommes semble presque explicite: "tu me fais gagner et moi je te fais premier ministre. Et comme
Fillon, tu y auras droit pendant 5 ans". En filigrane, on peut même lire: "mais avec plus d'autonomie et de pouvoir que Fillon, parce que toi, je sais que tu n'accepterais pas d'être traité de
simple collaborateur".
Est-ce ainsi, de façon aussi détournée, qu'on aborde en toute authenticité une campagne présidentielle? Est-ce ainsi
qu'on aborde une rencontre entre un homme (ou une femme) et un peuple?
La question que tout le monde devrait se poser c'est pourquoi Sarkozy, malgré un bilan calamiteux, malgré des sondages qui
sont quasiment stables depuis au moins 3 ans - mais hélas touchant continuellement le fond - a décidé de représenter, sans même aucune consultation de ses adhérents (ou alors je ne l'ai pas vue)
l'UMP lors de la prochaine présidentielle, et ce alors même qu'il est contesté au sein de son propre camp politique.
Pourquoi ne pas avoir laissé la place à quelqu'un d'autre?
Chirac l'a fait en 2007, refusant l'obstacle d'une défaite interne de la part de celui qui avait l'appétit de "manger du
lion" à l'époque, et qui était prêt à mettre l'UMP sans dessus dessous pour s'imposer contre un Président sortant. Comme je l'ai rappelé plus haut, aujourd'hui les militants UMP n'ont même pas à
se prononcer, tout leur est imposé. C'est un changement d'époque à coup sûr.
Il y avait des alternatives possibles à Sarkozy. Juppé en est un exemple. Fillon, un autre. Un Fillon qui aura battu un
record de longévité en tant que Premier Ministre, mais qui a surtout dû "endurer" non pouvoir et vexations. Un Fillon que j'ai toujours apprécié pour son pragmatisme et son courage, mais un
Fillon qui s'est malheureusement laissé entraîner trop bas, continuellement devancé par cet hyper-président qui a fait le travail de tout le monde: Premier Ministre, ministres et même secrétaires
d'état à l'occasion.
Vu les méthodes quasi-monarchiques employées, le bilan de N. Sarkozy n'appartient qu'à N. Sarkozy, et bien
entendu il faudra le dresser de façon objective, même si les impressions subjectives sont pour le moment excessivement négatives.
En attendant, c'est aberrant que dès demain ce soit A. Juppé qui débatte face à F. Hollande. Sauf si A. Juppé nous
annonce qu'il est le candidat UMP à l'élection présidentielle.
Nous sommes quand même à moins de cent jours du premier tour de l'élection présidentielle... Peut-on à cette échéance, sauf
à mépriser son adversaire ou à se cacher, envoyer quelqu'un d'autre, quelqu'un de sans doute plus brillant et constructif pour notre pays, affronter d'autres candidats et en particulier celui qui
est le plus dangereux dans les sondages?!
Hollande, Bayrou et Le Pen sont clairement entrés en campagne. Sarkozy ne le souhaite pas: c'est normal, il n'a aucune
envie qu'on parle de son bilan, et sans doute en particulier des engagements qu'il avait pris en 2007: un taux de chômage à moins de 5%, alors qu'on est aujourd'hui à 9,8 - 9,9%, une
revalorisation des retraites de 25% sur 5 ans pour 3 millions de personnes, etc... La liste de tous les engagements non tenus (parce qu'avec
Sarkozy, on est toujours dans le registre des engagements et non pas des promesses tellement l'homme veut donner artificiellement dans le sincère), on peut la trouver sur le site de Marianne2.fr.
Et la liste est longue.
Personnellement, il y a un des engagements de N. Sarkozy qui est écrit depuis maintenant plusieurs années, au fronton
de ce blog. Il concerne les plus démunis, ceux qui crèvent de froid dans la rue. Cet engagement, un de plus, a t-il été tenu? Si ça avait été le cas, je l'aurais enlevé de ce blog depuis
longtemps...
Dans ces conditions, je ne peux qu'espérer que le second tour des présidentielles nous offre un match
serré, entre personnes neuves et le "plus authentiques possible". Hollande et Bayrou ont certains points en communs. Ils ont notamment la même idée de la pratique du pouvoir en France. Mais il y
a aussi de nombreux points de dissension entre eux, sur le rôle de la Finance, sur l'Education Nationale, sur la fiscalité, sur les retraites, sur les dépenses de l'Etat pour ne citer que
quelques exemples. Le débat, idées contre idées, pourrait être très intéressant et à même de nous éclairer, selon notre sensibilité, sur le meilleur choix à faire le 6 mai prochain. Mais pour
cela, il faut "virer" Sarkozy et Le Pen au premier tour. Sans quoi le second tour risque de n'être qu'une simple formalité.
Derniers Commentaires